ARIA ! Un machin ?

jeudi 20 septembre 2007 par Dr Alain Thillay1179 visites

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ARIA ! Un machin ?

ARIA ! Un machin ?

jeudi 20 septembre 2007, par Dr Alain Thillay

Le consensus OMS-ARIA a permis une nouvelle classification de la sévérité de la rhinite, légère versus modérée à sévère. Ici, ces auteurs espagnols tentent de mettre en évidence les éléments pour distinguer les rhinites allergiques modérées des rhinites allergiques sévères. Un moyen d’améliorer la prise en charge thérapeutique mais aussi la recherche.

Un nouveau critère pour distinguer les patients présentant une rhinite allergique modérée et les patients présentant une rhinite allergique sévère basé sur les items de sévérité d’ARIA (Allergic Rhinitis and its impact on asthma). : Antonio Valero, MD, PhDam, Montse Ferrer, MD, PhDb, Joaquín Sastre, MD, PhDc, Ana M. Navarro, MD, PhDd, Laura Monclús, MDe, Enrique Martí-Guadaño, MD, PhDf, Michael Herdman, MScbg, Ignacio Dávila, MD, PhDh, Alfonso del Cuvillo, MD, PhDi, Carlos Colás, MD, PhDj, Eva Baró, BScg, Ignacio Antépara, MD, PhDk, Jordi Alonso, MD, PhDb, Joaquim Mullol, MD, PhDlm

a From the Unidad de Alergia, Servicio de Neumología y Alergia Respiratoria, Hospital Clínic, Barcelona
b Health Services Research Unit, Institut Municipal d’Investigació Mèdica, Barcelona
c Servicio de Alergia, Fundación Jiménez Díaz, Madrid
d Unidad de Alergia, Hospital El Tomillar, Dos Hermanas, Sevilla
e J Uriach & Co, Barcelona
f Unidad de Alergia, Hospital Germans Trias i Pujol, Badalona
g 3D Health Research, Barcelona
h Servicio de Alergia, Hospital Clínico, Salamanca
i Clínica Dr Lobatón, Cádiz
j Servicio de Alergia, Hospital Clínico “Lozano Blesa,” Zaragoza
k Servicio de Alergia, Hospital de Basurto, Bilbao
l Unitat de Rinologia i Clinica de l’Olfacte, Servei d’Otorinolaringologia, Hospital Clínic, Institut d’Investigacions Biomèdiques August Pi i Sunyer (IDIBAPS), Barcelona
m Centro de Investigación Biomédica en Red (CIBER) de Enfermedades Respiratorias, Barcelona

dans JACI Volume 120, Issue 2, Pages 359-365 (August 2007)

- Contexte :

  • La rhinite allergique et son impact sur l’asthme (ARIA) différencie les patients atteints d’une rhinite légère et ceux atteints d’une rhinite modérée à grave sur la base de 4 items de sévérité.
  • La forte prévalence de patients modérés à graves suggère la nécessité de les différencier.

- Objectifs :

  • Identifier la catégorisation qui permet de distinguer au mieux la rhinite allergique modérée de la rhinite allergique sévère en utilisant les directives d’ARIA.

- Méthodes :

  • Étude observationnelle et transversale.
  • Nous avons évalué les caractéristiques cliniques, les symptômes nasaux (score symptomatique) et la qualité de la vie relative à la santé (questionnaire général et questionnaire concernant la rhino-conjonctivite).
  • L’association des éléments de sévérité (sommeil perturbé, activités sociales et de loisirs perturbées, activités scolaires et/ou professionnelles perturbées et symptômes gênants) avec les symptômes et le retentissement sur la qualité de vie a été analysée à l’aide de modèles de régression linéaire.
  • L’analyse de variance et la taille des effets ont été employées pour évaluer les différences entre symptômes et qualité de vie parmi des groupes définis par le nombre d’items affectés par ARIA.

- Résultats :

  • Les patients non traités (N = 141) ayant une rhinite allergique (RA) modérée à grave ont été étudiés.
  • Tous les items de sévérité ont montré une association indépendante similaire avec les symptômes et les scores de qualité de vie en relation avec la santé, et il n’y avait aucun effet d’interaction indiquant que la classification des patients dans modéré et sévère pourrait être basée seulement sur le nombre d’items affectés.
  • La taille des effets était la plus haute chez les patients présentant 4 items d’ARIA en comparaison à ceux avec 3, 2, ou 1 items (les tailles d’effet supérieures à 0,8 dans toutes les comparaisons en utilisant le questionnaire de qualité de vie liée à la rhinoconjonctivite et le questionnaire court de la forme physique, et supérieures à 0,5 en ayant recours au score symptomatique ; P<0,001).

- Conclusion :

  • En utilisant les items de sévérité d’ARIA, le critère qui distingue le mieux la sévérité de la RA est, tout compte fait, 1 à 3 items pour RA modérée et 4 items pour
    RA sévère.

- Implications cliniques :

  • La discrimination entre les patients atteints de RA modérée à grave devrait aider à obtenir des populations homogènes dans le cadre d’objectifs de recherche et dans le cadre de la clinique.

Comme l’écrivent ces auteurs, le consensus OMS-ARIA est une nouvelle donne dans la prise en charge de la rhinite. Ainsi, la notion de rhinite saisonnière ou perannuelle a été abandonnée au profit de deux aspects : le caractère intermittent ou persistant et la sévérité évaluée en deux classes, légère ou modérée à sévère.

Cela est très bien ; toutefois, il est important dans la graduation thérapeutique de savoir si la rhinite est modérée ou sévère.

Cette étude est donc très intéressante pour montrer les différences entre modéré et sévère compte tenu des items d’ARIA.

Ainsi, avoir les 4 items (sommeil, travail/école, activité quotidienne, symptômes gênants) correspond à une rhinite sévère ; n’en avoir que 1, 2 ou 3 correspond à une rhinite modérée.

Il est vrai que l’allergologue n’a pas attendu la naissance d’ARIA pour graduer la thérapeutique dans le temps mais aussi dans sa « puissance de feu ». Et qu’il n’est pas idiot d’ajouter un score symptomatique facile d’emploi type PAREO.

Pour l’ARIA, comme cela est arrivé pour la classification de l’asthme, n’arriverons-nous pas à déterminer là aussi le niveau thérapeutique de la rhinite en fonction simplement de critère de contrôle.