Avec un seul S le poisson devient du poison : une nouvelle entité allergologique !!

jeudi 28 janvier 2016 par Dr Stéphane Guez488 visites

Accueil du site > Allergènes > Alimentaires > Avec un seul S le poisson devient du poison : une nouvelle entité (...)

Avec un seul S le poisson devient du poison : une nouvelle entité allergologique !!

Avec un seul S le poisson devient du poison : une nouvelle entité allergologique !!

jeudi 28 janvier 2016, par Dr Stéphane Guez

Caractéristiques cliniques et immunologiques d’une population pédiatrique ayant un syndrome d’entérocolite induit par les protéines (FPIES) du poisson. : González-Delgado P, Caparrós E, Moreno MV, Clemente F, Flores E, Velásquez L, Rubio G, Fernández J.

Clinical and immunological characteristics of a pediatric population with food protein-induced enterocolitis syndrome (FPIES) to fish.

dans Pediatr Allergy Immunol 2016 : 00.

- Introduction :

  • Le FPIES est une allergie peu fréquente non IgE médiée qui débute le plus souvent dans l’enfance, avec des vomissements, une asthénie intense et pâleur, 2 à 4h après l’ingestion de l’aliment en cause.
  • Le mécanisme immunologique n’est pas connu.

- Objectifs de l’étude :

  • Ils ont été :
    • de décrire les caractéristiques cliniques et le devenir d’enfants ayant un FPIES au poisson
    • ainsi que d’étudier les réponses immunologiques cellulaires impliquées

- Matériel et Méthode :

  • Il s’agit d’une étude prospective avec un suivi clinique d’enfants ayant un FPIES au poisson sur une période s’étendant de 2003 à 2013.
  • Il a été mesuré in vitro :
    • la production des cytokines par les cellules mononuclées du sang périphérique
    • et l’expression HLA-DR des cellules dendritiques d’origine monocytaire,
  • après stimulation par des extraits de poissons.

- Résultats :

  • 16 enfants (7 garçons et 9 filles) ont été inclus, avec un âge moyen de 10 mois au début de la maladie.
  • Le diagnostic a été établi après un nombre moyen de 4 réactions aigües.
  • 12 patients ont été traités en service d’urgence, et 2 ont été transférés en soins intensifs.
  • Les patch-tests sont positifs chez 6 patients.
  • Les prick-tests et les dosages d’IgEs aux posions sont tous négatifs.
  • Seulement trois enfants ont évolué vers une tolérance à l’âge moyen de 4.5 ans.
  • 8 enfants font toujours une éviction en raison d’un test de provocation oral positif après l’âge de 6 ans.
  • Les autres patients n’ont pas eu ce test de provocation car soit il a été refusé par les parents, soit le diagnostic était récent.
  • Le TNF-α est élevé chez tous les patients, et une élévation significative des marqueurs HLA-DR est également observée chez tous les patients versus des témoins sains.

- Conclusion :

  • Le FPIES lié au poisson se manifeste dans de nombreux cas par une réaction clinique sévère.
  • Le patch-test a une valeur diagnostique faible, et c’est le test de provocation oral qui est le gold standard.
  • La cytokine TNF-α pourrait être impliquée dans les manifestations cliniques.
  • La forte expression HLA-DR des cellules dendritiques a été également mise en évidence dans cette population de patients.

Les auteurs ont étudié de façon prospective les caractéristiques cliniques et le devenir de 16 enfants ayant une FPIES au poisson.

Le diagnostic est fait en général après 4 accidents aigus, avec un diagnostic qui repose sur la clinique et éventuellement sur un test de provocation oral.

Ce travail est très intéressant car il s’agit d’une affection encore mal connue et qui mérite donc des investigations.

La liste des aliments pouvant être impliqués s’allonge progressivement.

Les caractéristiques cliniques évoquent un choc anaphylactique mais sans mise en évidence d’un mécanisme IgE. Le diagnostic est encore fait trop tardivement.

50% des enfants étudiés ont encore des manifestations cliniques après l’âge de 6 ans, surtout sous forme de douleurs abdominales lors de l’ingestion de poisson. Il faut noter que le fait d’avoir eu une alimentation au lait maternel n’est pas un facteur protecteur mais retarde seulement le moment d’apparition de ce syndrome.

Les auteurs évoquent la possibilité de marqueurs diagnostics de la maladie : le dosage du TNF-α et l’étude de l’expression des marqueurs HLA-DR sur les cellules dendritiques. L’élévation de ces marqueurs témoigne d’une implication à la fois de l’immunité innée et acquise dans ce syndrome.

Enfin malheureusement le seul traitement aujourd’hui reste l’éviction.