Augmenter les LTA, les LABA, les CI : faut avoir un bon QI !

mercredi 26 février 2014 par Dr Philippe Carré694 visites

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Augmenter les LTA, les LABA, les CI : faut avoir un bon QI !

Augmenter les LTA, les LABA, les CI : faut avoir un bon QI !

mercredi 26 février 2014, par Dr Philippe Carré

Facteurs prédictifs du contrôle du l’asthme et de la réactivité de la fonction respiratoire à la phase 3 du traitement chez des enfants avec un asthme non contrôlé. : Nathan Rabinovitch, David T. Mauger, Nichole Reisdorph, Ronina Covar, Jonathan Malka, Robert F. Lemanske, Wayne J. Morgan, Theresa W. Guilbert, Robert S. Zeiger, Leonard B. Bacharier, Stanley J. Szefler

dans The Journal of Allergy and Clinical Immunology - February 2014 (Vol. 133, Issue 2, Pages 350-356, DOI : 10.1016/j.jaci.2013.07.039)

- Contexte :

  • Les facteurs prédictifs d’amélioration du contrôle de l’asthme et de la fonction respiratoire à la phase 3 du traitement chez des enfants avec un asthme persistant n’ont pas été identifiés, malgré qu’ait été rapportée une hétérogénéité de la réaction.

- Objectif :

  • Evaluer les facteurs prédictifs potentiels du contrôle de l’asthme et de la réponse fonctionnelle respiratoire à la phase 3 du traitement.

- Méthodes :

  • Une analyse post-hoc de l’étude BADGER (évaluant le meilleur traitement additionnel donnant une réponse efficace) a testé l’association entre les marqueurs biologiques, les marqueurs du contrôle de l’asthme, de la fonction pulmonaire et des données démographiques à l’état basal, et la réaction à l’augmentation du traitement par une dose plus élevée de corticoïdes inhalés (CI), par l’addition d’antagonistes des récepteurs des leucotriènes (LTA) ou par l’addition de β2-agonistes de longue action (LABA).

- Résultats :

  • En analyses multivariées, l’aire plus élevée de la réactance oscillométrique impulsée était associée (p=0.048) à une réponse du VEMS en faveur des LABA par rapport à une augmentation des CI, alors que des taux plus élevés de leucotriènes urinaires E4 étaient reliés de façon marginale (p=0.53) à une réponse du VEMS en faveur des LTA par rapport à l’augmentation des LABA
  • Les facteurs prédictifs de réponses différentes entre l’augmentation des CI et l’ajout de LTA n’étaient pas apparents, probablement à cause de la suppression des marqueurs d’allergie par les CI
  • Un overlap minimal a été mis en évidence entre le VEMS et les facteurs prédictifs du contrôle quotidien, ce qui suggère qu’il y a des mécanismes distincts reliant la fonction respiratoire et les réponses quotidiennes du contrôle de l’asthme.

- Conclusions :

  • Les niveaux de l’aire de la réactance oscillométrique, témoignant d’une obstruction périphérique des voies aériennes, et les taux de leucotriène E4 urinaire, témoignant d’une inflammation à leucotriènes, peuvent différencier les réponses à l’augmentation des LTA ou des CI
  • Des études complémentaires sont nécessaires pour relier ces phénotypes à des marqueurs biologiques, physiologiques et génétiques, de façon à prédire les réponses individuelles à l’augmentation des doses de LABA.

Il ya actuellement beaucoup d’études essayant de relier les différences de phénotypes de l’asthme à des réponses cliniques spécifiques, à partir de marqueurs multiples : démographiques, cliniques, fonctionnels, physiologiques…

Les auteurs concluent que les facteurs prédictifs de la monothérapie par CI ou LTA à la phase 2 du consensus de traitement de l’asthme n’étaient pas prédictifs de réponses différentes à l’augmentation des CI ou des LTA à la phase 3, et qu’en fait aucune association différentielle significative à des facteurs prédictifs n’a été mise en évidence pour ces deux médicaments en analyse multivariée.

Cependant, les auteurs ont observé une association différentielle avec le traitement par LABA, en faveur d’une meilleure réponse des LABA par rapport à l’augmentation des CI.

Cette analyse utilisait une approche exploratoire largement statistique, et les facteurs prédictifs d’une réponse différente rapportés ici nécessitent une validation par d’autres études avec des données plus larges ; étant donné l’hétérogénéité des phénotypes d’asthme, il est probable que des combinaisons de facteurs prédictifs soient nécessaires pour couvrir tous les groupes différents de répondeurs. D’ici là, les décisions cliniques devront continuer à être basées sur la probable meilleure réponse thérapeutique à l’augmentation du traitement par LABA, en sachant que certains enfants répondent mieux à l’augmentation des CI ou des LTA, et que le challenge est d’identifier ce groupe d’enfants répondeurs par des marqueurs prédictifs efficaces.