Ca marche au pif chez les enfants asthmatiques.

vendredi 5 février 2010 par Dr Philippe Carré518 visites

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Ca marche au pif chez les enfants asthmatiques.

Ca marche au pif chez les enfants asthmatiques.

vendredi 5 février 2010, par Dr Philippe Carré

L’inflammation médiée par les IgE est une caractéristique de la rhinite et de l’asthme. Il a par ailleurs été montré que la rhinite allergique est un facteur de risque d’asthme. Cette étude visait à évaluer, dans une cohorte d’enfants ayant une rhinite allergique, l’effet d’un test de bronchodilatation bronchique réalisé de façon systématique.

Impact de la rhinite allergique sur l’asthme chez l’enfant : effets sur le test de bronchodilatation. : M. Capasso 1 , A. Varricchio 2 & G. Ciprandi 3

1 Department of Paediatrics, Ospedale Civile "Ave Gratia Plena", Piedimonte Matese (CE), Italy ; 2 ENT Unit, Ospedale San Gennaro, Naples, Italy ; 3 Department of Internal Medicine, Azienda Ospedaliera Universitaria San Martino, University of Genoa, Genoa, Italy

dans Allergy
Volume 65 Issue 2, Pages 264 - 268

- Contexte :

  • Il existe une relation importante entre les voies aériennes supérieures et inférieures
  • L’obstruction bronchique est une caractéristique primordiale de l’asthme, et sa réversibilité est considérée comme un élément important du diagnostic de la maladie asthmatique.

- Objectif :

  • Cette étude visait à évaluer un groupe important d’enfants ayant une rhinite allergique isolée, en étudiant le degré de bronchodilatation et les facteurs possibles qui lui sont reliés.

- Méthodes :

  • 200 patients ayant une rhinite allergique et 150 sujets normaux ont été évalués de façon consécutive
  • Un examen clinique, des tests cutanés, une spirométrie et un test de bronchodilatation ont été réalisés chez tous les patients

- Résultats :

  • Les enfants rhinitiques avaient une augmentation significative du VEMS après test de bronchodilatation par rapport aux valeurs de base et aux valeurs des sujets contrôles (p<0.0001)
  • Plus de 20% des rhinitiques avaient une réversibilité bronchique (≥12% par rapport aux valeur de base)
  • Les patients ayant une réversibilité avaient des niveaux de VEMS plus bas, une durée plus longue de leur rhinite, et une allergie perannuelle.

- Conclusion :

  • Cette étude souligne le lien étroit entre voies aériennes supérieures et inférieures, et l’intérêt de réaliser un test de bronchodilatation chez les patients ayant une rhinite allergique et ces caractéristiques ci-dessus.

200 enfants ayant une rhinite allergique et 150 témoins sains ont été évalués sur le plan allergologique et fonctionnel respiratoire, avec réalisation d’un test de bronchodilatation.

Les enfants ayant une rhinite allergique avaient une bronchodilatation significative, et 20% avaient une réversibilité d’au moins 12%.

Les facteurs associés à la réversibilité étaient un VEMS plus bas, une durée plus longue dans le temps de la rhinite, et une allergie perannuelle.

Pour les auteurs, cette étude confirme le lien entre les voies nasale et bronchique, et la nécessité d’étudier la réversibilité bronchique en cas de rhinite allergique isolée.

Il apparaît donc se confirmer l’hypothèse que la réponse à un test de bronchodilatation est la preuve de la participation de l’atteinte bronchique dans la rhinite allergique, et que le degré de réponde à la bronchodilatation dépend du niveau de base du VEMS : ceci est en faveur de l’existence d’une inflammation précoce des voies aériennes inférieures au cours de la rhinite allergique.

Par ailleurs, la durée de la rhinite allergique est un facteur important lié au développement de l’atteinte bronchique, ce qui est en faveur de la persistance de l’inflammation allergique qui tend à progresser depuis le nez jusqu’aux bronches.

Enfin, le fait que la réversibilité soit associée au caractère perannuel de l’allergie confirme l’hypothèse que l’exposition continue à un allergène induit la persistance au long cours d’une inflammation des voies aériennes, qui peut favoriser le développement d’une inflammation à distance dans les bronches.

Cette étude confirme donc les hypothèses maintenant bien établies par des études antérieures, du lien entre voies aériennes supérieures et inférieures, la rhinite allergique et l’asthme étant un seul syndrome touchant deux parties différentes de l’arbre respiratoire.