Même sans la fumer, l’herbe n’est pas bonne pour les enfants.

mercredi 5 décembre 2007 par Dr Stéphane Guez1753 visites

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Même sans la fumer, l’herbe n’est pas bonne pour les enfants.

Même sans la fumer, l’herbe n’est pas bonne pour les enfants.

mercredi 5 décembre 2007, par Dr Stéphane Guez

Les recherches continuent afin d’identifier de façon plus précise le profil de sensibilisation des patients allergiques aux pollens à l’aide des allergènes recombinants qui précisent les épitopes en cause. Qu’en est-il de l’allergie à l’armoise ? Quel est le profil de sensibilisation de ces patients allergiques ?

Prévalence des liaisons IgE à Art v 1, Art v 4 et Amb 1 chez les patients allergiques à l’armoise. : C. Oberhubera, Y. Maa, N. Wopfnerc, G. Gadermaierc, A. Dedicc, B. Niggemannd, B. Madereggerb, P. Gruberc, F. Ferreirac, O. Scheinera, K. Hoffmann-Sommergrubera

Department of Pathophysiology, Center of Physiology and Pathophysiology, Medical University of Vienna, and Biomay AG, Vienna, and Department of Molecular Biology, University of Salzburg, Salzburg

dans International Archives of Allergy and Immunology 2008 ;145:94-101 (DOI : 10.1159/000108134)

- Introduction :

  • L’armoise représente une importante source de pollens d’herbacées.

- Objectif de l’étude :

  • Ils ont été
    • d’analyser le profil des liaisons IgE dans un groupe de patients allergiques à l’armoise
    • d’identifier les marqueurs individuels essentiels pour le diagnostic d’allergie à l’armoise
    • et d’identifier les allergènes d’un extrait d’ambroisie (Ambrosia artemisiifolia) pouvant potentiellement donner une réactivité croisée.

- Matériel et méthode :

  • Les sérums de 100 patients d’une population pédiatrique d’allergiques à l’armoise ont été analysés en vu d’identifier leur profil de liaison à :
    • l’armoise naturelle
    • aux protéines de pollen d’ambroisie,
    • à ART v 1 naturel purifié et Art v 1 recombinant,
    • au recombinant Art v 4
    • et au recombinant Amb a 1,
  • en utilisant immunblots et tests ELISA.

- Résultats :

  • 91% des sérums des patients testés révèlent une liaison IgE à un ou plusieurs allergènes d’armoise avec les tests ELISA, et 88% sont positifs en Immunblots.
  • Art v 1 naturel purifié est reconnu par 79% des patients, la protéine recombinante par 39% des patients testés et le recombinant Art v 4 par 34% des sérums des patients.
  • 67% des sérums montrent des réactivités croisées à 1 ou plusieurs allergènes du pollen d’ambroisie.
  • Le recombinant Amb a 1 est retrouvé chez seulement 14% des sérums de patients allergiques à l’armoise.

- Conclusion :

  • Une analyse de la spécificité allergénique a été réalisée sur 100 échantillons de sérum d’une population pédiatrique allergique à l’armoise.
  • En utilisant 2 allergènes (Art v 1 et Art v 4), 91% des patients peuvent être reconnus comme allergiques aux pollens d’armoise par des tests biologiques in vitro.
  • Une réactivité croisée aux pollens d’ambroisie est démontrée sur des tests in vitro, suggérant une source allergénique nouvelle et importante s’étendant à travers toute l’Europe.

Les auteurs démontrent in vitro, en utilisant le sérum de patients allergiques à l’armoise, qu’il est possible d’affirmer le diagnostic par une positivité vis-à-vis de Art v 1 et Art v 4.

Par ailleurs il existe une réactivité croisée avec le pollen d’ambroisie.

Ces résultats reposent uniquement sur une population allergique pédiatrique.

Comme nous l’avions prévu, de nombreuses études vont permettre dans les prochains mois de préciser le profil de sensibilisation des patients vis-à-vis des divers allergènes recombinants qui caractérisent chaque pollen.

Dans ce travail, il apparaît que 2 allergènes recombinants sont suffisants pour affirmer une allergie à l’armoise chez 91% des patients testés in vitro.

Il existe également une possibilité de réaction croisée à l’ambroisie dont il faut tenir compte même si elle n’est retrouvée que chez 14% des patients testés et allergiques à l’armoise.

Seul bémol mais de taille : ces allergènes recombinants ne sont pas disponibles pour l’instant dans notre pratique allergologique quotidienne.

Il faudrait également vérifier que ces résultats sont identiques dans une population adulte et certainement beaucoup plus polysensibilisée que des enfants.