Qualité de vie et allergie alimentaire, c’est pas top !

mercredi 3 février 2010 par Dr Alain Thillay984 visites

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Qualité de vie et allergie alimentaire, c’est pas top !

Qualité de vie et allergie alimentaire, c’est pas top !

mercredi 3 février 2010, par Dr Alain Thillay

Les maladies chroniques, quelles qu’elles soient, ont un retentissement sur la qualité de vie des patients. Si beaucoup d’études concernant cette qualité de vie liée à la santé ont été publiées pour un grand nombre de maladies chroniques, ce n’est pas le cas pour les patients allergiques alimentaires. C’est chose faite avec cette étude d’origine irlandaise et hollandaise.

Qualité de vie liée à la santé de patients atteints d’allergie alimentaire : comparaison à la population générale et à d’autres maladies. : B. M. J. Flokstra-de Blok 1 , A. E. J. Dubois 1 , B. J. Vlieg-Boerstra 1 , J. N. G. Oude Elberink 2 , H. Raat 3 , A. DunnGalvin 4 , J. O’B. Hourihane 4 & E. J. Duiverman 1

1 Department of Paediatrics, Division of Paediatric Pulmonology and Paediatric Allergy ; 2 Department of Internal Medicine, Division of Allergy, University Medical Center Groningen, University of Groningen, Groningen, the Netherlands ; 3 Department of Public Health, Erasmus Medical Center, University of Medical Center Rotterdam, Rotterdam, the Netherlands ; 4 Department of Paediatrics and Child Health, University College, Cork, Ireland

dans Allergy
Volume 65 Issue 2, Pages 238 - 244

- Contexte :
-*À ce jour, aucune étude n’a comparé la qualité de vie liée à la santé (QVLS) de patients atteints d’allergie alimentaire de l’enfance à l’âge adulte avec celle de la population générale ou chez des patients atteints d’autres maladies chroniques.

- Objectif :

  • L’objectif de cette étude était de comparer la QVLS de patients allergiques alimentaires à la population générale et d’autres maladies.

- Méthodes :

  • Les questionnaires de QVLS (CHQ-CF87 et RAND-36) ont été remplis par 79 enfants, 74 adolescents et 72 adultes ayant une allergie alimentaire.
  • Les scores de QVLS ainsi obtenus de ces patients atteints d’allergie alimentaire ont été comparés aux scores d’études publiées sur la population générale et sur des patients souffrant d’asthme, de syndrome du côlon irritable, de diabète non insulinodépendant et de polyarthrite rhumatoïde.

- Résultats :

  • Les enfants et les adolescents souffrant d’allergie alimentaire avaient moins de limitation dans le travail scolaire en raison de problèmes de comportement (P≤0,0013), mais les adolescents et les adultes souffrant d’allergie alimentaire rapportaient plus de douleurs (P=0,020), une moins bonne santé globale (P<0,001), plus de limitation des activités sociales (P<0,001) et moins de vitalité (P = 0,002) que les individus de la population en général.
  • Les patients allergiques alimentaires ont enregistré de plus mauvais scores de QVLS que ceux des patients atteints de diabète non insulinodépendant, mais de meilleurs scores que ceux de patients atteints de polyarthrite rhumatoïde, d’asthme et du syndrome du côlon irritable.

- Conclusion :

  • La qualité de vie liée à la santé est altérée chez les adolescents et les adultes présentant une allergie alimentaire par rapport à la population générale, et avec une importance intermédiaire entre diabète non insulinodépendant, polyarthrite rhumatoïde, asthme et syndrome du colon irritable.
  • Les enfants montrent un moindre impact sur la QVLS en rapport avec l’allergie alimentaire.

Cette étude de questionnaire de petit format est d’origine irlandaise et hollandaise.

Les auteurs ont eu recours à des questionnaires évaluant la qualité de vie en rapport avec la santé et comparé leurs résultats à ceux d’études concernant la population générale et concernant des patients atteints d’autres maladies chroniques.

A en croire ces résultats, comparativement à la population générale, les adolescents et les adultes montrent une dégradation de nombre de facteurs de QVLS, ce qui n’est pas le cas pour les enfants.

Lorsque la comparaison se fait par rapport à d’autres maladies chroniques il existe une disparité.

Ainsi, l’allergique alimentaire aurait une moins bonne QVLS que les diabétiques non insulinodépendants, mais ils font mieux lorsqu’ils sont comparés aux asthmatiques, aux sujets atteints de PR ou à ceux souffrant d’un syndrome du côlon irritable.

Etant donné la taille réduite de l’étude, 225 sujets en tout, il est difficile de vouloir en tirer des éléments définitifs, il ne s’agit que d’une indication de tendance.

En regardant les résultats de la comparaison à la population générale, il semblerait que les enfants prennent mieux leur allergie alimentaire que les adolescents et les adultes.

Il est possible que de ne pas avoir à gérer réellement cette allergie, cela est fait par les parents et les adultes responsables du scolaire et de l’associatif, les rend plus sereins.

Etre allergique alimentaire nuirait plus à la QVLS que d’être atteint d’un diabète gras mais moins que l’être d’une PR, d’un côlon irritable ou d’un asthme.

Ce travail qui, à mon sens, ne m’apparaît pas révolutionnaire, doit toutefois attirer notre attention sur notre responsabilité d’allergologue.

L’allergie alimentaire est sans doute un des domaines du champ d’expertise de l’allergologue le plus difficile.

Elle nécessite une méthodologie sans faille afin de déterminer avec précision le ou les aliments responsables.

Il ne s’agit pas d’interdire une grande quantité d’aliments par sécurité, il faut réellement préciser le risque encouru en cas de prise accidentelle.

Nombre d’études ont cherché à déterminer les valeurs prédictives positives ou négatives sans pouvoir dire si on pouvait oui ou non se passer du test de provocation orale en double aveugle, test lourd à mettre en œuvre et non dénué de risque.

Le secours nous viendra sans doute de l’allergologie moléculaire qui semble bien être une approche pertinente puisque permettant d’établir un risque en fonction de telle ou telle protéine réactive chez le patient.