L’allergie à la cacahuète, c’est pas toujours « peanut »…

mardi 7 septembre 2010 par Dr Hervé Couteaux546 visites

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L’allergie à la cacahuète, c’est pas toujours « peanut »…

L’allergie à la cacahuète, c’est pas toujours « peanut »…

mardi 7 septembre 2010, par Dr Hervé Couteaux

IgE-réactivité aux allergènes de l’arachide : relation avec les symptômes d’allergie à l’arachide et la sensibilisation pollinique à 8 ans. : Asarnoj, A., Movérare, R., Östblom, E., Poorafshar, M., Lilja, G., Hedlin, G., Van Hage, M., Ahlstedt, S. and Wickman, M. (2010),

IgE to peanut allergen components : relation to peanut symptoms and pollen sensitization in 8-year-olds. Allergy, 65 : 1189–1195. doi : 10.1111/j.1398-9995.2010.02334.x

dans Allergy

Volume 65, Issue 9, pages 1189–1195, September 2010

- Contexte :

  • Les tests d’IgE-réactivité sont souvent effectués avec des extraits bruts d’arachide, mais les résultats peuvent être difficiles à interpréter en raison de réactions croisées entre les allergènes de l’arachide et ceux d’autres plantes.

- Objectif :

  • L’objectif était d’étudier l’IgE-réactivité aux allergènes de l’arachide chez les enfants d’une région riche en bouleaux en ce qui concerne la sensibilisation au pollen et les symptômes d’allergie à l’arachide.

- Méthodes :

  • Dans une cohorte de naissance, les paramètres cliniques ont été obtenus par des questionnaires et des tests IgE ont été réalisés pour l’arachide et le pollen de bouleau.
  • Différents phénotypes de « sensibilisation » (IgE-réactivité ?) arachide / bouleau ont été définis parmi les 200 enfants sélectionnés.
  • Les IgE-réactivité à l’arachide et aux allergènes de pollens ont été analysées en utilisant la technique des biopuces.

- Résultats :

  • Les symptômes d’arachide ont été rapportés chez 87% des enfants ayant une IgE-réactivité à l’un des allergènes de l’arachide, Ara h 1, 2 ou 3 mais pas à Ara h 8 (n = 46) vs 17% des enfants avec une IgE-réactivité à Ara h 8, mais pas à Ara h 1, 2 ou 3 (n = 23), P <0,001.
  • En outre, les symptômes étaient plus graves chez les enfants avec une IgE-réactivité à Ara h 1, 2 ou 3.
  • Les enfants avec une IgE-réactivité à la fois à Ara h 2 et Ara h 1 ou 3 présentaient plus souvent des symptômes liés à l’arachide que les enfants avec des IgE seulement pour Ara h 2 (97% vs 70%, P = 0,016), des symptômes respiratoires en particulier (vs 50% 9 %, P = 0,002).

- Conclusion :

  • L’analyse des IgE-réactivités aux allergènes de l’arachide peut être utilisée pour distinguer les individus sensibilisés à l’arachide avec risque de symptômes sévères de ceux susceptibles d’avoir des symptômes plus modérés à l’arachide ou pas de symptômes du tout en cas de « sensibilisation » aux allergènes de pollen et à leurs allergènes homologues de l’arachide.

En « zone bouleau » (Europe du Nord), une étude menée sur 200 enfants à retrouvé une corrélation entre leur profil d’IgE réactivité et la fréquence et la sévérité des symptômes.

L’IgE-réactivité à Ara h 1, 2 ou 3 en général (avec absence de réactivité pour Ara h 8) était associée à une fréquence et une sévérité plus importante des symptômes liés à l’arachide, la différence étant encore plus nette chez les enfants réagissant à Ara h 2 et 1 ou 3.

L’IgE-réactivité à Ara h 8 (avec absence de réactivité pour Ara h 1, 2 ou 3) était quant à elle associée à des symptômes plus rares et plus modérés, voir à l’absence de symptômes.

Peu de renseignements sur les critères de sélection des enfants retenus pour cette étude qui rappelle que la mise en évidence d’une IgE-réactivité vis-à-vis d’un extrait brut d’arachide peut correspondre aussi bien à un risque élevé de réaction sévères qu’à un risque faible voir nul de réactions modérées.

Les outils de l’allergologie actuelle permettent d’éviter la préconisation d’éviction inopportunes, encore fréquentes il y a peu…

L’IgE-réactivité vis-à-vis des allergènes s’inscrivant dans l’abord moléculaire de l’allergologie permet au praticien d’améliorer la prise en charge de plusieurs problèmes allergologiques importants ; loin d’être un gadget pour passionnés, c’est aujourd’hui un outil incontournable en pratique allergologique.

Les résultats doivent être, là comme ailleurs, interprétés, notamment en fonction de l’environnement ; l’origine géographique, probable témoin d’une exposition particulière conditionne parfois la mise en place des IgE-réactivités.

Il est clair que la prise en compte de ce facteur a pour elle le mérite de la simplicité, mais pis aller en l’absence d’un dispositif efficient de la mesure de l’exposition.