Une étude « vintage » sur l’allergie à l’arachide !

lundi 28 janvier 2013 par Dr Alain Thillay1584 visites

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Une étude « vintage » sur l’allergie à l’arachide !

Une étude « vintage » sur l’allergie à l’arachide !

lundi 28 janvier 2013, par Dr Alain Thillay

Identification des nourrissons à haut risque d’allergie à l’arachide : étude de dépistage « Learning Early About Peanut Allergy » (LEAP). : George Du Toit, Graham Roberts, Peter H. Sayre, Marshall Plaut, Henry T. Bahnson, Herman Mitchell, Suzana Radulovic, Susan Chan, Adam Fox, Victor Turcanu, Gideon Lack, Learning Early About Peanut Allergy (LEAP) Study Team

dans The Journal of Allergy and Clinical Immunology - January 2013 (Vol. 131, Issue 1, Pages 135-143.e12, DOI : 10.1016/j.jaci.2012.09.015)

- Contexte :

  • L’allergie à l’arachide (AA) est rare dans les pays où l’arachide est introduite tôt dans le régime alimentaire des nourrissons.
  • La « Learning Early About Peanut Allergy » (LEAP) est une étude interventionnelle visant à déterminer si l’AA peut être prévenue par l’induction d’une tolérance orale.

- Objectif :

  • Nous avons cherché à caractériser une population pour dépister le risque d’AA.

- Méthodes :

  • Sujets sélectionnés pour l’étude interventionnelle LEAP comprenant la cohorte de dépistage de cette étude.
  • Les nourrissons étaient âgés de 4 à 10 mois et ont fait l’objet d’un questionnaire de présélection.

- Résultats :

  • Cette analyse inclut 834 enfants d’un âge moyen de 7,8 mois.
  • Ils ont été divisés de la façon suivante :
    • groupe I, patients atteints d’eczéma léger et sans allergie à l’œuf (n=118),
    • groupe II, patients souffrant d’eczéma sévère ou d’allergie à l’œuf, ou les deux, mais avec une réactivité des tests cutanés à l’arachide négative, papule=0 mm, (n=542),
    • groupe III, patients souffrant d’eczéma sévère ou d’allergie à l’œuf, ou les deux, et une réactivité du test cutané à l’arachide positive, papule= 1-4 mm, (n=98), et,
    • groupe IV, patients ayant une réponse au test cutané à l’arachide supérieure à 4 mm de papule (n=76).
  • De façon inattendue, nombre de sujets du groupe II (17%) présentaient une sensibilisation à l’arachide, IgE spécifiques (≥ 0,35 kU / L) ; 56% du groupe III étaient aussi sensibilisés.
  • En revanche, aucun des patients du groupe I n’avaient d’IgE spécifiques de l’arachide alors que 91% de ceux du groupe IV avaient une IgE réactivité spécifique de l’arachide.
  • La mise en évidence de l’IgE réactivité spécifique de l’arachide par les tests cutanés (réponse des TC de 1-4 mm vs 0 mm) était associée à l’allergie à l’œuf et à l’eczéma sévère (odds ratio [OR], 2,31 [IC 95%, 1,39 à 3,86] et 2,47 [IC 95%, de 1,14 à 5,34], respectivement).
  • Des associations similaires ont été observées avec les IgE spécifiques.
  • La race noire était associée à un risque significativement plus élevé d’avoir des IgE spécifiques de l’arachide (OR : 5,30 [IC 95%, 2,85 à 9,86]).
  • Paradoxalement, pour un taux d’IgE spécifique donné, la race noire avait un effet protecteur contre l’IgE réactivité cutanée (OR : 0,15 [IC 95%, de 0,04 à 0,61]).

- Conclusion :

  • L’allergie à l’œuf, l’eczéma sévère, ou les deux, semblent être des critères utiles pour identifier les nourrissons à haut risque avec un niveau moyen de sensibilisation à l’arachide pour entrer dans une étude de prévention l’allergie à l’arachide.
  • La relation entre le niveau des IgE spécifiques et la réactivité des tests cutanés doit être considérée dans le contexte de la race.

Cette étude émanant d’une équipe londonienne traite d’un sujet important pour le monde anglo-saxon (Etats-Unis, Royaume-Uni, Australie), l’allergie à l’arachide. Plus précisément, il s’agissait d’identifier les nourrissons à haut risque de cette allergie. La méthodologie paraît en grande partie obsolète du fait de l’absence de recours au diagnostic résolu par les composants allergéniques.

En effet, on a l’impression que cette étude aurait trouvé un éclairage pertinent en dosant les IgE spécifiques des différents composants moléculaires de l’arachide.

Toutefois, les auteurs ont vérifié que l’extrait lyophilisé d’arachide fourni par ALK, à l’aide du Western blot, contenait Ara h 1, Ara h 2 et Ara h 3.

Mais, ils n’ont mesuré que les IgE spécifiques de l’arachide « globale », f13.

Le but de ce travail est d’identifier le plus précisément possible les nourrissons devant faire l’objet d’une prévention de l’allergie à l’arachide et pour les inclure dans une étude de suivi.

Dans la population sélectionnée, la plupart des sujets avaient des IgE spécifiques de l’arachide.

La définition retenue de « haut risque » inclut l’allergie à l’œuf, l’eczéma sévère ou les deux.

Les auteurs indiquent que l’indicateur le plus sensible de ce risque est le taux des IgE spécifiques, mieux que la taille de la papule du test cutané chez des nourrissons âgés de 4 à 11 mois.

Nous voyons là toute l’obsolescence de ce constat comparativement au diagnostic résolu par les composants allergéniques.

Peut-être plus intéressant, chez les patients étant positifs pour les IgE et le test cutané arachide, le facteur prédictif d’un « haut risque » serait l’allergie à l’œuf et l’eczéma sévère.

Nous laisserons de côté les remarques concernant la race noire qui correspondent plus aux préoccupations de nos amis anglo-saxons.

Nous pouvons conseiller à ces chercheurs londoniens d’adjoindre un avenant à leur méthodologie, en incluant dans le bilan biologique, le dosage des IgE spécifiques d’Ara h 1, Ara h 3, Ara h 2.