La rhinite allergique, ça se sent à plein nez !

jeudi 26 février 2009 par Dr Philippe Carré3376 visites

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La rhinite allergique, ça se sent à plein nez !

La rhinite allergique, ça se sent à plein nez !

jeudi 26 février 2009, par Dr Philippe Carré

Des liens ont été mis en évidence entre la rhinite allergique (RA) et les modifications de l’odorat, mais ils n’ont pas été bien évalués dans la RA persistante (RAP). Les auteurs ont donc évalué, chez des patients ayant une RAP, les modifications de l’odorat en fonction de l’existence d’une hyposmie et de la sévérité de la RAP.

La rhinite allergique persistante a un impact modéré sur l’odorat, dépendant à la fois de la congestion et de l’inflammation nasales. : Guilemany JM, García-Piñero A, Alobid I, Cardelús S, Centellas S, Bartra J, Valero A, Picado C, Mullol J.

Rhinology Unit and Smell Clinic, Department of Otorhinolaryngology, Barcelona, Catalonia,

dans Laryngoscope. 2009 Feb ;119(2):233-8.

- Hypothèse :

  • Un certain degré de perturbation de l’odorat a été mis en évidence dans la rhinite allergique saisonnière et perannuelle, mais les altérations olfactives chez les patients ayant une rhinite allergique persistante (RAP) n’ont pas été parfaitement évaluées.

- Objectif :

  • Les buts de l’étude étaient d’évaluer l’impact de la RAP sur l’odorat, et de caractériser cet impact en se basant sur l’hyposmie auto-déclarée (HAD) et la sévérité de la RAP.

- Méthodes :

  • Une étude contrôlée prospective a été réalisée chez 49 patients consécutifs ayant une RAP
  • Les patients ayant une RAP ont été classés en fonction de sa sévérité et de la présence d’une HAD
  • La fonction olfactive a été mesurée par olfactomètrie en utilisant le Barcelona Smell Test-24 (BAST) pour la détection de l’odorat, l’identification et le choix forcé des odeurs dépendant des premier et cinquième nerfs crâniens, comparativement à un groupe de 60 volontaires sains
  • Chez les patients ayant une HAD, l’obstruction était évaluée par le débit de pointe inspiratoire nasal (DPIN) et la rhinomètrie acoustique ; et l’inflammation nasale était évaluée par la mesure du NO nasal

- Résultats :

  • La plupart des patients ayant une RAP (67%) avaient une HAD
  • Une RAP modérée à sévère prédominait chez les patients ayant une HAD (84.8%), alors qu’une RAP modérée prédominait chez ceux n’ayant pas de HAD (75%)
  • La détection de l’odorat, l’identification et les tests de choix forcé étaient significativement plus mauvais chez les patients ayant une RAP (p<0.05) que chez les sujets contrôle pour les odeurs reliées aux 1° et 5° nerfs crâniens
  • Dans les sous-groupes, les patients ayant une RAP modérée à sévère et/ou une HAD, avaient une réduction significative dans la détection des odeurs (p<0.05) par rapport aux contrôle
  • Le NO nasal était corrélé à la perte de l’odorat (R :0.4 ; p<0.05)

- Conclusions :

  • Les patients ayant une RAP avaient une perte d’odorat modérée (BAST-24) avec une atteinte plus importante chez ceux ayant déclaré une hyposmie et ayant une RAP modérée à sévère
  • Ces résultats suggèrent que la perte de l’odorat devraient à l’avenir être investigués chez tous les patients ayant une rhinite allergique, à la fois du point de vue clinique et dans les essais thérapeutiques.

Les auteurs ont réalisé, chez 49 patients ayant une RAP, une étude prospective de la fonction olfactive par olfactomètrie.

Les patients étaient classés en fonction de la sévérité de leur RAP et de l’existence ou non d’une hyposmie (HAD), et on mesurait chez eux l’importance de l’obstruction nasale par le DPIN et la rhinomanomètrie, et l’inflammation nasale par la mesure du NO nasal.

Les résultats montraient que :

  • 67 % des patients avec une RAP avaient aussi une HAD
  • la RAP était d’autant plus sévère qu’existait une HAD
  • les tests d’olfaction étaient significativement plus perturbés en cas de RAP
  • la détection des odeurs était significativement réduite en cas de RAP modérée à sévère et/ou d’HAD
  • le taux de NO nasal était corrélé significativement à la perte de l’odorat.

Les auteurs concluent que les patients ayant une RAP ont une perte objective de l’odorat dont l’importance est corrélée à l’existence d’une hyposmie et à la sévérité de la RAP, et que les modifications de l’odorat devraient être recherchées chez tout patient ayant une RAP.

Cette étude montre aussi que la perte de l’odorat est corrélée à l’importance de l’inflammation nasale telle que mesurée par le NO, celle-ci étant par ailleurs corrélée dans de nombreuses études de la littérature à la sévérité clinique de la RAP.

La mesure du NO nasal n’étant pas une technique facilement accessible actuellement, les troubles de l’odorat pourraient donc représenter un indice indirect d’inflammation de la muqueuse nasale, et leur présence pourrait servir d’indicateur simple de la pression thérapeutique à mettre en place pour contrôler l’inflammation liée à la rhinite.

Reste le problème de la simplicité et de la fiabilité des tests de détection des troubles de l’odorat, qui restent à valider en pratique courante.