Les bronches ont du nez !

lundi 13 octobre 2008 par Dr Philippe Carré586 visites

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Les bronches ont du nez !

Les bronches ont du nez !

lundi 13 octobre 2008, par Dr Philippe Carré

La rhinite allergique et l’asthme sont deux entités de la maladie atopique qui coexistent souvent. Le but de cette étude était de mesurer les marqueurs d’inflammation éosinophiles, avant et après test de provocation nasal allergique, chez des enfants atopiques ayant une maladie allergique des voies aériennes.

Indices d’inflammation des voies aériennes inférieures chez des enfants mono-sensibilisés aux acariens de la poussière de maison, après provocation allergénique par voie nasale. : A. Inal 1 , S. G. Kendirli 1 , M. Yilmaz 1 , D. U. Altintas 1 , G. B. Karakoc 1 , S. Erdogan 2

1 Division of Pediatric Allergy and Immunology ; 2 Department of Pathology, Faculty of Medicine, University of Cukurova, Adana, Turkey
Correspondence to A. Inal
Division of Pediatric Allergy and Immunology
Faculty of Medicine
University of Cukurova
Balcali Hospital
01330 Adana
Turkey

dans Allergy
Volume 63 Issue 10, Pages 1345 - 1351

- Contexte

  • Il y a peu de données fiables pour affirmer le concept de maladie des voies aériennes unifiées et ses aspects systémiques chez l’enfant

- But de l’étude

  • Dans cette étude, les auteurs ont étudié les marqueurs d’inflammation des voies aériennes inférieures et supérieures, avant et après provocation nasale, chez des enfants allergiques aux acariens et ayant une expression clinique différente de leur maladie allergique

- Méthodes

  • 4 groupes ont été individualisés :
    • les patients ayant une rhinite isolée sans hyperréactivité bronchique (R, n=10)
    • ceux ayant une rhinite et un asthme (R + A, n=22)
    • ceux ayant une atopie asymptomatique (AA, n=8)
    • et des sujets sains contrôle non allergiques (C, n=10)
  • Ont été mesurés, avant et 24h après un test de provocation nasal allergénique, les éosinophiles sanguins, les éosinophiles nasaux et de l’expectoration induite, la protéine cationique éosinophile (PCE) et les cys-leucotriènes (LT) de l’expectoration induite, et les taux de PCE sérique

- Résultats

  • Les groupes étaient comparables en terme de sexe et d’âge
  • Les scores cumulatifs de symptômes enregistrés pendant et 1 heure après la provocation nasale n’étaient pas significativement différents entre les patients ayant une R, une R + A et une AA
  • A 24h, les enfants des groupes R, R + A et AA montraient une augmentation significative :
    • des éosinophiles nasaux (p<0.01, p< 0.001, p<0.01 respectivement)
    • des éosinophiles de l’expectoration (p=01, p<0.001, p<0.05 respectivement)
    • et des éosinophiles sériques (p<0 ;01, p<0.001, p<0.05 respectivement)
  • De façon similaire, les augmentations du taux de la PCE des expectorations (p<0.01, p<0.001, p<0.07 respectivement) et du taux des LT de l’expectoration (p=0.07, p<0.001, p<0.05 respectivement) étaient détectés chez les enfants de ces 3 groupes à la 24° heure
  • Le taux des éosinophiles de l’expectoration étaient corrélé significativement avec le taux des éosinophiles sériques (r=0.54, p<0.001) et celui de la PCE de l’expectoration (r=0.58, p<0.001) à la 24° heure

- Conclusions

  • Cette étude montre que le test de provocation allergénique nasal augmente les marqueurs d’inflammation à éosinophiles à la fois dans les voies aériennes supérieures et inférieures, chez des enfants monosensibilisés aux acariens, avant même le début des symptômes cliniques.

Les auteurs ont évalué 50 enfants monosensibilisés aux acariens répartis en 4 groupes différents, selon qu’ils avaient une rhinite, une rhinite et un asthme, une maladie atopique asymptomatique ou l’absence de tout terrain atopique (contrôles).

Ils ont étudié chez eux le taux des éosinophiles ou de leurs médiateurs, dans le nez et l’expectoration induite, avant et 24h après un test de provocation allergénique par voie nasale.

Les résultats montrent que, dans les 3 groupes ayant une rhinite et/ou un asthme ou une atopie asymptomatique, les enfants ont de façon statistiquement significative une augmentation des éosinophiles dans le nez, l’expectoration induite et le sang à la 24ème heure suivant la provocation nasale ; ils ont de même une augmentation de la PCE et des LT dans l’expectoration dans le même délai.

Les auteurs concluent que le test de provocation nasal augmente les marqueurs d’inflammation non seulement dans le nez, mais aussi dans les voies aériennes inférieures, et ce avant même le début des symptômes cliniques.

Cette étude confirme que le concept de maladie unifiée des voies aériennes existe aussi chez l’enfant atopique : la provocation nasale induit une réponse inflammatoire au niveau de l’ensemble des voies aériennes, hautes et basses.

Il est intéressant de noter que d’une part ces modifications inflammatoires précédent l’apparition des symptômes cliniques, et que d’autre part elles existent aussi chez les enfants atopiques mais asymptomatiques : les sujets atopiques ont donc une réponse inflammatoire commune, quelle que soit l’expression clinique de leur maladie allergique.

Il apparaît donc que l’allergie n’est pas une maladie qui reste localisée au niveau d’un organe cible, mais plutôt une entité systémique qui peut avoir un large spectre de manifestations cliniques.