Demandons nous tropo crevettes ?

vendredi 23 avril 2010 par Dr Hervé Couteaux1038 visites

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Demandons nous tropo crevettes ?

Demandons nous tropo crevettes ?

vendredi 23 avril 2010, par Dr Hervé Couteaux

« La » crevette nous est familière. « Les » crevettes un peu moins ; en effet plusieurs dizaines d’espèces sont concernées. Issues de milieux tropicaux ou des mers froides, leurs similarité a des limites. L’allergie à « la » crevette, pardon, « aux » crevettes, est probablement un sujet plus vaste qu’on ne pourrait le croire !

Pour la prédiction des réactions cliniques allergiques après ingestion de crevette, la mesure des anticorps IgE à la tropomyosine de crevette est supérieure aux pricktests cutanés avec l’extrait commercial et à la mesure des IgE à la crevette. : Ariana C. Yang, MD, PhDa, L. Karla Arruda, MD, PhDbCorresponding Author Informationemail address, Ana Beatriz R. Santos, PhDb, Michelle C.R. Barbosa, MScb, Martin D. Chapman, PhDc, Clóvis E.S. Galvão, MD, PhDa, Jorge Kalil, MD, PhDa, Fábio F. Morato-Castro, MD, PhDa

a Division of Clinical Immunology and Allergy, University of São Paulo School of Medicine, São Paulo, Brazil
b Division of Clinical Immunology, School of Medicine of Ribeirão Preto, University of São Paulo, São Paulo, Brazil
c Indoor Biotechnologies, Inc, Charlottesville, Va

dans JACI Volume 125, Issue 4, Pages 872-878 (April 2010)

- Contexte :

  • La crevette est une cause fréquente d’allergie alimentaire.
  • La tropomyosine est le principal allergène chez la crevette, et il partage une homologie avec les tropomyosines d’autres crustacés, d’acariens, de blattes et de parasites.

- Objectifs :

  • L’objectif de cette étude était de déterminer la valeur de détection des IgE à la tropomyosine de crevettes dans le diagnostic de l’allergie aux crevettes.

- Méthodes :

  • Nous avons étudié 35 patients souffrant d’asthme, de rhinite, ou des deux, qui étaient sensibilisés à Dermatophagoides pteronyssinus.
  • Tous les sujets ont subi des tests cutanés en plus d’un test de provocation alimentaire en double insu contre placebo (DBPCFC), d’un test de provocation ouverts, ou des deux avec des crevettes.
  • Les mesures des IgE-crevettes et IgE-tropomyosine ont été respectivement effectuées par le biais de CAP et d’ELISA chimérique.

- Résultats :

  • Les tests de provocation orale ont confirmé le diagnostic de l’allergie aux crevettes chez 7 patients.
  • La mesure des IgE à la tropomyosine de crevettes a été positive dans 71,4% des patients ayant une allergie aux crevettes.
  • Sur les 28 patients sans allergie aux crevettes, seulement 7,1% (2 / 28) avaient des IgE à la tropomyosine de crevette comparativement à 25% (7 / 28) qui avaient des IgE à la crevette et à 35,7% (10/28) qui avaient des réponses positives aux prick-tests à la crevette.
  • La sensibilité a été similaire pour les 3 méthodes (71,4%), en revanche, la spécificité des IgE à la tropomyosine de crevette (92,8%) était supérieure à celle des IgE aux crevettes (75%) et des tests cutanés (64,2%).
  • En ce qui concerne l’efficacité du diagnostic, la mesure des IgE à la tropomyosine de crevette a été supérieure à la mesure des IgE aux crevettes et des tests cutanés (88,5%, 74,2% et 65,7%, respectivement).

- Conclusion :

  • L’utilisation des tests d’IgE-réactivité à la tropomyosine de crevettes a apporté une valeur ajoutée au diagnostic de l’allergie aux crevettes.

On améliore le diagnostic de l’allergie aux crevettes en utilisant un test d’IgE-réactivité à la tropomyosine d’une crevette (rPen a 1, concernant la tropomyosine de Farfantepenaeus aztecus, ex-Penaeus aztecus, nom invalide).

Cette étude Brésilienne conforte l’idée selon laquelle la tropomyosine est un allergène important des crustacés.

Les réactivités aux pricktests réalisés avec des crevettes natives sont souvent positives, notamment en cas de positivités des pricktests aux acariens.

Les acariens ayant des tropomyosines parmi leurs allergènes, il en a rapidement été déduit une réactivité croisée acariens-crevettes via les tropomyosines, vérifiée dans quelques études.

Plus récemment, entre 2006 et 2008, cet « automatisme de pensée » a été mis à mal, de nombreuses positivités aux crevettes étant notées avec un test rPen a 1 négatif (selon les études cela concernait 18 à 43% des patients) : d’autres allergènes sont donc probablement impliqués, au premier rang desquels nous pouvons suspecter les arginines kinases.

Que le test d’IgE-réactivité pour rPen a 1 améliore le diagnostic d’allergie aux crevettes est vrai pour certaines populations, comme celle du Brésil, étudiée dans l’étude du jour.

Qu’en est-il pour les populations européennes ? les crevettes consommées ici ou là sont-elles les mêmes ? d’autres facteurs liés à la géographie interviennent-ils ? la composition du CAP crevette a récemment été modifiée mais ne couvre toujours pas toutes les espèces en cause…

Seules des études européennes supplémentaires pourront répondre à cette question…