Attention : une rhinite idiopathique peut cacher une rhinite allergique !

jeudi 9 octobre 2008 par Dr Gérald Gay1876 visites

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Attention : une rhinite idiopathique peut cacher une rhinite allergique !

Attention : une rhinite idiopathique peut cacher une rhinite allergique !

jeudi 9 octobre 2008, par Dr Gérald Gay

Une étude scientifique sophistiquée a prouvé que certaines rhinites qualifiées d’idiopathiques -faute de mieux !- sont bel et bien allergiques, preuves à l’appui. L’origine allergique est avérée par des tests de provocation nasale et un profil immunologique local similaire à celui des pollinoses typiques.

Des rhinites saisonnières idiopathiques sont parfois des rhinites allergiques avec des IgE spécifiques présentes sur la muqueuse nasale en l’absence de sensibilisation cutanée ou sérique. : C. Rondón 1 , I. Doña 1 , S. López 2 , P. Campo 1 , J. J. Romero 1 , M. J. Torres 1 , C. Mayorga 2 , M. Blanca 1

1 Allergy Service Carlos Haya Hospital ; 2 Research Laboratory Carlos Haya Hospital-Fundacion IMABIS, Málaga, Spain
Correspondence to M. Blanca
Allergy Service
Hospital Civil
pabellón 6
sótano. Plaza del Hospital Civil
29009 Málaga
Spain

dans Allergy
Volume 63 Issue 10, Pages 1352 - 1358

- Objectif :

  • Les patients qui présentent une rhinite idiopathique (RI) sont considérés comme n’étant pas allergiques en raison de l’absence de sensibilisation cutanée et biologique.
  • Le concept d’une allergie locale, de la muqueuse nasale uniquement, en l’absence d’atopie, a été récemment suggéré.
  • Les mécanismes immunologiques en rapport avec la RI saisonnière n’ont pas été étudiés en détail.
  • Chez les patients présentant une RI saisonnière exclusivement au printemps, nous avons examiné la muqueuse nasale et évalué son inflammation, recherché la présence d’IgE spécifiques locales et réalisé un test de provocation nasal (TPN).

- Méthodes :

  • C’est ainsi que nous avons recruté 32 patients victimes d’une RI saisonnière, et 35 autres présentant une rhinite pollinique prolongée (RPP).
  • Ces deux groupes ont été comparés pendant le printemps à une population témoin et à des patients présentant une rhinite chronique aux acariens (RCA).
  • Des TPN avec les pollens de graminées et d’olivier ont été effectués en dehors du printemps.
  • Les phénotypes lymphocytaires ont été dosés dans le liquide des sécrétions nasales pour 6 clusters (CD45, CD33, CD16, CD3, CD4 et CD8), de même que l’éosinophil cationic protein (ECP).
  • Les dosages d’IgE totales et spécifiques aux pollens de graminées et d’olivier ont été réalisés d’une part dans le sérum et d’autre part dans le liquide de lavage nasal, avant tout test de provocation bien sûr.

- Résultats :

  • Dans le groupe des RI, 62,5 % ont eu un TPN positif, et 35% d’entre eux avaient des IgE spécifiques locales.
  • Vingt patients sur 32 eurent un TPN positif aux pollens de graminées, parmi lesquels 4 réagirent également au pollen d’olivier.

- Conclusions :

  • Ces résultats confirment l’hypothèse que des patients diagnostiqués « rhinite idiopathique » et présentant une recrudescence saisonnière de leurs symptômes ont une authentique réaction immunitaire allergique locale malgré des tests cutanés négatifs et une absence d’IgE sériques détectables.

Cette étude est un bon exemple de l’importance de bien peser ses mots en médecine. On oublie souvent que des tests négatifs n’ont jamais innocenté un diagnostic, notamment en allergologie.

Pour illustrer mon propos, imaginez un compte-rendu radiologique. Bien malin celui qui peut écrire : « radiographie normale ». Il serait plus prudent d’écrire « il n’y a rien d’anormal de visible ». Ou encore mieux, et plus humble, d’écrire : « « il n’y a rien d’anormal de visible à mes yeux, eu égard à mon acuité visuelle et à mon expérience personnelle ». Ca n’a l’air de rien, mais la nuance est capitale !

Ici, cette étude permettra de nous souvenir que des tests cutanés négatifs et des IgE sériques indosables ne permettent certainement pas d’affirmer péremptoirement au patient : « vous n’êtes pas allergique ».

Le bénéfice ou pas d’un traitement anti histaminique, la date des recrudescences éventuelles de ses symptômes, et j’en passe, font autant partie du faisceau d’arguments, et pas de preuves, permettant d’avancer dans la découverte du bon diagnostic…