De l’œuf à la puce : un grand progrès !

mardi 22 janvier 2013 par Dr Alain Thillay830 visites

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De l’œuf à la puce : un grand progrès !

De l’œuf à la puce : un grand progrès !

mardi 22 janvier 2013, par Dr Alain Thillay

Cartographie des épitopes séquentiels à IgG et à IgE de l’ovomucoïde par dosage immunologique à l’aide d’une biopuce à peptides. : Javier Martínez-Botasa, d, Inmaculada Cerecedof, Javier Zamorab, e, Cristina Vlaicua, c, Maria Carmen Dieguezf, Diego Gómez-Coronadoa, d, Verónica de Diosa, Soledad Terradosc, Belén de la Hozc

aServicio de Bioquímica-Investigación,
bUnidad de Bioestadística Clínica, y
cServicio de Alergología, Hospital Universitario Ramón y Cajal, IRYCIS, y
dCIBER de Fisiopatología de la Obesidad y Nutrición (CIBEROBN) y
eCIBER de Epidemiología y Salud Pública (CIBERESP), Instituto de Salud Carlos III, Madrid, y
fUnidad de Alergología, Hospital del Sureste, Arganda del Rey, España
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dans Int Arch Allergy Immunol 2013 ;161:11-20 (DOI : 10.1159/000343040)

- Contexte :

  • Il a été démontré que l’ovomucoïde (Gal d 1) est l’allergène le plus important dans l’allergie IgE dépendante à l’œuf de poule.
  • L’analyse par puce à peptides est une nouvelle méthode qui peut fournir des informations utiles sur la nature des allergènes spécifiques.

- Méthodes :

  • Un test de dosage immunologique par puce à peptides a été effectué en utilisant une banque de peptides de 15 et de 20 acides aminés chevauchants (3 chevauchements) de la séquence primaire de l’ovomucoïde.
  • Nous avons testé les sera de 50 patients présentant une allergie à l’œuf IgE dépendante et une réactivité à l’ovomucoïde, avec plus d’un an de suivi, et les sera provenant de 10 témoins.
  • Les peptides étaient considérés comme épitopes majeurs lorsque la moyenne pondérée du Z-score était supérieure à 3 et reconnus par au moins 20% des sera des patients.
  • Les IgE spécifiques des épitopes ont été établies sur la base du Z-score du rapport IgE/IgG4.

- Résultats :

  • Le modèle de reconnaissance des IgE et des IgG4 a été similaire dans les deux groupes de peptides, mais l’intensité du signal était généralement plus élevée dans le groupe des peptides de 20 acides aminés.
  • Trente-quatre pour cent des patients ne reconnaissent aucun peptide séquentiel et 20% des patients reconnaissent plus de 10 peptides séquentiels.
  • Nous avons identifié 3 épitopes majeurs des cellules B à IgE dans les domaines I et II de l’ovomucoïde.
  • L’analyse du rapport IgE/IgG4 montre que les peptides 1-2 (AA 4-20) et les peptides 29-31 (AA 91-104) étaient des épitopes spécifiques à IgE.

- Conclusion :

  • En utilisant une immuno-biopuce à peptides chez des patients allergiques à l’œuf de poule, nous avons établi que 34% des patients n’ont aucun épitope linéaire reconnu par les IgE.
  • D’autres études sont nécessaires pour déterminer la pertinence clinique de cette observation.

L’allergie à l’œuf de poule est la première allergie alimentaire chez l’enfant. Les données du CICBAA, en 2007, permettaient d’établir sa fréquence à 28,7% chez les sujets âgés de moins de 15 ans. Autre caractéristique intéressante, dans cette population, l’allergie à l’œuf est transitoire, passant à 3,1%, selon la même source, après 15 ans.

Un distinguo toutefois, si chez l’enfant l’allergie à l’œuf concerne avant tout le blanc d’œuf, chez l’adulte, l’allergie au jaune d’œuf est possible mais rare avec sensibilisation respiratoire réalisant le syndrome oiseau-œuf.

Dans l’allergie au blanc d’œuf la molécule qui semble jouer un rôle important est l’ovomucoïde.

Il ne faut pas oublier que l’œuf comporte au moins 13 protéines susceptibles d’entrer dans le processus d’IgE réactivité, outre l’ovomucoïde, il faut penser à l’ovalbumine, la conalbumine entre autres.

Les auteurs espagnols du présent travail ont cherché à mieux déterminer les épitopes linéaires IgE réactifs de l’ovomucoïde (Gal d 1).

Tous les patients sélectionnés étaient des allergiques à l’œuf et possédant une IgE réactivité à l’ovomucoïde.

A l’aide d’une immuno-biopuce à peptides, ils ont pu déterminer les séquences d’acides aminées impliquées.

Le Z-score qui est un test d’efficacité comparatif permet de préciser les séquences les plus IgE réactives ce qui autorisent les auteurs à définir les épitopes majeurs avec comme condition complémentaire être présentes chez au moins 20% des patients.

La reconnaissance (Z-score du rapport IgE/IgG4) est meilleure pour les peptides de 20 acides aminés.

Curieusement, 34% de ces patients (allergiques à l’œuf et ayant une IgE réactivité vis-à-vis de l’ovomucoïde) ne reconnaissent aucun des ces peptides, ce qui implique un rôle de la structure tertiaire de l’ovomucoïde.

A l’inverse, 20% de ces mêmes patients reconnaissent plus de 10 peptides séquentiels.

Il serait intéressant de comparer ces deux sous-groupes de patients, ceux présentant une reconnaissance de peptides linéaires et ceux qui ne les reconnaissent pas.

Ainsi, les patients de ce deuxième sous-groupes, probablement IgE réactifs dans le cadre d’épitopes conformationnels, supportent-ils mieux l’œuf cuit que les autres, ont-ils une évolution plus rapide vers la guérison ?

Si c’était le cas nous pourrions mieux préciser le pronostic de l’allergie à l’œuf.