Nez et sinus : même combat contre l’allergie.

lundi 14 avril 2008 par Dr Philippe Carré2528 visites

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Nez et sinus : même combat contre l’allergie.

Nez et sinus : même combat contre l’allergie.

lundi 14 avril 2008, par Dr Philippe Carré

La fréquence de la rhinosinusite est élevée chez les sujets ayant une rhinite allergique, ce qui évoque un lien direct entre les deux. Les auteurs ont cherché, au cours d’un test de provocation nasal chez des sujets ayant une rhinite allergique, si des critères d’inflammation étaient retrouvés à l’intérieur des cavités sinusiennes.

Le test de provocation allergénique entraîne une inflammation des sinus maxillaires. : Baroody FM, Mucha SM, Detineo M, Naclerio RM.

Section of Otolaryngology–Head and Neck Surgery, the Pritzker School of Medicine, the University of Chicago, Chicago, Ill

dans J Allergy Clin Immunol. 2008 Mar 24

- Contexte

  • La rhinite allergique et la rhinosinusite chronique sont caractérisées toutes les deux par une inflammation chronique.

- Objectif

  • Etudier l’effet du test de provocation nasal allergénique sur les sinus maxillaires et l’effet de la prémédication par la loratadine.

- Méthodes

  • Les auteurs ont effectué une étude en double-aveugle, cross-over, randomisée, contrôlée contre placebo, chez 20 sujets allergiques en dehors de la saison allergique
  • Après traitement par placebo ou loratidine (10 mg per os par jour) pendant une semaine, un cathéter était inséré dans un sinus maxillaire pour faire un lavage de la cavité
  • Les sujets avaient alors un test de provocation nasal avec le diluant de l’extrait allergénique, suivi par trois concentrations de graminées ou de ragweed
  • Un lavage nasal et de la cavité sinusienne homolatérale était effectué après chaque test de provocation, toutes les heures pendant huit heures
  • Les éternuements et les symptômes étaient recueillis, et les lavages étaient évalués vis-à-vis des éosinophiles et des niveaux de protéine cationique éosinophile, d’albumine et d’histamine
  • 11 sujets ont eu un même test de provocation avec une solution de Ringer

- Résultats

  • Comparés au test de provocation avec la solution de Ringer, les tests allergéniques s’accompagnaient d’une augmentation significative de la plupart des paramètres nasaux précoces et retardés
  • Le test de provocation nasal conduisait dans les sinus maxillaires, par rapport aux contrôles, à une augmentation significative du taux d’éosinophiles, ainsi que de l’’albumine, de la protéine cationique éosinophile et de l’histamine pendant la phase tardive
  • La loratadine s’accompagnait d’une inhibition significative de la réponse nasale précoce, comparativement au placebo (p<0.05).

- Conclusion

  • Ces résultats suggèrent qu’un réflexe neurologique ou une inflammation allergique systémique sont responsables de la réponse inflammatoire des sinus, et que cette réponse inflammatoire peut jouer un rôle dans le développement de la rhinosinusite chez les sujets allergiques.

Cette étude a été effectuée chez 20 sujets ayant une rhinite allergique, de façon randomisée contre placebo, en double-aveugle et cross-over.

Après une phase de traitement préalable par un placebo ou un anti-histaminique, les sujets avaient un test de provocation nasal à des pollens, suivi par une analyse séquentielle horaire du liquide de lavage des sinus recueilli après mise en place d’un cathéter (11 patients ont eu un test de provocation avec une solution non allergénique).

Les liquides de lavage, recueillis pendant 8 heures, étaient étudiés vis-à-vis de la concentration en cellules inflammatoires (éosinophiles) et en médiateurs immédiats (histamine) et retardés (protéine cationique éosinophile).

Les résultats montrent que :
- lors des tests de provocation, tous les paramètres nasaux précoces et retardés étaient augmentés, sauf chez les sujets ayant eu un test de provocation non allergénique
- les cellules inflammatoires ainsi que les médiateurs immédiats et retardés étaient augmentés significativement dans les sinus après test de provocation spécifique
- le traitement anti-histaminique inhibait la réponse précoce nasale.

Il existe donc une réaction inflammatoire classique, immédiate et retardée, au niveau des sinus après test de provocation nasal spécifique aux pollens, ce qui prouve le rôle de l’inflammation allergique dans le développement de la sinusite chez les polliniques.

Les liens sont donc étroits au niveau de la réponse de l’ensemble de l’appareil ORL à un stimulus allergique, et l’on peut parler du concept de maladie globale des voies aériennes, touchant aussi bien le nez que les sinus et souvent les bronches.

Par ailleurs, si les anti-histaminiques sont efficaces sur les symptômes nasaux immédiats, ils ne le sont pas sur la réponse tardive inflammatoire sinusienne, ce qui peut expliquer la moindre réponse au traitement dans la sinusite d’origine allergique.