ARIA modifié pour une meilleure discrimination.

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ARIA modifié pour une meilleure discrimination.

ARIA modifié pour une meilleure discrimination.

lundi 4 février 2013, par Dr Alain Thillay

Le traitement conçu par un spécialiste réduit la sévérité de la rhinite allergique. : Joaquim Mullol1,3,6,*, Joan Bartra2,3,6, Alfonso del Cuvillo4, Iñaki Izquierdo5, Rosa Muñoz-Cano2,3,6, Antonio Valero2,3,6
DOI : 10.1111/cea.12081

dans
Clinical & Experimental Allergy

- Contexte :

  • Bien que le traitement de la rhinite allergique (RA) soit maintenant bien établi, son impact sur la sévérité n’a pas encore été évalué.

- Objectif :

  • L’objectif était d’analyser l’effet d’un traitement conçu par un spécialiste sur la sévérité, les symptômes nasaux et la qualité de vie.

- Méthodes :

  • Une étude longitudinale, observationnelle, prospective, multicentrique, comportant quatre semaines de suivi a été réalisée par 141 allergologues et ORL en Espagne.
  • Les critères de sélection étaient les suivants :
    • patients adultes atteints de RA,
    • diagnostic clinique depuis au moins 2 ans,
    • score total de symptômes nasaux (TNSS) ≥ 5,
    • n’ayant pas reçu, soit des antihistaminiques dans la semaine précédente ou soit des corticoïdes par voie nasale au cours des 2 semaines précédentes.
  • La sévérité de la maladie évaluée par, à la fois la classification originale ARIA (O-ARIA) et modifiée (M-ARIA), les symptômes nasaux et la qualité de vie (ESPRINT-15), a été mesurée au début et après 4 semaines de traitement.

- Résultats :

  • Parmi les patients atteints de RA recrutés (N=707, femmes 58%), 39,3% étaient intermittents et 60,7% persistants, 40,2% souffraient d’asthme et 61,4% de conjonctivite.
  • La plupart des patients ont été traités avec des antihistaminiques de deuxième génération en monothérapie (63,2%) ou en association avec des corticostéroïdes par voie nasale (31,5%).
  • Au départ, pour ce qui concerne la classification O-ARIA, 96,9% des patients avaient une RA modérée/sévère, le M-ARIA permettait d’être discriminant entre les rhinites allergiques modérées (55,4%) et les rhinites allergiques sévères (41,5%).
  • Après 4 semaines de traitement, l’amélioration a été trouvée sur la sévérité de la maladie (p <0,0001), sur le TNSS (8,2 ± 1,8 vs 3,5 ± 2,3, p <0,0001) et sur la qualité de vie (Score global ESPRINT-15 : 3,0 ± 1,2 vs 1,1 ± 1,0, p <0,0001).

- Conclusions :

  • Le traitement conçu par un spécialiste réduit la sévérité de la rhinite allergique, évaluée pour la première fois, selon la classification M-ARIA, en plus de l’amélioration des symptômes nasaux et de la qualité de vie.

- Pertinence clinique :

  • Le traitement conçu par un spécialiste améliore la sévérité de la rhinite allergique, en plus des symptômes nasaux et de la qualité de vie.
  • Cependant, quelle que soit l’option de thérapeutique, chez certains patients, la rhinite allergique reste sévère et nécessite un suivi au long cours.

Les études montrent que la rhinite allergique atteint 5 à 50 % de la population selon la tranche d’âge ou le pays considéré. La rhinite allergique est donc une pathologie courante de la pratique médicale. Les recommandations ARIA (2001) remises à jour régulièrement ont permis une meilleure prise en charge thérapeutique. Les auteurs espagnols de cette étude se sont interrogés fort judicieusement pour savoir ce qu’apporte la prise en charge thérapeutique initiée par un spécialiste allergologue ou ORL.

L’originalité de ce travail est d’avoir recours à une nouvelle « mouture » dite modifiée de la classification ARIA permettant de mieux distinguer les rhinites modérées des rhinites sévères, ce M-ARIA a déjà été validé chez l’enfant.

Ici, M-ARIA est reconnu valable chez l’adulte.

Pour ces auteurs, le traitement de la rhinite est affaire de spécialistes, allergologues ou ORL.

Nous ne pourrons que tomber d’accord sur ce point de vue tant l’expérience de l’allergologue de terrain lui permet de constater que la rhinite est généralement traitée en dépit du moindre bon sens en médecine générale.

Il est vrai que la rhinite n’est pas ou jamais enseignée durant le cursus médical classique.

Dans la cohorte de patients adulte de cette étude, il faut noter que plus de 60% des patients sont atteints de rhinite allergique sévère et surtout que plus de 40% d’entre eux sont asthmatiques.

Cette donnée sur l’association de l’asthme et de la rhinite allergique nous rappelle que toujours et toujours les explorations fonctionnelles respiratoires doivent être obligatoirement pratiquées chez tout rhinitique.

L’étude confirme la discrimination des rhinites modérées et des rhinites sévères grâce à la version modifiée d’ARIA.

Plus de 60% des patients nécessitent un simple traitement par antihistaminique de seconde génération pour être améliorés de façon significative, 30% nécessitent l’adjonction d’un corticoïde nasal pour obtenir le même résultat ; une autre façon de faire le distinguo entre « modéré » et « sévère ».

Après 4 semaines de traitement, tous les critères d’évaluation (ARIA, qualité de vie, score symptomatique) montrent une amélioration statistiquement significative.

Enfin, les auteurs rapportent qu’il existe une frange de patients non complètement améliorés après ces 4 semaines, patients qu’il faudra suivre et dont il faudra moduler le traitement.

Ici, nous ne sommes que dans le domaine du traitement symptomatique, il serait intéressant de pratiquer pareille étude au long cours avec des patients sous immunothérapie allergénique ; il faudrait alors ajouter un score médicamenteux.