Le bon plan pour bien tolérer le lait : faire traire la vache par un biologiste !!

mardi 20 novembre 2012 par Dr Stéphane Guez582 visites

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Le bon plan pour bien tolérer le lait : faire traire la vache par un biologiste !!

Le bon plan pour bien tolérer le lait : faire traire la vache par un biologiste !!

mardi 20 novembre 2012, par Dr Stéphane Guez

Le profil allergénique au lait de vache est-il un marqueur pronostic pour le développement d’une tolérance ? : - Introduction :

  • L’allergie au lait de vache (CMA) est une des causes les plus fréquentes d’allergie alimentaire dans les premières années de la vie.
  • Heureusement, la majorité des enfants ayant une CMA développe une tolérance clinique avec le temps.
  • Cependant, il n‘existe pas de bons marqueurs individuels qui puissent prédire cette évolution.
  • Ainsi un marquer prédictif permettant d’identifier les enfants qui auront une CMA persistante serait d’une aide importante.

- Objectif de l’étude :

  • Dans ce travail, les auteurs ont évalué si le dosage des IgE aux différents allergènes du lait de vache pourrait permettre de séparer les patients qui auront une CMA persistante de ceux qui deviendront cliniquement tolérants au CMA avec le temps.

- Matériel et Méthode :

  • Un total de 52 patients ayant de 3 mois à 114 mois avec une allergie prouvée au CMA par un TPO en double aveugle contre placebo ont été suivis au long cours.
  • Parmi ces 52 patients, 32 (61.5%) sont devenus tolérants au cours du suivi de l’étude.
  • Tous les patients ont eu un nouveau TPO au moins 1 fois, parfois 2 à 3.
  • Les dosages d’IgEs, IgG et IgG4 se liant au lait total ou à ses différentes fractions allergéniques ont été mesurés avec chaque TPO.

- Résultats :

  • Le fait de perdre son allergie au CMA en grandissant pour un patient donné est significativement corrélé :
    • avec un taux bas d’IgEs au lait de vache
    • aussi bien qu’avec un taux bas d’IgEs à l’alpha-lactalbumine, béta-lactoglobuline (Bos d5.0102), kappa-caséine et alpha-caséine.
  • Il n’y a pas de corrélation significative trouvée avec :
    • les taux des IgE spécifiques à la caséine totale, lactoferrine, béta-caséine et béta-lactoglobuline (Bos d5.0101)
    • aussi bien qu’avec les taux d’IgG et IgG4 à l’alpha-lactalbumine, béta-lactalbumine et la caséine totale.

- Conclusions :

  • Le profil des IgE s au lait de vache est un bon marqueur pronostic pour une CMA persistante.
  • De plus, l’allergologie moléculaire montre des résultats identiques.
  • Cependant, du point de vue des auteurs, la multiplication fréquente des dosages pour le suivi des patients augmenterait beaucoup le coût biologique et n’est pas justifiée.
  • Enfin, le dosage des IgG et IgG4 spécifiques n’a pas d’intérêt pour prédire l’acquisition d’une tolérance dans cette population étudiée.

Les auteurs ont regardé si l’allergologie moléculaire chez des enfants allergiques au lait de vache permettait de prédire l’acquisition d’une tolérance.

Des taux bas d’IgEs au lait total et à l’alpha-lactalbumine, béta-lactoglobuline (Bos d5.0102), kappa-caséine et alpha-caséine sont de bons marqueurs de cette future tolérance.

Avec un taux inférieur à 5 KU/L, il est donc possible de prédire l’acquisition d’une tolérance au sein de cette population étudiée pour ce travail. L’allergie moléculaire conforte les résultats du dosage des IgEs au lait total et montre l’absence d’intérêt des dosages des IgG spécifiques.

Ces résultats confortent l’attitude pratique des allergologues qui font un suivi régulier du taux des IgEs et qui, lorsqu’ils observent une nette diminution des IgEs au lait de vache proposent un TPO permettant de vérifier l’acquisition de tolérance.

Même si le profil en allergologie moléculaire est bien corrélé au taux des IgE au lait de vache totale, les auteurs n’ont pas réellement proposé un taux qui permettrait de dire face à un patient qu’il développera ou non une tolérance.

Il y a donc encore des recherches à effectuer car seul un test précis et rapide discriminant les enfants qui auront ou non une tolérance, permettrait très rapidement de mettre en place une immunothérapie spécifique par voie orale pour permettre l’acquisition de tolérance chez ces enfants ayant spontanément une mauvaise évolution de leur allergie alimentaire.