Dis-moi si tu siffles, je te dirai qui tu seras plus tard !

mardi 20 mai 2014 par Dr Philippe Carré275 visites

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Dis-moi si tu siffles, je te dirai qui tu seras plus tard !

Dis-moi si tu siffles, je te dirai qui tu seras plus tard !

mardi 20 mai 2014, par Dr Philippe Carré

Sifflements de l’enfant, comorbidités et asthme à l’âge scolaire. : Neuman Å, Bergström A, Gustafsson P, Thunqvist P, Andersson N, Nordvall L, Kull I, Wickman M. Infant wheeze, comorbidities and school age asthma.

dans Pediatr Allergy Immunol 2014 : 00.

- Contexte :

  • Des facteurs associés à un début précoce des sifflements ont été décrits, mais il y a peu de connaissances sur le fait de savoir lesquels de ces enfants siffleurs développeront de l’asthme à l’âge scolaire
  • Le but de cette étude était d’identifier les facteurs de risque cliniques d’asthme chez les enfants âgés de 8 ans qui avaient des sifflements dans l’enfance, à partir d’une étude de population.

- Méthodes :

  • 3251 enfants d’une cohorte de population, suivis de façon prospective de l’enfance jusqu’à l’âge de 8 ans, ont été inclus dans l’étude
  • Les données étaient interprétées en utilisant une analyse en régression logistique multivariée.

- Résultats :

  • Les parents rapportaient des épisodes de sifflements avant l‘âge de 2 ans chez 823 enfants (25%)
  • Les enfants siffleurs avaient un risque d’asthme presque 4 fois plus élevé à l’âge de 8 ans (OR ajusté(ORa) 3.68, IC à 95% 2.74-4.96), équivalent à une prévalence d’asthme de 14% comparativement à 4% chez les non-siffleurs (p<0 .001)
  • Après ajustements pour le sexe, l’exposition à la fumée de tabac et l’exposition intérieure aux moisissures, l’hérédité allergique (ORa 1.53, IC à 95% 1.02-2.30), l’augmentation de la fréquence des sifflements (ORa 3.41, IC à 95% 2.09-5.56 pour les enfants avec au moins 3 épisodes par comparaison à ceux ayant au plus 2 épisodes pendant les deux premières années de la vie), l’eczéma infantile (ORa 2.31, IC à 95% 5.42-3.49), et les douleurs abdominales récurrentes (ORa 2.33 ; IC à 95% 1.30-4.16) restaient des facteurs de risque d’asthme à l’âge scolaire dans le groupe des enfants siffleurs.

- Conclusions :

  • Parmi les enfants siffleurs, l’hérédité allergique, l’augmentation de sévérité des sifflements, l’eczéma infantile et les douleurs abdominales répétées étaient des facteurs de risque indépendants d’asthme à l’âge de 8 ans
  • Parmi les enfants ayant 3 ou 4 de ces facteurs de risque, 38% avaient de l’asthme à l’âge scolaire.

Dans cette large étude de cohorte de population incluant 3251 enfants suédois qui ont été suivis de façon prospective de l’enfance jusqu’à l’âge de 8 ans :

  • 25% avaient des sifflements avant l’âge de 2 ans
  • leur risque d’asthme à 8 ans était 4 fois plus grand que les enfants non siffleurs
  • 4 facteurs de risque cliniques indépendants d’asthme ont été observés : l’hérédité, la sévérité des sifflements, l’eczéma et les douleurs abdominales récurrentes
  • avec au moins 3 facteurs de risque, 38% des enfants avaient de l’asthme à 8 ans contre 7% en l’absence de tout facteur de risque.

Cette étude confirme des données antérieures concernant le lien entre sifflements et asthme plus tardif ; toutes ces études confirment par ailleurs la fréquence plus grande des sifflements chez les garçons ; par contre, cette étude-ci n’a pas montré de différence de sexe liée à la progression de l’asthme.

L’hérédité, la sévérité des sifflements et l’eczéma sont des facteurs de risque d’asthme déjà notés dans des études précédentes, ainsi d’ailleurs que la rhinite, mais qui n’a pas été retrouvée dans cette étude.

Par contre les douleurs abdominales récurrentes n’ont été que rarement observées dans d’autres études, peut-être par manque de données recueillies. Les auteurs ont à priori éliminé une allergie alimentaire ; y a-t-il d’autres facteurs éventuels ? Les auteurs ont évoqué un éventuel RGO, puisque l’on sait que RGO et douleurs abdominales sont associées, et que par ailleurs qu’il y a une plus grande prévalence de RGO chez les enfants asthmatiques, mais les données sont manquantes dans cette étude pour pouvoir répondre à la question.