Des animaux et des hommes : sont-ce des couples à risque ?

lundi 15 septembre 2008 par Dr Gérald Gay1628 visites

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Des animaux et des hommes : sont-ce des couples à risque ?

Des animaux et des hommes : sont-ce des couples à risque ?

lundi 15 septembre 2008, par Dr Gérald Gay

Une équipe de chercheurs espagnols a colligé les publications publiées dans l’univers (si, si !) au cours des quarante dernières années (authentique) concernant le risque d’apparition d’une allergie respiratoire chez les individus ayant un animal de compagnie à poil, et fait des statistiques sur… les statistiques : édifiant !

Méta-analyse : l’exposition aux animaux de compagnie poilus et le risque d’asthme et de rhinite allergique. : B. Takkouche 1 , F.-J. González-Barcala 2 , M. Etminan 3 , M. FitzGerald 3

1 Department of Preventive Medicine, University of Santiago de Compostela, Santiago de Compostela, Spain ; 2 Department of Pneumology, University Hospital of Santiago de Compostela, Santiago de Compostela, Spain ; 3 Center for Clinical Epidemiology and Evaluation, Vancouver Coastal Health Research Institute, and The Lung Centre, Vancouver General Hospital, Vancouver, BC, Canada

dans Allergy
Volume 63 Issue 7, Pages 857 - 864

- OBJECTIF :

  • L’exposition aux animaux de compagnie a été impliquée comme facteur de risque pour l’asthme.
  • Cependant, cette relation est difficile à évaluer dans les études individuelles à cause de nombreux biais potentiels.
  • Nous avons cherché à examiner l’association entre l’exposition aux animaux de compagnie à poil et l’apparition d’un asthme et/ou d’une rhinite allergique au moyen d’une méta-analyse.

- MÉTHODES :

  • Nous avons colligé les études publiées dans toutes les langues en cherchant systématiquement parmi les archives de « Medline » (de mars 1966 à 2007), « d’Embase », « des LILACS », et de diverses bases de données informatisées, en examinant manuellement les références des articles originaux et des revues trouvés.
  • Nous avons inclus toutes les études publiant des évaluations du risque relatif d’asthme ou de rhinite allergique (et incluant les intervalles de confiance de ce calcul) en cas d’exposition aux chats, aux chiens et à des animaux à poil non précisés.
  • Nous avons exclu les études qui n’ont pas mesuré la symptomatologie clinique mais plutôt la sensibilisation aux animaux de compagnie.

- RÉSULTATS :

  • Trente-deux études ont été incluses.
  • Pour l’asthme, le risque relatif moyen lié à l’exposition au chien est de 1.14 (avec un intervalle de confiance de 95% entre les valeurs 1.01 et 1.29)
  • En cas d’exposition à n’importe quel animal de compagnie à poil, cette valeur moyenne augmente à 1.39 (avec un intervalle de confiance de 95% entre les valeurs 1.00 et 1.95).
  • Parmi des études de cohorte, l’exposition aux chats mesure un risque relatif moyen de 0.72 (avec un intervalle de confiance de 95% entre les valeurs 0.55 et 0.93).
  • Pour la rhinite allergique, le risque relatif moyen secondaire à l’exposition à n’importe quel animal de compagnie à poil vaut 0.79 (avec un intervalle de confiance de 95% entre les valeurs 0.68 et 0.93).

- CONCLUSIONS :

  • L’exposition aux chats semble exercer un effet préventif discret sur l’asthme.
  • Au contraire, l’exposition aux chiens augmenterait légèrement le risque d’apparition d’un asthme.
  • De nouvelles études mesurant plus précisément l’exposition aux animaux de compagnie sont nécessaires pour préciser le risque d’apparition d’une allergie respiratoire chez les sujets atopiques.

Quand on sait le nombre de biais qui peuvent influencer le résultat d’une seule étude statistique en médecine, on ne peut que s’interroger sur l’intérêt de cette « étude d’études » qui multiplie le risque de calculer n’importe quoi et d’en tirer des conclusions pour le moins hâtives !

Nous savons tous (enfin, c’est à souhaiter…) qu’un atopique est génétiquement prédisposé à se sensibiliser aux allergènes de son environnement, et que la présence d’IgE spécifiques sur un mastocyte ou un basophile est ensuite une excellente occasion de développer une symptomatologie clinique lors d’un contact ultérieur avec l’antigène initial. Et je vous fais grâce des polysensibilisations ou de l’hyperréactivité muqueuse non spécifique…

Bref, vouloir imputer une protection immunitaire ou un risque d’allergie à la présence d’un animal compte tenu du nombre d’autres facteurs influençant les allergies est pour le moins ambitieux, et selon moi parfaitement inutile.