Faites des bébés, mais en été !

mercredi 18 novembre 2015 par Dr Céline Palussière761 visites

Accueil du site > Maladies > Atopie > Faites des bébés, mais en été !

Faites des bébés, mais en été !

Faites des bébés, mais en été !

mercredi 18 novembre 2015, par Dr Céline Palussière

Relations entre la saison de naissance et l’apparition précoce d’allergies alimentaire chez l’enfant. : Tanaka K, Matsui T, Sato A, Sasaki K, Nakata J, Nakagawa T, Sugiura S, Kando N, Nishiyama T, Kojima S, Ito K.

The relationship between the season of birth and early-onset food allergies in children.

dans Pediatr Allergy Immunol 2015 : 26 : 607–613.

- Contexte :

  • Cette étude a examiné la relation entre la saison de naissance (SN) et d’autres facteurs, avec le développement d’allergies alimentaires (AA).

- Méthodes :

  • Une étude transversale multicentrique pilote a recruté 1197 patients souffrant d’AA.
  • L’étude principale a recruté 440 cas d’incidents (groupe AA) diagnostiqués avec certitude comme étant une allergie alimentaire, entre 0 et 1 an de vie.
  • Dans les deux études, la fréquence des naissance en automne-hiver (NAH) chez les patients allergiques alimentaires était comparée à celle de la population régionale de contrôle.
  • Dans l’étude principale, nous avons analysé les différences entre la SN et les autres facteurs entre les patients AA et ceux du groupe non-AA (n=332) dans des services d’allergologie.

- Résultats :

  • L’étude pilote a montré que la fréquence des NAH (57,6%) chez les patients souffrant d’AA était significativement plus élevée que celle de la population régionale de contrôle (50,4%, OR 1,34 ; p<0.001).
  • L’étude principale a aussi montré une prédominance de NAH (62,7%) dans le groupe AA comparée à celle de la population régionale de contrôle (50,2%, OR 1,70, p<0.001).
  • Une naissance prématurée (OR 0.43 ; p=0.027) et la présence d’au moins deux frères aînés (OR 0,27 ; p=0.012) étaient significativement associées avec une fréquence plus basse d’AA que chez les non AA.
  • La NAH ( RR 1,21 ; p=0.020) et la naissance prématurée était significativement associées avec le nombre d’aliments responsables d’allergie.
  • L’effet de la SN était perceptible chez les patients AA sans lien avec la présence ou non d’eczéma infantile.

- Conclusion :

  • La naissance en automne-hiver est prédominante chez les patients ayant un diagnostic précoce d’allergie alimentaire.

Pourquoi est-on allergique ? Cette question essentielle nous taraude, de nombreuses hypothèses plus ou moins farfelues voient le jour, aucune ne parvient à une réponse simple et définitive. C’est que les facteurs sont multiples : génétiques, environnementaux, comportementaux...

Quand au sein d’une même fratrie, au patrimoine génétique et au milieu de vie similaires, l’un développe une allergie alimentaire et pas les frères et sœurs, on sent bien qu’il manque encore quelques pièces au puzzle.

Cette étude a voulu évaluer l’impact de la saison de naissance dans l’apparition d’une allergie alimentaire au cours de la première année de vie.

On avait déjà lu quelques recherches au sujet de la saison de naissance en lien avec l’apparition d’allergies respiratoires (aux pollens) et de l’asthme. Le lien théorique est plus évident, entre l’exposition précoce aux pollens et l’apparition d’allergie.

Qu’est-ce que la saison peut bien changer pour provoquer une allergie alimentaire ?

Car d’après cette étude japonaise il y aurait bien un lien statistiquement significatif entre une naissance en automne ou en hiver et l’apparition précoce d’AA.

Serait-ce la composition du lait maternel (moins de vitamine en hiver ?), des aliments proposés lors de la diversification ? Serait-ce l’effet d’une exposition précoce aux virus hivernaux avec une stimulation particulière du système immunitaire ?

Cette étude transversale ne donne pas de réponse explicative, mais constate que parmi les sujets ayant présenté des signes d’allergie alimentaire au cours de leur première année, la proportion de naissance en automne ou en hiver est plus importante que chez les non allergiques. La prématurité et la présence d’une fratrie étaient plutôt protectrices.

Alors que les données préexistantes montraient un risque accru de pollinose pour les bébés nés au printemps, celles-ci tendent à trouver un risque accru d’allergie alimentaire pour les bébés nés en automne ou en hiver. Il va donc falloir bien viser l’été, pour l’instant aucun risque particulier !