Végétarien ? Après tout, pourquoi pas ?

mercredi 21 janvier 2009 par Dr Hervé Couteaux1417 visites

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Végétarien ? Après tout, pourquoi pas ?

Végétarien ? Après tout, pourquoi pas ?

mercredi 21 janvier 2009, par Dr Hervé Couteaux

L’IgE-réactivité aux CCD (Cross-reactive Carbohydrate Determinants) contenus dans certains produits est bien connue pour perturber certains tests d’IgE réactivité. Le plus souvent cette réactivité est sans pertinence clinique. Des réactions sévères au Cetixumab avaient été rapportées par Platt-Mills…Premier maillon d’une chaine ?...

Anaphylaxie, angio-œdème, ou urticaire retardés après consommation de viande rouge chez des patients ayant des anticorps IgE spécifiques vis-à-vis de galactose-alpha-1 ,3-galactose. : Commins SP, Satinover SM, Hosen J, Mozena J, Borish L, Lewis BD, Woodfolk JA, Platts-Mills TA.

Asthma and Allergic Diseases Center, University of Virginia Health System, Charlottesville, Va.

dans J Allergy Clin Immunol. 2008 Dec 11

- Contexte :

  • Des fractions carbohydrates sont fréquemment rencontrées dans les denrées alimentaires et peuvent susciter des réponses IgE dont la signification clinique n’est pas claire.
  • Cependant, des travaux récents ont montré que les anticorps IgE anti-galactose-alpha-1 ,3-galactose (alpha-gal), un hydrate de carbone exprimé sur des protéines de mammifères non primates, sont capables de susciter des réactions sévères, voire fatales.

- Objectifs :

  • Nous avons cherché à déterminer si les anticorps IgE anti-alpha-gal sont présents dans les sérums de patients qui ont présenté une anaphylaxie ou une urticaire après avoir consommé du bœuf, du porc ou de l’agneau.

- Méthodes :

  • Des histoires détaillées ont été recueillies chez des patients s’étant présenté à la clinique allergologique de l’Université de Virginie.
  • Des prick tests (SPTs), des tests intradermo et des tests sur les IgE sériques ont été réalisés pour des allergènes d’intérieur, d’extérieur, et des aliments.

- Résultats :

  • Vingt-quatre patients ayant des IgE anti-alpha-gal ont été identifiés.
  • Ces patients ont décrit une histoire similaire d’anaphylaxie ou d’urticaire de 3 à 6 heures après l’ingestion de viande et ont signalé peu ou pas d’épisodes après avoir suivi un régime d’éviction.
  • Les prick tests pour les viandes de mammifères ont occasionnés le plus souvent des papules de moins de 4 mm, alors que les tests intradermiques ou aux aliments natifs ont provoquées des papules plus grandes et plus cohérentes.
  • Les CAP-RAST ont révélé des anticorps IgE spécifiques à la viande bovine, au porc, à l’agneau, au lait de vache, au chat et au chien, mais pas à la dinde, au poulet ou au poisson.
  • Des expériences d’absorption ont indiqué que ce profil de sensibilité s’expliquait par un anticorps IgE spécifiques de l’alpha-gal.

- Conclusion :

  • Nous rapportons une allergie alimentaire nouvelle et sévère, liée à des IgE dirigées contre des épitopes glucidiques alpha-gal.
  • Ces patients ont présenté des symptômes retardés d’anaphylaxie, d’angio-œdème, ou d’urticaire associés à l’ingestion de bœuf, de porc ou d’agneau.

Utilisé dans le traitement de certaines affections malignes, le cetuximab, un anticorps monoclonal, a été à l’origine d’anaphylaxies sévères chez plusieurs patients.

L’équipe de Platts-Mills a montré que l’IgE-réactivité était dirigée contre un disaccharide, un galactose-alpha 1,3 galactose (Gal-1,3Gal), partie intégrante du fragment (de la molécule utilisée) d’origine murine.

La réactivité concomitante pour le chat, le chien et le bœuf avait été notée, réactivité qui s’exerçait sur les Gal-1,3Gal, structures retrouvées sur les glycoprotéines des mammifères non primates.

Deux problèmes pouvaient être soulevés à l’époque :
- D’une part la sensibilisation, qui avait eu lieu par voie veineuse, pouvait être considérée comme « particulière ».
- D’autre part, la prévalence de ce type de réactivité semblait varier avec l’origine géographique des patients (tous américains) sans que l’on s’explique très bien pourquoi…

L’étude du jour apporte quelques éléments nouveaux, étendant en particulier ce type de réaction à un mode de sensibilisation plus commun que la voie veineuse puisque les sujets recrutés présentaient une banale (pas tout à fait car n’ont été pris en compte que des réactions plutôt sévères) allergie à la viande et se sont (à priori) sensibilisés par voie digestive.

Il reste que ce qui a été constaté pour certains polysaccharides (les Gal-1,3Gal), ne saurait être étendu à l’ensemble des composés glucidiques.

Ce que l’on savait reste d’actualité : la réactivité CCD n’a pas, la plupart du temps, de pertinence clinique bien établie…