Courbe ROC et allergie au COCO : bonne prévision !

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Courbe ROC et allergie au COCO : bonne prévision !

Courbe ROC et allergie au COCO : bonne prévision !

vendredi 5 juillet 2013, par Dr Alain Thillay

L’ovomucoïde n’est pas supérieure aux tests au blanc d’œuf pour prédire la tolérance à l’œuf cuit. : Lisa M. Bartnikas, William J. Sheehan, Katherine S. Larabee, Carter Petty, Lynda C. Schneider, Wanda Phipatanakul

dans The Journal of Allergy and Clinical Immunology : In Practice - July 2013 (Vol. 1, Issue 4, Pages 354-360.e2, DOI : 10.1016/j.jaip.2013.04.002)

- Contexte :

  • Certains enfants allergiques à l’œuf peuvent tolérer l’œuf cuit.
  • Le taux des IgE spécifiques de l’ovomucoïde a été proposé comme prédictif du résultat du test de provocation à l’œuf cuit.

- Objectif :

  • Nous avons cherché à déterminer la relation entre le taux des IgE spécifiques de l’ovomucoïde, celui des IgE spécifiques du blanc d’œuf et de la taille de la papule du test cutané au blanc d’œuf avec le résultat du test de provocation à l’œuf cuit.

- Méthodes :

  • Les données d’une étude rétrospective sur 1186 patients, chez qui la mesure du taux des IgE spécifiques de l’ovomucoïde avait été effectuée, ont été analysées.
  • Une analyse de sous-ensemble a été effectuée chez 169 patients qui avaient subi un test de provocation à l’œuf cuit.

- Résultats :

  • Les IgE spécifiques du blanc d’œuf et de l’ovomucoïde et le test cutané au blanc d’œuf étaient différents parmi les enfants mangeant de l’œuf régulièrement, parmi ceux mangeant de l’œuf cuit seulement, ou, parmi ceux pratiquant l’éviction de l’œuf (P <0,001 pour tous).
  • Cent quarante-deux des 169 patients (84,0%) ont réussi le test de provocation à l’œuf cuit (pas de réaction).
  • Nous avons pu établir une valeur prédictive supérieure à 90% pour les patients ayant réussi le test de provocation à l’œuf cuit, pour les IgE spécifiques du blanc d’œuf, pour les IgE spécifiques de l’ovomucoïde et le test cutané au blanc d’œuf.
  • Aucun patient ayant une papule <3 mm n’a échoué au test de provocation à l’œuf cuit.
  • L’analyse de la courbe ROC (Receiver Operating Characteristic) concernant les IgE spécifiques du blanc d’œuf, les IgE spécifiques de l’ovomucoïde et le test cutané au blanc d’œuf a montré des aires sous la courbe de 0,721, 0,645, 0,624, respectivement.
  • Aucune différence significative n’a été observée parmi ces paramètres immunologiques dans leurs capacités à prédire le résultat du test de provocation à l’œuf cuit (P = 0,301).

- Conclusion :

  • La plupart des enfants allergiques à l’œuf ont passé le test de provocation à l’œuf cuit sans encombre.
  • Les IgE spécifiques de l’ovomucoïde, même si celles-ci restent un prédicteur utile de la tolérance clinique à l’œuf cuit, n’étaient pas supérieures aux IgE spécifiques et au test cutané du blanc d’œuf pour prédire les résultats du test de provocation à l’œuf cuit.

L’allergie à l’œuf est l’allergie alimentaire la plus fréquente chez l’enfant. Les statistiques du CICBAA rapportent que plus de 28% des cas d’allergies à l’œuf sont le fait de patients âgés de moins de 15 ans.

Deux problèmes se posent. Premièrement savoir si le sujet pourra absorber de l’œuf cuit sans réactivité. Deuxièmement, prédire l’évolution de cette allergie alimentaire avec le temps.

Ici, les auteurs américains (Boston) de ce travail, ont cherché à comparer la valeur prédictive de la non réactivité au test de provocation orale à l’œuf cuit, du test cutané, des IgE spécifiques du blanc d’œuf et de l’ovomucoïde Gal d 1.

Reprenant les données d’une étude antérieure (étude rétrospective) comptant pas moins de 1186 patients ayant tous eu une mesure des IgE spécifiques de l’ovomucoïde, les auteurs ont dégagé un sous-groupe dont la caractéristique était d’avoir subi un test de provocation orale à l’œuf cuit.

Ce sous-groupe représentait 182 jeunes patients.
Parmi eux, 169 soit 84% ne réagissaient pas lors du TPO œuf cuit.

Le recours à la courbe ROC permet d’établir le meilleur seuil entre valeurs pathologiques et valeurs normales afin d’obtenir le meilleur compromis entre sensibilité et spécificité qui varient en sens inverse.

En outre, plus l’aire sous la courbe est grande plus on se rapproche du « coude » du classificateur idéal.

Les résultats de l’aire sous la courbe sont comparables pour les trois tests, le dosage des IgE spécifiques du blanc d’œuf étant même le meilleur.
La prédiction est la même pour les trois tests diagnostiques.

Cette étude est donc suffisamment convaincante pour se contenter du test cutané et du dosage des IgE spécifiques du blanc d’œuf.

C’est en gros ce qu’Henri Malandain admettait dans son analyse (cf. www.Allerdata.com) notant que la différence de performance entre IgE spécifiques ovomucoïde et blanc d’œuf n’était pas flagrante.

Nous retiendrons donc que Gal d 1 garde surtout son intérêt pour prédire une allergie persistante à l’œuf pour des taux élevés d’IgE spécifiques.