IgE cherche peptide pour liaison spécifique et plus si affinité.

mercredi 12 février 2014 par Dr Céline Palussière476 visites

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IgE cherche peptide pour liaison spécifique et plus si affinité.

IgE cherche peptide pour liaison spécifique et plus si affinité.

mercredi 12 février 2014, par Dr Céline Palussière

IgE humaines vis à vis de l’allergène majeur Bet v 1 – définition d’un épitope avec réactivité croisée limitée entre les différentes familles de PR-10. : M. Levin, A. M. Davies, M. Lilljekvist, F. Carlsson, H. J. Gould, B. J. Sutton and M. Ohlin,

dans Clinical & Experimental Allergy, 2014 (44) 288–299.

- Contexte :

  • L’interaction entre l’IgE et l’allergène est un événement clé à l’initiation de la réponse allergique, et ses caractéristiques ont des effets substantiels sur les manifestations cliniques.
  • Malgré tout, les détails au niveau moléculaire de l’interaction entre l’IgE humaine et l’allergène majeur du pollen de bouleau, Bet v 1, un des allergènes de pollen d’arbre les plus puissants, demeurent encore peu étudiés.

- Objectifs :

  • Il s’agissait d’isoler les IgE monoclonales spécifiques de Bet v 1 et de caractériser leur interaction avec l’allergène.

- Méthodes :

  • Des IgE humaines de recombinaison ont été isolées d’une librairie de combinaisons de fragments d’anticorps, et leur interaction avec Bet v 1 a été évaluée grâce à divers tests immunologiques.
  • La structure d’une de ces IgE à l’échelle d’un fragment variable à une seule chaîne a été déterminée par cristallographie à rayons X.

- Résultats :

  • Nous présentons quatre nouvelles IgE spécifiques de Bet v 1, et pour l’une d’entre elles nous avons établi sa structure, et toutes trouvent leur origine génétique dans la lignée génique IGHV5.
  • Nous démontrons que ces IgE ciblent deux épitopes non chevauchants à la surface de Bet v 1, ce qui établit les critères de base pour la liaison croisée avec FcER1.
  • Nous avons ensuite défini ces épitopes, et pour un épitope nous avons exactement identifié les résidus d’acides aminés importants pour son interaction avec l’IgE humaine.
  • Ceci permet de fournir une explication potentielle, au niveau moléculaire, pour les différences observées dans la reconnaissance des isoformes de Bet v 1 et les autres allergènes de la famille PR-10, en raison de l’épitope ciblé par les IgE.
  • Enfin, nous présentons la première structure haute résolution d’un fragment d’IgE spécifique d’un allergène dans le format du fragment simple de la chaîne variable (scFv).

- Conclusion et pertinence clinique :

  • Nous mettons ici en évidence l’utilité des IgE monoclonales humaines spécifiques d’un allergène, comme outil utile pour la cruciale interaction ayant lieu dans l’initiation de la réponse allergique.
  • De telles études pourraient nous aider dans le développement de meilleurs outils diagnostiques et nous guider dans le développement de nouveaux composants thérapeutiques.

Réaction croisée pollen de bouleau-pomme, classique. Oui, mais parfois, c’est bouleau-pêche, ou bien bouleau-carotte... cela dépend des patients. Pourquoi certains allergiques au pollen de bouleau réagissent-ils avec tous les fruits, et d’autres à certains uniquement ?

La réponse à cette question clinique est en partie apportée par cet article d’immunologie, où les auteurs ont étudié l’interaction initiale entre l’allergène et l’IgE.

Ou plutôt entre un épitope et le fragment variable de la chaîne lourde de l’IgE.

Du côté de l’allergène, il faut savoir que Bet v 1 possède 18 isoallergènes et isoformes recensées par l’IUIS. Les épitopes ont été définis, et pour l’un d’entre eux, le focus a été porté sur la portion peptidique responsable de la liaison avec l’IgE.

Du côté de l’anticorps, les gènes codant pour les chaînes lourdes variables les plus souvent impliquées dans la réaction allergique sont le plus souvent issues de la lignée génique IGHV5.

Les auteurs ont procédé au séquençage des gènes codant pour les fragments d’IgE, à la détermination des isoformes de Bet v 1, à la définition de fragments épitopiques non chevauchants , puis ont effectué une analyse en cristallographie de l’interaction IgE-allergène.

L’utilisation de ces anticorps monoclonaux a ainsi permis d’isoler 4 nouveaux fragments d’IgE spécifiques de Bet v 1 ainsi que deux peptides représentant les épitopes ciblés par une des deux paires d’IgE.

Certains résidus d’acides aminés se montrent cruciaux pour établir l’interaction avec l’IgE, et ceci pourrait expliquer l’impossibilité pour certains clones d’IgE à se lier avec ces isoformes.

L’intérêt de ces recherches est triple : fondamental, diagnostique, et vraisemblablement thérapeutique, dans l’ouverture aux progrès des nouveaux vaccins hypoallergéniques.