Débouchez votre nez, vous respirerez mieux !!!!

vendredi 15 avril 2016 par Dr Cécilia Nocent1299 visites

Accueil du site > Maladies > Rhinites > Débouchez votre nez, vous respirerez mieux !!!!

Débouchez votre nez, vous respirerez mieux !!!!

Débouchez votre nez, vous respirerez mieux !!!!

vendredi 15 avril 2016, par Dr Cécilia Nocent

Respiration buccale, un nouveau facteur de risque d’asthme : l’étude Nagahama. : Izuhara Y, Matsumoto H, Nagasaki T, Kanemitsu Y, Murase K, Ito I, Oguma T, Muro S, Asai K, Tabara Y, Takahashi K, Bessho K, Sekine A, Kosugi S, Yamada R, Nakayama T, Matsuda F, Niimi A, Chin K, Mishima M. 

Mouth breathing, another risk factor for asthma : the Nagahama study.

dans Allergy 2016 ; DOI : 10.1111/all.12885.

- Contexte :

  • La rhinite allergique, connue comme étant un facteur de risque d’asthme, s’accompagne souvent d’une respiration buccale.
  • La respiration buccale contourne la fonction protectrice du nez et est parfois considérée comme responsable de l’augmentation de l’asthme.
  • Cependant, il n’existe pas de démonstration épidémiologique que la respiration buccale est associée indépendamment à l’asthme et la sensibilisation aux allergènes.
  • Dans cette étude, les auteurs ont cherché à clarifier cette association entre respiration buccale, asthme et inflammation allergique ou éosinophilique en considérant l’effet de la rhinite allergique.

- Méthodes :

  • Cette étude est basée sur une cohorte, l’étude Nagahama, comportant des auto-questionnaires sur la respiration buccale et l’histoire médicale, des tests sanguins et une mesure de la fonction respiratoire.
  • Les auteurs ont inclus 9804 habitants de la ville de Nagahama, dans la préfecture de Shiga au Japon.

- Résultats :

  • La respiration buccale était rapportée chez 17% de la population et était associée indépendamment avec l’asthme.
  • l’odd ratio pour l’asthme était à 1.85 (95%CI : 1.27-2.62) et 2.2 (95% CI : 1.72-2.8) chez les sujets ayant juste une respiration buccale ou une rhinite allergique isolée avec une augmentation à 4.09 (95% CI : 3.01-5.52) quand la respiration buccale et la rhinite allergique coexistaient.
  • La respiration buccale chez les non-asthmatiques était un facteur de risque de sensibilisation aux acariens, d’hyperéosinophilie sanguine et altération de la fonction respiratoire après ajustement sur la rhinite allergique.

- Conclusion :

  • La respiration buccale peut augmenter l’asthme, potentiellement en augmentant la sensibilisation aux allergènes inhalés, ce qui conforte le risque de la respiration buccale dans le concept « une voie aérienne, une pathologie ».
  • Le risque de la respiration buccale devrait être reconnu chez les rhinitiques allergiques et en population générale.

Cette étude japonaise publiée dans Allergy essaye de démontrer que l’obstruction nasale et donc la respiration buccale est un facteur de risque indépendant d’asthme.

Les auteurs se sont basés sur une cohorte épidémiologique réalisée dans une ville japonaise et ont extrait les données concernant l’obstruction nasale et les pathologies allergiques et asthmatiques. La cohorte est basée sur le remplissage d’un auto-questionnaire sur les signes cliniques et l’histoire médicale, les patients bénéficiaient de tests sanguins et d’explorations fonctionnelles respiratoires. Sur presque 10000 sujets, les auteurs ont montré que la respiration buccale est fréquente, qu’elle augmente le risque d’asthme d’autant plus qu’elle est associée à une rhinite allergique. Les auteurs ont montré également que la respiration buccale chez les non asthmatiques augmentait le risque de sensibilisation aux acariens.

Les auteurs expliquent ces résultats par le rôle de filtre du nez qui est shunté en cas d’obstruction. Des irritants comme des allergènes passent alors jusque dans les bronches chez les patients ayant une obstruction nasale tandis qu’ils sont stoppés dans le nez des gens ayant une respiration nasale.

Les auteurs prouvent donc ce que nous avons toujours appris, à savoir que le nez avait un vrai rôle physiologique et ne servait pas uniquement à Edmond Rostand à écrire une jolie tirade sur cet appendice !!!

La conclusion de cet article est donc de ne pas négliger le nez et d’essayer d’améliorer la perméabilité nasale pour améliorer la respiration !!!! CQFD.