Polluants, allergènes et exacerbation asthmatique ?

lundi 19 mai 2008 par Dr Geneviève DEMONET2319 visites

Accueil du site > Sciences > Environnement > Polluants, allergènes et exacerbation asthmatique ?

Polluants, allergènes et exacerbation asthmatique ?

Polluants, allergènes et exacerbation asthmatique ?

lundi 19 mai 2008, par Dr Geneviève DEMONET

Le rôle de la pollution atmosphérique dans l’aggravation des maladies respiratoires et souvent débattu. Quel est celui des allergènes de l’air extérieur ? Une enquête a été menée sur les toits de Londres et chez des asthmatiques, qu’ils soient atopiques ou non…

Les effets des allergènes de l’air extérieur sur les sujets atopiques et non atopiques ayant une maladie respiratoire : Burney PG, Newson RB, Burrows MS, Wheeler DM.

Respiratory Epidemiology and Public Health, National Heart and Lung Institute, Imperial College, London, UK.

dans Allergy. 2008 May ;63(5):542-6.

- Contexte :

  • Si les effets des allergènes aériens peuvent être spectaculaires, les rapports entre pollution de l’air et exacerbations asthmatiques ont été inconsistants jusqu’ici.
  • On ne sait pas, en l’absence de généralisation des tests de recherche des allergènes dans l’air, jusqu’où l’allergène est responsable d’exacerbations non épidémiques de la maladie.

- Méthodes :

  • Deux cent soixante dix sept patients utilisant des bronchodilatateurs, âgés de 18 à 64 ans, fréquentant un centre médical londonien, ont fourni des échantillons sanguins et ont été priés de signaler tout évènement respiratoire aigu dans le mois suivant.
  • Un échantillonneur à haut volume sur le toit du centre médical a permis le recueil de petites particules d’un diamètre aérodynamique moyen < 10 micron (PM10).
  • La capacité des particules aériennes de lier les IgE des patients a été comparée pour des particules recueillies le week-end précédent une exacerbation signalée avec des particules recueillies le week-end, 2 semaines avant ou après celle-ci.

- Résultats :

  • Les exacerbations étaient associées avec une augmentation de 25% de la liaison IgE aux particules collectées le week-end précédent comparativement aux week-ends contrôles (intervalle de confiance 95% : 10-43% ; P = 0.00089).
  • Cette augmentation n’était pas plus élevée chez les patients ayant des tests cutanés positifs ou chez ceux qui étaient sensibilisés aux pollens de graminées ou d’arbres.

- Conclusions :

  • L’allergène aérien est une cause importante d’exacerbation même chez les patients ayant un asthme « intrinsèque ».
  • Il est important d’identifier les allergènes responsables, certains pouvant être contrôlables.
  • A la lumière de ces résultats, l’interprétation d’une association entre exacerbations asthmatiques et autres polluants de l’air s’avère difficile.

Une étude a été menée parmi 277 patients d’un centre médical londonien utilisant des bronchodilatateurs.

Un échantillonneur à haut volume a été placé sur le toit du centre médical et a permis le recueil de petites particules d’un diamètre aérodynamique moyen < 10 micron (PM10).

Une élévation de 25% de la liaison IgE aux particules collectées a été mise en évidence, avant l’exacerbation, dans les échantillons sanguins des patients, qu’ils soient atopiques ou non et allergiques au pollen ou non.

Les aéroallergènes extérieurs pourraient donc avoir un rôle important dans l’aggravation de l’asthme allergique ou non. Ils devraient être pris en compte dans l’interprétation du rôle des autres polluants atmosphériques.

L’histoire ne dit pas en quelle saison ce travail a été mené, quels étaient les allergènes recueillis ni à partir de quelle concentration survenait l’exacerbation. Article à lire en totalité si intéressé…