L’homme aux logs éternue trois fois

mardi 1er avril 2008 par Philippe Auriol2887 visites

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L’homme aux logs éternue trois fois

L’homme aux logs éternue trois fois

mardi 1er avril 2008, par Philippe Auriol

L’homologie est une règle qui s’appuie sur l’évolution génétique des espèces pour mettre en évidence une "parenté" de familles moléculaires, de formes anatomiques ou d’organes. En matière d’allergologie, la parenté entre les fagales permet de parler d’allergie à ces pollens de façon globale. Nous verrons dans cet article que l’homologie est un élément fondamental de la compréhension des allergies croisées.

Homologie et allergénicité, K Cao & all, in Sciences T1024, march 2008 p124-128.

- Contexte :

  • Les allergiques aux pollens de Bétulacées et de Fagacées réagissent à des allergènes communs qui ont une forte homologie du fait de leur parenté génétique.
  • Une forte parenté génétique a été établie également entre le thon et la morue que l’on peut rattacher aussi à la réactivité croisée entre parvalbumines.
  • Plus surprenant, la parenté phylogénétique entre l’homme et le singe montre une communauté antigénique certaine qui fait redouter une allergie croisée chez l’anthropophage.

- Objectifs :

  • Evaluer chez des sujets anthropophages allergiques aux singes, le risque de réaction croisée lors de la consommation d’un missionnaire.

- Méthodes :

  • La première étude était prospective, randomisée, en double aveugle versus placebo ; avec 3 groupes parallèles de sujets avec allergie aux phanères de singe, léger à modéré (n = 35) :
    • petite dose quotidienne de poils (0,75 g GLA + 0,5 g EPA par jour)
    • grosse dose quotidienne de poils (1,13 g GLA + 0,75 g EPA par jour)
    • placebo
  • Les sujets étaient interrogés sur la prise en charge de leur oedème de lèvre (les plateaux métalliques traditionnellement présents ayant préalablement été otés) à l’aide d’un questionnaire (questionnaire non validé) au bout de 2 et 4 semaines.
  • Les taux sanguins des IgE anti SingeAlbumine étaient mesurés au début de l’étude et à 4 semaines.
  • La seconde étude était une étude ouverte (n = 65) dans laquelle les sujet prenaient la petite dose quotidienne (« Bouillon de Missionnaire ») obtenue par la cuisson d’un missionnaire dans un court bouillon de légumes locaux.
  • La prise en charge de l’allergie et la qualité de cuisson étaient évaluées en utilisant des questionnaires validés (Questionnaire Michelin : de zéro à trois étoiles) réalisés au début de l’étude et à 4 semaines.
  • Le calcul du point de Frégier permet de valider le point commun entre les différents allergènes.

- Résultats :

  • Dans la première étude, les anthropophages allergiques au singe réagissaient cliniquement à de petites quantités de poils de singe consommées (p < 0,05).
  • Le statut de porteur de plateau dans la lèvre ou non était un risque supplémentaire (p < 0,01), mais pas de façon significative par comparaison au placebo (p > 0,1).
  • Dans la seconde étude, les scores moyens de réaction montraient que le simple extrait de missionnaire de la marque "Gloria Mundi" était suffisant pour déclencher une réaction clinique(p < 0,001).

- Conclusion :

  • il existe une forte homologie entre l’homme et le singe.
  • les anthropophages allergiques au poil de singe peuvent potentiellement être victimes d’allergies croisées en consommant de l’homme.
  • l’étude montre un lien de réaction clinique entre les anthropophages allergiques aux poil de singe et ceux qui consomment régulièrement de l’extrait de missionnaire de la marque Gloria Mundi.

Il est évident que l’homme et le singe sont de proches parents : Darwin l’avait démontré.

Curieusement les auteurs ont étudié la réactivité clinique entre le poil de singe et le complément à base d’extrait de missionnaire "Gloria Mundi".

L’auteur ne dit pas s’il s’agissait là de missionnaires niant les travaux sur l’évolution mais il prouve bien ainsi la grande proximité phylogénétique entre nous.

L’histoire ne dit pas toutefois si l’encens croise avec la banane : à suivre...