Faut-il mieux s’occuper des asthmatiques au pif ?

mardi 1er octobre 2013 par Dr Philippe Carré364 visites

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Faut-il mieux s’occuper des asthmatiques au pif ?

Faut-il mieux s’occuper des asthmatiques au pif ?

mardi 1er octobre 2013, par Dr Philippe Carré

Dans l’asthme, la rhinosinusite chronique est un facteur prédictif négatif de la qualité de vie : résultats de l’étude de surveillance suédoise GA2LEN. : A. Ek1, R. J. M. Middelveld2,*, H. Bertilsson3, A. Bjerg4, L. Ekerljung4, A. Malinovschi5, P. Stjärne6, K. Larsson7, S.-E. Dahlén1, C. Janson8

dans Vol. 68 Issue 9
Allergy

- Contexte :

  • L’asthme et la rhino sinusite chronique (RSC) altèrent tous les deux la qualité de vie, mais l’impact sur la qualité de vie de la comorbidité entre l’asthme et la RSC est peu connu
  • Le but de cette étude était d’évaluer l’impact de la RSC et d’autres facteurs d’intérêt sur la qualité de vie des sujets asthmatiques.

- Méthodes :

  • La cohorte suédoise (17 à 76 ans) est composée de 605 sujets asthmatiques bien caractérisés, avec ou sans RSC, dont 110 avec seulement une RSC, et 225 sujets contrôles, dans le cadre de la surveillance GA2LEN (Allergie Globale et Réseau Asthmatique Européen)
  • Ont été utilisés pour l’étude le mini-questionnaire sur la Qualité de Vie dans l’Asthme (mAQLQ), le questionnaire de santé Euro Qualité de Vie (EQ-5D), la spirométrie, les prick-tests cutanés (PT), la fraction exhalée d’acide nitrique (FeNO), un test d’odorat, et les débits nasaux inspiratoires de pointe.

- Résultats :

  • Les sujets ayant à la fois de l’asthme et une RSC avaient des scores plus bas de mAQLQ dans tous les domaines (p<0.001) et une valeur plus basse de l’index EQ-5D et de l’échelle visuelle analogique EQ-5D (p<0.001) comparativement aux sujets ayant simplement un asthme
  • Les asthmatiques ayant une RSC avaient des valeurs significativement plus basses du VEMS et de la CVF (respectivement 88.4 [85.1-91.7] et 99.9 [96.7-103.0]), comparativement à ceux ayant uniquement de l’asthme (91.9 [90.3-93.4] et 104.0 [102.5-105.5] respectivement p<0.05)
  • L’analyse en régression multiple montre qu’une basse qualité de vie dans l’asthme est associée au fait d’avoir une RSC (p<0.0001), une fonction pulmonaire plus basse (p<0.008), un tabagisme courant (p=0.01), un IMC > 30 kg/m2 (p=0.04), un âge élevé (p=0.03), et des TC négatifs (p=0.04).

- Conclusions :

  • La comorbidité par une RSC était un facteur prédictif de qualité de vie négatif significatif et indépendant chez les asthmatiques
  • Les autres facteurs négatifs étaient une fonction respiratoire plus basse, un tabagisme actif, une obésité, un âge avancé, et le fait d’avoir un asthme non atopique.

On sait que les asthmatiques ont une prévalence plus élevée de RSC (11% en Europe), et que l’asthme est associé à une inflammation rhino sinusienne avec des symptômes nasaux qui altèrent la qualité de vie. Les auteurs ont étudié l’impact de la RSC et d’autres facteurs associés sur la qualité de vie de 605 sujets asthmatiques bien caractérisés à partir de l’enquête européenne GA2LEN, avec ou sans RSC, comparativement à 110 ayant une RSC isolée et 226 témoins. Des questionnaires de qualité de vie validés et des tests fonctionnels complémentaires ont été réalisés.

Les résultats montrent que :

  • les sujets ayant à la fois de l’asthme et une RSC avaient, par rapport aux sujets ayant simplement de l’asthme :
    • des scores de qualité de vie plus bas
    • des valeurs plus basses de fonction respiratoire
  • une qualité de vie plus basse dans l’asthme est associée de façon significative à une RSC, mais aussi à une fonction pulmonaire plus basse, un tabagisme actif, un IMC > 30 kg/m2, un âge élevé, et des TC négatifs.

Le fait d’avoir une RSC est un facteur prédictif négatif de qualité de vie dans l’asthme ; ceci pourrait être lié à une mauvaise qualité de sommeil en raison du blocage nasal. Par ailleurs, un tiers des sujets ayant de l’asthme et une RSC étaient non atopiques, ce qui confirme des données antérieures quant à une meilleure qualité de vie chez les asthmatiques atopiques

Ainsi les patients avec une RSC semblent constituer un sous-groupe cliniquement hétérogène, et le phénotype inflammatoire semble influencer la qualité de vie. Plusieurs des facteurs qui sont associés à l’existence d’une RSC peuvent être pris en charge et modifiés (tabagisme, obésité…), et devraient être pris en compte dans la discussion sur la qualité de vie chez l’asthmatique. D’un point de vue thérapeutique, l’existence d’une atteinte des voies aériennes supérieures doit être recherchée et traitée chez les patients asthmatiques.