Des p’tits pricks, des p’tits pricks, toujours des p’tits pricks..mais pour quels métiers ?

vendredi 15 mars 2013 par Dr Philippe Carré588 visites

Accueil du site > Maladies > Asthme > Des p’tits pricks, des p’tits pricks, toujours des p’tits pricks..mais pour (...)

Des p’tits pricks, des p’tits pricks, toujours des p’tits pricks..mais pour quels métiers ?

Des p’tits pricks, des p’tits pricks, toujours des p’tits pricks..mais pour quels métiers ?

vendredi 15 mars 2013, par Dr Philippe Carré

Évaluation des solutions commerciales de prick-tests cutanés pour des allergènes professionnels sélectionnés. : van Kampen V, de Blay F, Folletti I, Kobierski P, Moscato G, Olivieri M, Quirce S, Sastre J, Walusiak-Skorupa J, Kotschy-Lang N, Müsken H, Mahler V, Schliemann S, Ochmann U, Sültz J, Worm M, Sander I, Zahradnik E, Brüning T, Merget R, Raulf-Heimsoth M. 

Evaluation of commercial skin prick test solutions for selected occupational allergens.

dans Allergy 2013 ; DOI : 10.1111/all.12116.

- Contexte :

  • Les prick-tests cutanés (PTC) sont une étape importante dans le diagnostic des maladies allergiques professionnelles médiées par les IgE
  • La valeur des PTC est liée à la qualité des extraits allergéniques
  • Aussi le but de cette étude était d’évaluer différentes solutions commerciales disponibles de PTC vis-à-vis d’allergènes professionnels sélectionnés.

- Méthodes :

  • Les PTC ont été réalisés chez 116 boulangers, 47 fermiers et 33 sujets exposés au latex naturel, ayant tous des symptômes allergiques liés au travail
  • Les solutions de PTC de différents fabricants (3 à 5) pour la farine de blé, la farine de seigle, le soja, les squames et les phanères de bovins, les acariens de stockage (Tyrophagus putrescentiae, Lepidoglyphus destructor, Acarus siro) et le latex, ont été analysées quant à leur contenu en protéines et en allergène
  • Les PTC ont été réalisés dans 15 centres d’allergologie de 6 pays européens, en utilisant des procédures standardisées
  • Les taux d’IgE spécifiques étaient utilisés comme « gold standard » pour calculer la sensibilité et la spécificité des solutions de PT
  • Le point de discrimination optimal pour chaque solution de PT était déterminé par l’index Youden.

- Résultats :

  • Les contenus en protéines et en antigènes ainsi que les types de solutions de PT variaient beaucoup en fonction du fabricant
  • Alors que les solutions de PTC pour la farine de blé et le soja avaient globalement des sensibilités basses, les sensibilités des autres solutions de PTC testées dépendaient du fabricant
  • De façon générale, les solutions ayant le contenu le plus élevé en protéines et en antigènes montraient des sensibilités et une efficience des tests plus grande.

- Conclusions :

  • Il existe une grande variabilité des solutions de PTC pour les allergènes professionnels, et la sensibilité de plusieurs solutions est faible
  • L’amélioration et la standardisation des solutions de PTC pour les allergènes professionnels est donc très importante.

Le diagnostic des maladies professionnelles allergiques IgE dépendantes est souvent difficile en raison de la difficulté à identifier l’agent causal ; les outils diagnostiques associent l’histoire clinique, les prick-tests cutanés (PTC), le diagnostic in vitro et parfois les tests de provocation.

La positivité des tests cutanés associée à l’existence de symptômes liés au travail sont les deux éléments principaux souvent recommandés pour la reconnaissance en maladie professionnelle. Les « guidelines » recommandent donc d’utiliser des solutions de PT standardisées.

Mais les solutions de PTC ne sont pas forcément comparables entre les différents fabricants ; les auteurs ont donc réalisé une étude multicentrique chez 196 patients exposés à des allergènes professionnels médiés par les IgE (farines, squames, acariens, latex), et présentant tous des symptômes d’asthme avec ou sans rhinite associée ; les PTC (chez tous les patients) et les tests de provocation (chez 70 patients) étaient réalisés dans chaque centre, et les dosages d’IgE spécifiques regroupés dans le même laboratoire (des valeurs de CAP ≥ à 0.35 kU/l étaient considérées comme positives).

Les PT ont été réalisés avec un panel de 3 à 5 solutions commerciales différentes en fonction de chaque allergène (30 au total), selon un protocole standardisé ; pour évaluer le point de discrimination des PT, les auteurs ont utilisé l’indice Youden, qui évalue de façon conjointe et égale la sensibilité et la spécificité, ce qui le rend indépendant de biais de sélection.

Les résultats montrent que :

  • les contenus en protéines et en antigènes des solutions de PT variaient en fonction du fabricant
  • les solutions pour la farine de blé et le soja avaient toutes des sensibilités basses
  • les solutions de latex montraient une concordance très bonne
  • les sensibilités des autres solutions d’allergènes variaient en fonction du fabricant
  • les solutions ayant le contenu le plus élevé en protéines et en antigènes montraient des sensibilités plus importantes.

Même si on peut discuter le choix des IgE spécifiques comme « gold standard » et si on ne peut exclure la variabilité des solutions entre chaque lot pour le même fabricant, ces données pourraient donc aider à la sélection des solutions de PTC les plus performantes pour le diagnostic des allergies respiratoires professionnelles ; elles montrent aussi la nécessité d’une standardisation des allergènes et d’une amélioration de la qualité des solutions de PT.