Mais que se passe-t-il, avec le cobalt ?

mercredi 19 novembre 2014 par Dr Céline Palussière3674 visites

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Mais que se passe-t-il, avec le  cobalt ?

Mais que se passe-t-il, avec le cobalt ?

mercredi 19 novembre 2014, par Dr Céline Palussière

Sensibilisation de contact au cobalt – analyse multifactorielle des facteurs de risque basée sur les données à long terme du Réseau d’Information de services de dermatologie. : Uter, W., Gefeller, O., Geier, J. and Schnuch, A. (2014),

Contact sensitization to cobalt – multifactorial analysis of risk factors based on long-term data of the Information Network of Departments of Dermatology.

dans Contact Dermatitis, 71 : 326–337. doi : 10.1111/cod.12284

- Contexte :

  • La sensibilisation au cobalt chez des patients testés consécutivement est fréquente.
  • Les sources d’exposition, ainsi que la pertinence clinique, sont la plupart du temps obscures.

- Objectif :

  • Il s’agissait d’examiner
    • les tendances à long terme de cette sensibilisation
    • les facteurs de risques pouvant être rattachés à des expositions pertinentes
    • l’association possible avec la sensibilisation au nickel

- Méthodes :

  • Les données de tous les patients testés par patch avec le chlorure de cobalt hexahydraté (1%pet) entre 1992 et 2012 (n=185 050) du Réseau d’Information des services de dermatologie (IVDK, www.ivkd.org ) ont été soumises à une analyse descriptive stratifiée et une analyse de régression de Poisson.

- Résultats :

  • La prévalence totale des réactions positives aux patch-tests était de 5,23% ( Intervalle de confiance 95% : 5.13–5.33%).
  • En ce qui concerne les tendances dans le temps, il existe une augmentation significative pour les hommes âgés de 18 à 44 ans et pour les femmes de moins de 45 ans, et une variation significative des co-réactivités avec les Nickel au fil du temps.
  • Le sexe féminin double quasiment le risque de sensibilisation ; l’âge supérieur à 45 ans est associé à une diminution de 30% du risque de réaction positive au patch-tests au cobalt, et l’eczéma atopique est associé à un risque augmenté approximativement de 20%.

- Conclusion :

  • Malgré quelques difficultés diagnostiques dans la préparation du test, une proportion notable et persistante de sensibilisation au Nickel, isolée ou associée à une allergie au Nickel, peut être observée.
  • Ceci justifie de nouvelles recherches approfondies en ce qui concerne les expositions responsables, tant au niveau professionnel que domestique.

Au cours de bilan d’eczéma, avec pose de patch-tests, les réactions positives pour le Cobalt ne sont pas rares, le plus souvent associées à des sensibilisations au Nickel ou au Chrome.

Ce travail intéressant s’est posé la question de l’exposition possible des patients à ce métal ou à ses sels, qui pourrait être responsable de la sensibilisation.

Une analyse des données issues d’un réseau de dermatologie établi en Allemagne a permis de collecter les résultats de plus de 185 000 sujets testés par patch-tests en 10 ans. Cette base de données gigantesque permet donc une analyse statistique puissante.

Les résultats donnés montrent une prévalence non négligeable de tests positifs pour le Cobalt, près de 5%, avec une augmentation au fil du temps, en particulier chez les hommes et chez les femmes jeunes.

L’article ne répond finalement pas à la question de l’origine possible de la sensibilisation, qui ne peut en fait qu’être soupçonnée et non prouvée.

Le Cobalt est présent dans les pigments bleutés utilisés en cosmétique, dans les peintures et vernis. On en trouve aussi dans certains ciments, dans des huiles de coupe, des détergents... L’exposition peut donc exister en milieu professionnel mais aussi domestique. Il est le plus souvent difficile de déterminer avec un patient en particulier quelle a pu être la source de sa sensibilisation.

Cet article n’apporte donc pas beaucoup de réponses en ce qui concerne le cobalt. Il permet toutefois de souligner l’intérêt des Réseaux de surveillance, des collectes de données, qui colligent les différentes observations faites en divers services hospitalier ou cabinets médicaux. En allergologie, les réseaux d’allergo-vigilance au niveau alimentaire et cosmétique permettent d’identifier des allergènes émergents, d’analyser les tendances en termes statistiques, et d’améliorer la sécurité des patients.

Vos commentaires

  • Le 6 février 2017 à 13:37, par RIBEIRO THIERRY En réponse à : Mais que se passe-t-il, avec le cobalt ?

    bonjour , depuis près d un an , j ai des plaques rouges de formes variés qui sont apparues sur mon ventre , puis au fil des mois sur les cotes , sur les bras et maintenant sur les jambes
    J ai vu 2 dermatologues , me prescrivant cremes hydratantes , autre a base de cortisone et meme une contre champignons , mais aucune amélioration
    J ai fait une batterie de test chez un allergologue qui m a trouvé une réaction au cobalt
    je n ai aucune demangeaison sur ces plaques je précise
    je me suis renseigné auprès de mon dentiste qui m a bien précisé que mes couronnes en contenaient , mais aucun risque recouvert d un composite , et la réaction aurait été buccal ;J ai pensé a une contamination par la salive
    J ai changé de lessive , peut etre les vetements mais toujours rien
    J ai pensé aussi aux aliments a eviter mais aucune amélioration
    Au niveau de mon travail , aucun risque , je suis sans emploi depuis des mois
    Si quelqu un avait connu le meme souci , merci de m apporter votre expérience
    cordialement

  • Le 6 février 2017 à 13:51, par RIBEIRO THIERRY En réponse à : Mais que se passe-t-il, avec le cobalt ?

    bonjour , depuis près d un an , j ai des plaques rouges de formes variés qui sont apparues sur mon ventre , puis au fil des mois sur les cotes , sur les bras et maintenant sur les jambes
    J ai vu 2 dermatologues , me prescrivant cremes hydratantes , autre a base de cortisone et meme une contre champignons , mais aucune amélioration
    J ai fait une batterie de test chez un allergologue qui m a trouvé une réaction au cobalt
    je n ai aucune demangeaison sur ces plaques je précise
    je me suis renseigné auprès de mon dentiste qui m a bien précisé que mes couronnes en contenaient , mais aucun risque recouvert d un composite , et la réaction aurait été buccal ;J ai pensé a une contamination par la salive
    J ai changé de lessive , peut etre les vetements mais toujours rien
    J ai pensé aussi aux aliments a eviter mais aucune amélioration
    Au niveau de mon travail , aucun risque , je suis sans emploi depuis des mois
    Si quelqu un avait connu le meme souci , merci de m apporter votre expérience
    cordialement