Les laits de substitution à celui de la vache : voici un concentré des conseils de la littérature, à consommer sans modération, ça se boit comme du petit-lait.

mercredi 4 février 2009 par Dr Gérald Gay1411 visites

Accueil du site > Allergènes > Alimentaires > Les laits de substitution à celui de la vache : voici un concentré des (...)

Les laits de substitution à celui de la vache : voici un concentré des conseils de la littérature, à consommer sans modération, ça se boit comme du petit-lait.

Les laits de substitution à celui de la vache : voici un concentré des conseils de la littérature, à consommer sans modération, ça se boit comme du petit-lait.

mercredi 4 février 2009, par Dr Gérald Gay

L’éviction des protéines lactées bovines est la base du traitement de l’allergie au lait de vache, ainsi que de la prévention d’une sensibilisation chez les nourrissons à risque. C’est bien beau, mais encore faut-il savoir conseiller judicieusement les parents des sujets concernés sur le choix du lait de remplacement.

Laits maternisés hypoallergéniques : faire le bon choix en cas d’allergie avérée ou préventivement. : Bahna SL.

Section of Allergy and Immunology, Department of Pediatrics, Louisiana State University Health Sciences Center, Shreveport, Louisiana 71130, USA.

dans Ann Allergy Asthma Immunol. 2008 Nov ;101(5):453-9

- Objectif :

  • Faire le point sur les différents laits en boîte utiles en allergologie, en se concentrant sur la source protéique et son allergénicité, afin de prodiguer de bons conseils quant au choix du lait le mieux adapté à chaque cas en considérant son efficacité, sa sécurité d’emploi, l’acceptabilité de son goût, et son prix.

- Méthode :

  • Nous avons mené une revue de la littérature en consultant la base de données PubMed avec les mots clés suivants : laits hypoallergéniques ; laits pour nourrissons ; laits hydrolysés ; laits maternisés et laits composés d’acides aminés.
  • Les informations ont été extraites d’études originales pertinentes, en incluant les articles récents colligés de manière systématique dans la base de données Cochrane.
  • Seules les publications en langue anglaise ont été retenues.

- Résultats :

  • Pour qu’un lait en boîte soit qualifié d’hypoallergénique, il faut qu’il soit bien toléré par au moins 90% des sujets allergiques à la protéine à partir de laquelle le lait a été conçu.
  • Les laits largement hydrolysés (LLH), extraits de la caséine ou du lactosérum, sont tolérés par environ 95% des sujets allergiques aux protéines du lait de vache.
  • Les laits composés d’acides aminés de synthèse sont tolérés par la quasi-totalité des patients allergiques, y compris par ceux qui réagissent aux LLH.
  • Les laits partiellement hydrolysés (LPH) déclenchent des symptômes chez 30 à 50% des individus allergiques, et donc ne sont pas qualifiés d’hypoallergéniques.
  • Les LLH et les LPH semblent être aussi efficaces sur la prévention de la sensibilisation chez les bébés atopiques.

- Conclusions :

  • Les LLH et les laits à base d’acides aminés, contrairement aux LPH, constituent le meilleur choix pour les sujets allergiques.
  • Cependant, les 3 types de préparations du lait maternisé sont utiles sur le plan préventif.
  • Ce sont le coût et le goût agréable qui conditionnent le choix du lait à préconiser.

La lecture de cet article laisse perplexe tant il enfonce des portes ouvertes pour un allergologue français.

En effet, on frémit à l’idée que nos confrères d’outre-Atlantique doivent se documenter en 2009 sur un sujet aussi connu, et de façon aussi sommaire ! Lorsque j’ai lu le titre de l’article original, je me suis dit : « chic, voilà qui va me faire réviser les pourcentages de protéines de poids moléculaire inférieures à 1500 kDa dans les différents hydrolysats de protéines, leur teneur en bêta-lactoglobuline, et sans aucun doute apprendre la commercialisation de produits innovants destinés à nos patients. » L’instant d’après, je redoutais le délai qui allait s’écouler avant que ces inventions géniales ne soient disponibles en Europe, car, comme chacun le sait, tout ce qui se fait de bien aux Etats-Unis prend plusieurs années pour arriver chez nous.

Au lieu de tout ça, voici un article qui recommande de prendre en considération le prix de la boîte de lait, pour le cas où on n’y penserait pas, et l’acceptabilité du goût par le bébé, tant il est vrai que la croissance staturo-pondérale risque d’être compromise si le nourrisson fait le difficile !

Alors permettez-moi de faire un rapide tour d’horizon de la conduite à tenir qui fait l’unanimité sur le vieux continent et est somme toute simplissime.

La prévention de l’allergie au lait de vache chez le sujet à risque d’atopie passe par la suggestion d’utiliser un lait dit (à tort !) « hypoallergénique » et libellé « HA ».

Les individus chez qui le diagnostic d’allergie est avéré doivent boire un hydrolysat de protéines digne de ce nom, c’est-à-dire dont plus de 85% des protéines ont un poids moléculaire inférieur à 1500 kDa. Il existe des hydrolysats de protéines du lactosérum (lactoglobulines, lactalbumines, etc.), des hydrolysats de caséine, mais également des isolats de soja et collagène de porc.

Les rares enfants allergiques aux hydrolysats de protéines ou bien victimes d’allergies alimentaires multiples sont les seuls à devoir bénéficier des acides aminés de synthèse dont le prix n’est pas sans rappeler celui du caviar… C’est d’ailleurs ce qu’on peut reprocher au présent article : mettre sur un plan égal les hydrolysats et les acides aminés de synthèse dont les indications et le prix ne sont pas les mêmes.

Je me suis délibérément abstenu de citer des noms commerciaux, chacun ayant ses habitudes qu’il n’est pas utile de bousculer.

Au total, une revue de la littérature sur les produits de substitution au lait de vache qui va de mal en pis.