Les endotoxines ne sont pas sans gène. Attention à vous les asthmatiques !

mardi 6 janvier 2015 par Dr Philippe Carré379 visites

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Les endotoxines ne sont pas sans gène. Attention à vous les asthmatiques !

Les endotoxines ne sont pas sans gène. Attention à vous les asthmatiques !

mardi 6 janvier 2015, par Dr Philippe Carré

Variants génétiques dans la voie de signalisation des endotoxines, l’exposition aux endotoxines domestiques et les exacerbations d’asthme. : Kljaic-Bukvic B, Blekic M, Aberle N, Curtin JA, Hankinson J, Semic-Jusufagic A, Belgrave D, Simpson A, Custovic A.

Genetic variants in endotoxin signalling pathway, domestic endotoxin exposure and asthma exacerbations.

dans Pediatr Allergy Immunol 2014 : 25 : 552–557.

- Contexte :

  • Les auteurs ont étudié l’interaction entre les variants génétiques dans la voie de signalisation des endotoxines et l’exposition aux endotoxines domestiques en relation avec l’existence d’un asthme,
  • et parmi les enfants asthmatiques ils ont étudié l’association de ces variants génétiques et de l’exposition aux endotoxines avec les admissions à l’hôpital pour des exacerbations d’asthme.

- Méthodes :

  • Dans une étude cas-contrôles, les auteurs ont analysé les données de 824 enfants (417 asthmatiques, 407 contrôles, âgés de 5 à 18 ans)
  • Parmi les asthmatiques, les données d’hospitalisation pour une exacerbation d’asthme ont été extraites des dossiers médicaux
  • L’exposition aux endotoxines était mesurée dans des échantillons de poussière recueillis au domicile
  • 26 polymorphismes de nucléotides simples (PNS) ont été inclus dans l’analyse finale (5 CD14, 7 LY96, et 14 TLR4).

- Résultats :

  • Deux variants restaient significativement associés aux admissions à l’hôpital pour exacerbations d’asthme après correction pour tests multiples : pour le PNS CD14 rs5744455, les porteurs de l’allèle T avaient un risque diminué d’admissions répétées à l’hôpital par comparaison aux homozygotes pour l’allèle C [OR(IC à 95%), 0.42 (0.25-0.88), p=0.01, estimation du taux d’erreur (ETE) p=0.02] ; pour le PNS LY96 rs17226566, les porteurs de l’allèle C étaient à moindre risque d’admission à l’hôpital en comparaison avec les homozygotes pour l’allèle T [0.59 (0.38-0.90), p=0.01, ETE p=0.04]
  • Il a été observé deux interactions entre les PNS CD14 et LY96 avec l’exposition environnementale aux endotoxines, en relation avec les admissions à l’hôpital pour exacerbations d’asthme, qui restaient significatives après correction pout tests multiples (PNS CD14 rs2915863 et PNS LY96 rs17226566).

- Conclusions :

  • Parmi les enfants asthmatiques, des variants génétiques de CD14 et LY96 peuvent augmenter le risque d’admissions à l’hôpital pour exacerbations aigues d’asthme
  • Les polymorphismes dans la voie des endotoxines interagissent avec l’exposition aux endotoxines domestiques dans la modification ultérieure du risque d’hospitalisation.

L’expression des maladies allergiques est influencée par l’interaction entre les gènes et les expositions environnementales, dont un des indicateurs les plus fiables est l’exposition aux endotoxines (LPS). En contraste avec leur rôle protecteur dans le développement du phénotype allergique, l’inhalation d’endotoxines peut être délétère chez les asthmatiques.

A la surface de la membrane cellulaire, les LPS se lient au complexe MD2 (CD14/TLR4/LY96), ce qui résulte dans l’expression de gènes inflammatoires et la production de cytokines inflammatoires Th1.

L’interaction entre les polymorphismes du gène CD14 et l’exposition environnementale aux endotoxines est une des interactions gène/environnement la plus reproductible dans le développement de l’atopie. L’interaction avec les autres gènes est incertaine, et les auteurs ont étudié les interactions entre les polymorphismes de ces trois gènes (CD14/TLR4/LY96) et l’exposition aux endotoxines, en relation avec l’asthme, dans une étude cas-contrôles chez 824 enfants dont 417 asthmatiques.

Cette étude démontre un effet significatif des polymorphismes de CD14 et LY96 des enfants asthmatiques sur le taux d’admission à l’hôpital pour exacerbations aigues d’asthme (risque diminué pour les porteurs de l’allèle T du PNS CD14 et de l’allèle C du PNS LY96).

Chez les enfants asthmatiques, il y avait aussi une interaction significative entre les variants dans la voie des endotoxines et l’exposition aux endotoxines pour ce qui est des admissions répétées à l’hôpital.

Des interactions complexes entre l’exposition aux endotoxines et des variants dans les gènes de la voie de signalisation des endotoxines modifient le risque d’asthme. Le polymorphisme de la voie des endotoxines interagit avec leur exposition et modifie le risque ultérieur d’hospitalisation.

Ces données pourraient faciliter un repérage spécifique des individus susceptibles, de façon à réduire le risque des exacerbations d’asthme en mettant en place des stratégies visant à réduire l’exposition personnelle aux endotoxines (dans le milieu professionnel notamment).