L’allergie à l’œuf, une source d’angoisse parentale ?

lundi 26 octobre 2009 par Dr Alain Thillay890 visites

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L’allergie à l’œuf, une source d’angoisse parentale ?

L’allergie à l’œuf, une source d’angoisse parentale ?

lundi 26 octobre 2009, par Dr Alain Thillay

L’inquiétude des parents est grande lorsqu’ils ont un enfant qui présente une allergie alimentaire. Dans cette étude, il s’agissait d’évaluer la perception parentale de l’allergie à l’œuf de leur enfant compte tenu de la pratique ou non d’un test de provocation orale ouvert et compte tenu du résultat.

Perception par les parents de l’allergie à l’œuf : le test de provocation à l’œuf fait-il une différence ? : Andrew Stewart Kemp 1,2 , Clare Wendy Allen 1,2 and Dianne Elisabeth Campbell 1,2

1 Department of Allergy and Immunology, The Children’s Hospital at Westmead, Sydney, NSW, Australia , 2 Discipline of Paediatrics and Child Health, Clinical School, University of Sydney, Sydney, NSW, Australia

dans Pediatric Allergy and Immunology
Volume 20 Issue 7, Pages 648 - 653

- Objectif :

  • L’objectif de l’étude était de déterminer l’effet d’un test de provocation orale à l’œuf chez des enfants sensibilisés à l’œuf sur la perception des parents relative à l’allergie de leur enfant.

- Méthodes :

  • Un questionnaire a été rempli par les parents de 167 enfants présentant une sensibilisation à l’œuf et fréquentant les consultations externes pédiatriques.
  • Le questionnaire comportait 10 questions concernant la perception par les parents de l’allergie à l’œuf de leur enfant.
  • La perception parentale des enfants qui n’ont pas subi de test de provocation orale à l’œuf (n = 83) a été comparée à celle des parents dont les enfants avaient un TPO à l’œuf positif (n = 27) et dont les enfants avec un TPO négatif (n = 57).

- Résultats :

  • Une différence significative (p = ≤ 0,02) a été observée entre le groupe TPO positif et le groupe TPO négatif pour ce qui concerne le style de vie et le fait que davantage de parents dans le groupe TPO négatif s’attendent à peu ou à pas d’inconvénient à venir pour l’enfant.
  • Les réponses des parents dont l’enfant a subi un TPO à l’œuf différaient de façon significative (p ≤ = 0,005) de ceux dont les enfants n’ont pas subi ce test avec une réduction significative des paramètres suivants :
    • l’effet sur l’organisation du régime en dehors du domicile,
    • la perception d’être plus sévère comparativement aux autres maladies infantiles communes,
    • s’ils trouvaient l’allergie à l’œuf comme étant modérément ou très stressante,
    • si leur mode de vie a été modifié,
    • l’attente peu importante ou non d’un malaise dans le futur d’avenir,
    • et si les autres traitaient leur enfant de manière différente.

- Conclusions :

  • La pratique du test de provocation orale à l’œuf était associée à une réduction des préoccupations négatives des parents.
  • Pour six paramètres sur dix, les attentes concernant l’allergie à l’œuf chez les enfants qui avait subi le test de provocation étaient nettement meilleurs que ceux qui n’avaient jamais été testé, indépendamment de l’issue du test de provocation.
  • La certitude renforcée obtenue par la pratique d’un test de provocation alimentaire pourrait représenter un résultat positif à la fois chez les enfants positifs et négatifs au test de provocation orale.

Cette étude australienne avait pour objectif de documenter la perception par les parents de l’allergie à l’œuf de leur enfant en fonction de la réalisation ou non d’un test de provocation et en fonction du résultat de ce test.

Les auteurs s’entourant des outils statistiques adéquats ont expertisé cette perception à l’aide d’un questionnaire comportant 10 items chez les parents de 167 enfants présentant une IgE réactivité à l’œuf.

Parmi ces enfants, 131 avaient eu une réaction immédiate et avaient des tests cutanés positifs alors que 36 avaient un test cutané positif bien que n’ayant jamais été exposés à l’œuf.

Quatre-vingt trois enfant n’ont pas subi le test et sur les 84 qui l’ont subi, 27 étaient positifs et 57 négatifs.

A noter, que l’utilisation des valeurs prédictives en fonction de la taille des tests cutanés et des IgE spécifiques n’entre absolument pas en ligne de compte ; ici, les auteurs veulent montrer que la pratique du test de provocation est rassurante pour les parents.

Clairement et de façon significative, les parents dont les enfants ont suivi le test de provocation, quel que soit le résultat, ont moins de préoccupations négatives concernant six items sur 10.

Lorsque le test de provocation est négatif, les parents concernés sont moins inquiets quant à la survenue d’une réaction ultérieure.

Il faut savoir que les enfants pris en compte dans l’étude avaient été vus en 2003 et que les questionnaires ont été remplis sur 2006 et 2007.

Il y a donc des biais, pas de questionnaire initial pour connaître le niveau de stress des parents et aussi utilisation d’un questionnaire « rétrospectif », enfin il s’agit d’un test ouvert.

Il s’agit d’un questionnaire standardisé pour les maladies atopiques et non pas adapté à l’allergie à l’œuf de l’enfant.

Pour autant, il est assez logique d’adhérer aux résultats de l’étude.

Toutefois, l’intégration de ces résultats dans la démarche, au jour le jour, de l’allergologue de terrain, modifiera-t-elle son attitude ?

N’avons-nous pas assez d’éléments bibliographiques pertinents nous permettant de nous contenter des résultats des tests cutanés et du dosage des IgE spécifiques sériques de l’œuf pour évaluer le risque encouru et ainsi prendre une décision ?

Décision alors suffisamment argumentée pour rassurer pleinement les parents.