Rhinite allergique et non allergique : on éternue pareillement !

mercredi 27 novembre 2013 par Dr Alain Thillay1052 visites

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Rhinite allergique et non allergique : on éternue pareillement !

Rhinite allergique et non allergique : on éternue pareillement !

mercredi 27 novembre 2013, par Dr Alain Thillay

L’hyperréactivité nasale est une caractéristique commune à la rhinite allergique et à la rhinite non allergique. : Segboer CL, Holland CT, Reinartz SM, Terreehorst I, Gevorgyan A, Hellings PW, van Drunen CM, Fokkens WJ. Nasal hyper-reactivity is a common feature in both allergic and nonallergic rhinitis.

dans Allergy 2013 ; 68 : 1427–1434.

- Contexte :

  • L’hyperréactivité nasale est une sensibilité accrue de la muqueuse nasale à divers stimuli non spécifiques.
  • La rhinite allergique (RA) et la rhinite non allergique (RNA) peuvent provoquer des symptômes d’hyperréactivité nasale.
  • Des différences de prévalence ou du type d’hyperréactivité nasale chez les patients atteints de RA ou de RNA sont largement inconnues.

- Objectif :

  • Dans cette étude, nous avons évalué quantitativement et qualitativement l’hyperréactivité nasale dans la RA et la RNA.

- Méthodes :

  • Dans la première partie, une analyse prospective de données a été effectuée pour révéler les symptômes d’hyperréactivité nasale rapportés par les patients.
  • Dans la deuxième partie, un test de provocation par air froid sec a été réalisé afin de mesurer l’hyperréactivité nasale chez des patients atteints de rhinite allergique ou de rhinite non allergique et chez des sujets contrôles sains.
  • De plus, nous avons mesuré le score symptomatique, les sécrétions nasales et le débit de pointe inspiratoire nasal.
  • Des comparaisons ont été faites entre patients atteints de RA et les patients atteints de RNA dans les deux études.

- Résultats :

  • L’analyse de la base de données a révélé une prévalence élevée d’hyperréactivité nasale tant dans la RA (63,4 %) que dans la RNA (66,9%).
  • Il n’y avait pas de différences entre RA et RNA en termes de nombre ou de type de stimuli d’hyperréactivité.
  • L’hyperréactivité aux stimuli physiques n’exclut pas une réponse à des stimuli chimiques, ou vice versa.
  • Le test provocation nasale à l’air froid sec a entraîné une augmentation significative des symptômes de la rhinite et de la quantité de sécrétions nasales chez les patients souffrant d’une RA ou d’une RNA, mais pas chez les sujets contrôles.

- Conclusions :

  • Nous n’avons pas trouvé de différences quantitatives ou qualitatives de l’hyperréactivité nasale dans la rhinite allergique et la rhinite non allergique.
  • Il n’est pas possible de différencier des sous-populations de rhinitiques non allergiques basées sur des stimuli physiques ou chimiques.

Les rhinites allergiques et non allergiques partagent un grand cortège de symptômes. Toutefois, il n’est pas établi de façon précise s’il existe des différences symptomatiques. Si c’était le cas cela permettrait de pouvoir déjà faire le distinguo dès le recueil des éléments anamnestiques.

Cet article a été écrit par deux équipes d’ORL, l’une belge, l’autre hollandaise.

Les auteurs ont cherché à révéler une différence qualitative et quantitative de l’hyperréactivité nasale dans la rhinite allergique et la rhinite non allergique.

La première étude prospective concernant les symptômes d’hyperréactivité nasale montre une prévalence comparable, autour de 65%, dans les deux groupes, RA et RNA.

La seconde partie de l’étude consistait à pratiquer un test de provocation nasal à l’air froid sec, là aussi pas de différence entre les deux types de rhinite, il en est de même pour les sécrétions nasales et pour les différents types de stimuli, physiques ou chimiques.

On peut conclure que, quelle que soit l’étiologie de l’inflammation nasale, allergique ou non, celle-ci est génératrice d’hyperréactivité nasale non spécifique.

Nous retrouvons le même phénomène avec l’hyperréactivité bronchique.