Pour bien traiter l’allergie à l’abeille, l’allergologue se procurera une ruche en pleine forme.

mardi 9 mars 2010 par Dr Stéphane Guez1103 visites

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Pour bien traiter l’allergie à l’abeille, l’allergologue se procurera une ruche en pleine forme.

Pour bien traiter l’allergie à l’abeille, l’allergologue se procurera une ruche en pleine forme.

mardi 9 mars 2010, par Dr Stéphane Guez

L’immunothérapie spécifique est le seul traitement curatif de l’allergie au venin d’hyménoptère, en particulier d’abeille. Mais une fois le traitement fait et la dose d’entretien atteinte, à partir de quel moment le patient est-il réellement protégé ? Peut-il se faire à nouveau piquer sans risque la semaine suivante ?

Désensibilisation à l’abeille : efficace tôt mais à quel moment ? : A. Goldberg 1,2 & R. Confino-Cohen 1,2

1 Allergy and Clinical Immunology Unit, Meir Hospital, Kfar-Saba ; 2 Sackler School of Medicine, Tel Aviv University, Tel Aviv, Israel

dans Allergy
Volume 65 Issue 3, Pages 391 - 395

- Introduction :

  • Bien que l’efficacité de la désensibilisation au venin d’abeille ait été bien démontrée ces 30 dernières années, aucune étude n’a montré à partir de quel moment cette immunothérapie est efficace une fois la dose d’entretien atteinte.

- Objectif de l’étude :

  • Les auteurs ont étudié l’efficacité de la désensibilisation à l’abeille une semaine après la réalisation de la dose d’entretien.

- Matériel et méthode :

  • Les patients allergiques au venin d’abeille ont reçu un protocole classique de désensibilisation ou un rush.
  • Une semaine après avoir reçu la dose d’entretien de 100 microg, ils ont eu un test de provocation par une piqure réelle d’abeille.

- Résultats :

  • 79 des 107 patients (73.8%) qui ont atteint la dose d’entretien ont accepté le test de provocation.
  • 70 patients (88.6%) ont toléré la piqure sans symptomatologie particulière.
  • 4 patients (5.1%) ont développé une réaction locale très légère à type de rash et ont poursuivi leur ITS à la dose de 100 microg.
  • Chez 5 patients (6.3%), la piqure a entrainé une réaction systémique légère.
    • Parmi 4 de ces patients, la dose d’entretien a été montée à 200 – 250microg.
    • Les 4 patients n’ont pas représenté de réaction lors d’un nouveau test de provocation après cette augmentation du traitement d’entretien,
      • une semaine après avoir augmenté la dose pour 4
      • et 14 mois après pour le dernier.

- Conclusion :

  • L’immunothérapie au venin d’abeille est efficace immédiatement après la réalisation de la dose d’entretien chez la plupart des patients.
  • Pour une minorité qui n’est pas protégés à cette dose, une augmentation du traitement d’entretien est nécessaire et conduit à une protection efficace immédiatement une fois cette dose d’entretien atteinte.
  • Ainsi, c’est la dose d’entretien qui semble être le facteur majeur de protection lors d’une nouvelle piqure plutôt que la dose cumulée de venin durant la désensibilisation.

Dans ce travail, les auteurs ont déterminé si une semaine après le traitement d’entretien d’une immunothérapie au venin d’abeille les patients étaient protégés.

Pour 89% le traitement est immédiatement efficace. Pour un petit nombre de patients il est nécessaire de doubler la dose d’entretien pour obtenir la même efficacité.

Ce travail est particulièrement intéressant car il conforte une idée largement répandue mais visiblement non réellement démontrée : qu’une fois la dose d’entretien la protection est immédiate. Cependant certains allergologues prescrivent malgré tout de principe de l’adrénaline auto-injectable.

Dans cette étude les auteurs ont fait un test de provocation réaliste une semaine après la dose d’entretien.

89% des patients ne présentent aucune réaction, et 4% une réaction locale minime. Seul 6.3% font l’objet d’une modification thérapeutique en raison d’une réaction systémique, avec doublement du traitement d’entretien.

Un nouveau test de provocation confirme qu’ils sont alors protégés.

Un test réaliste permettrait donc d’identifier ces 6.3% qui nécessitent une dose d’entretien plus forte. Faut-il proposer systématiquement ce test à tous les patients ? En dehors des difficultés techniques, il faut également convaincre les patients…Dans ce travail ¼ des patients avaient refusé ce test de provocation.

Les auteurs conscients de la difficulté de réalisation de ce test préconisent la prescription d’une seringue d’adrénaline pour tous les patients car aucun facteur ne permet d’identifier ces 6% de patients.

Est-ce qu’il ne serait pas plus logique de proposer à tous une dose d’entretien plus élevée ?