L’allergologie, c’est devenu une cuisine…moléculaire, c’est fin et affiné.

jeudi 6 mars 2014 par Dr Philippe Carré658 visites

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L’allergologie, c’est devenu une cuisine…moléculaire, c’est fin et affiné.

L’allergologie, c’est devenu une cuisine…moléculaire, c’est fin et affiné.

jeudi 6 mars 2014, par Dr Philippe Carré

Asthme sévère de l’enfance et allergie aux animaux à poils : évaluation affinée par le diagnostic allergologique moléculaire. : Konradsen JR, Nordlund B, Onell A, Borres MP, Grönlund H, Hedlin G. Severe childhood asthma and allergy to furry animals : Refined assessment using molecular-based allergy diagnostics.

dans Pediatr Allergy Immunol 2014:00.

- Contexte :

  • L’allergie au chat et au chien et la polysensibilisation à ces animaux sont associées à l’asthme sévère de l’enfance
  • Le diagnostic allergologique moléculaire offre de nouvelles opportunités pour l’amélioration de sa caractérisation et a été suggéré comme étant particulièrement utile chez les patients avec une polysensibilisation et/ou un asthme sévère.

- Objectif :

  • Le but de l’étude était d’utiliser des diagnostics allergologiques à partir d’extraits ou de composants moléculaires, pour comparer les types de sensibilisation à IgE vis-à-vis de ces allergènes chez des enfants ayant un asthme sévère difficile et un asthme contrôlé.

- Méthodes :

  • Les enfants avec un ImmunoCap positif pour des animaux à poils (chat, chien ou cheval) ont été recrutés à partir d’une étude nationale suédoise sur l’asthme sévère de l’enfant
  • Des sujets asthmatiques sévères (n=37, âgés de 13 ans) et contrôlés (n=28, âgés de 14 ans) ont eu une évaluation de leur sensibilisation allergique par ImmunoCap (kUA/l) et par puce allergénique en phase immuno-solide (ISAC)
  • De plus, un Test de Contrôle de l’Asthme (TCA), une spiromètrie et un test de provocation à la métacholine ont été réalisés.

- Résultats :

  • Les enfants avec un asthme sévère avaient un contrôle de l’asthme et un VEMS plus bas (p<0.001) et une hyperréactivité bronchique plus grande (p=0.008) malgré de hautes doses de corticoïdes inhalés (≤ 800 µg de budésonide)
  • Les enfants avec un asthme sévère avaient des taux plus élevés d’IgE vis-à-vis du chat (17 vs 3.9, p=0.027), du chien (3.8 vs 1.2, p=0.012) et du cheval (7.4 vs 0.7, p=0.014)
  • La sensibilisation vis-à-vis de Can f 2 (22% vs 0%, p=0.009) et de Equ c 1 (51% vs 25%, p=0.03) était plus fréquente dans l’asthme sévère
  • Les taux d’IgE vis-à-vis de Equ c1 étaient corrélés au contrôle de l’asthme (r=-0.41, p=0.04).

- Conclusions :

  • Les enfants avec un asthme allergique sévère avaient des taux d’IgEs plus élevés pour le chat, le chien et le cheval
  • Le diagnostic allergologique moléculaire montrait une palette moléculaire plus complexe des composants allergéniques chez les enfants avec la maladie la plus sévère.

Les auteurs ont investigué 65 enfants âgés de 12 à 13 ans et allergiques aux animaux à poils, en comparant les types de sensibilisation aux pneumallergènes en fonction de la gravité de leur asthme (asthme sévère et asthme contrôlé).

Les méthodes diagnostiques utilisées étaient soit des extraits allergéniques, soit des techniques d’allergologie moléculaire, et les résultats interprétés en fonction de la présentation clinique.

Les résultats montrent que :

  • les enfants avec un asthme sévère ont des taux d’IgE plus élevés au chat, au chien et au cheval par rapport à ceux ayant un asthme contrôlé
  • ils ont plus souvent une triple sensibilisation aux animaux à poils
  • la multi sensibilisation à la lipocaline est plus fréquente en cas d’asthme sévère
  • la sensibilisation à Equ c 1 (lipocaline et allergène majeur du cheval) est associée à un asthme plus sévère
  • la relevance clinique est donc que des taux élevés d’IgE et une multi sensibilisation aux animaux à poils sont plus fréquents en cas d’asthme sévère, et les lipocalines semblent être associées à cette sévérité.

Les lipocalines représentent plus de 50% des allergènes identifiés chez les animaux à poils ; c’est un groupe de protéines qui sont impliquées comme protéine ligand de transport, qui ont une activité enzymatique et/ou qui participent à l’homéostasie cellulaire. Il est probable que la multi sensibilisation aux lipocalines n’est pas responsable de la sévérité de la maladie en tant que telle, mais est plutôt le marqueur d’une exposition intense conduisant à la multi sensibilisation et à la sévérité de la maladie, phénomène rapporté à une diffusion moléculaire.

Il apparaît donc que des taux plus élevés d’IgE aux animaux à poils, et une diffusion plus complexe des composants allergéniques moléculaires à ces animaux, sont observés chez les enfants ayant la maladie allergique la plus sévère ; le diagnostic moléculaire permet donc d’affiner le niveau de sévérité d’asthme de ces enfants.