A New York, lorsqu’on est pauvre, asthmatique et non fumeur, on est allergique à la blatte.

samedi 16 novembre 2002 par Dr Alain Thillay2617 visites

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A New York, lorsqu’on est pauvre, asthmatique et non fumeur, on est allergique à la blatte.

A New York, lorsqu’on est pauvre, asthmatique et non fumeur, on est allergique à la blatte.

samedi 16 novembre 2002, par Dr Alain Thillay

Cette étude tente de vérifier que, chez des sujets asthmatiques âgés non fumeurs, la sévérité de l’obstruction bronchique est liée à la sensibilisation aux aéroallergènes intérieurs. Les patients recrutés sont des déshérités de la ville New York.

Sensibilisation à la blatte et sévérité de l’obstruction bronchique chez des sujets âgés non fumeurs. : Linda Rogers, MD, FCCP ; Cara Cassino, MD, FCCP ; Kenneth I. Berger, MD, FCCP ; Roberta M. Goldring, MD ; Robert G. Norman, MS ; Thomas Klugh, RRT, MS and Joan Reibman, MD * From the Department of Medicine, Division of Pulmonary and Critical Care Medicine, New York University School of Medicine, Bellevue Hospital Center, New York, NY.

- OBJECTIFS. Vérifier l’hypothèse que la présence d’une sensibilisation aux aéroallergènes intérieurs est associée à une augmentation de la sévérité de l’obstruction bronchique chez des sujets âgés asthmatiques.

- TYPE DE l’ETUDE. Étude d’une cohorte de sujets enrôlés dans un service hospitalier public pour asthmatiques (Service asthme d’un hôpital au service de patients déshérités à New York).

- PATIENTS. Sujets âgés de 60 ans ou plus atteints d’asthme qui ont été enrôlés dans le service pour asthmatiques de l’hôpital Bellevue. Nous avons mesuré les IgE totales sériques et les IgE spécifiques des aéroallergènes dans une cohorte de patients âgés n’ayant jamais fumé et souffrant d’asthme (45 patients) et qui ont subi une spirométrie avant et après une thérapeutique bronchodilatatrice (BD).

- RESULTATS.
* Les résultats des RASTs montraient que la plupart des sujets (60%) étaient sensibilisés à au moins un allergène dont beaucoup sensibilisés à au moins un allergène intérieur.
* La blatte représentait le plus commun des allergènes auquel les sujets étaient sensibilisés, 47% montrant un taux élevé d’IgE spécifique.
* Peu de patients étaient sensibilisés aux acariens domestiques, au chat, au chien ou au pollen d’ambroisie.
* Les sujets sensibilisés à la blatte avaient une plus importante réduction des débits respiratoires comparativement aux sujets non sensibilisés à la blatte.
* A la suite de l’administration du BD, seuls 29% des sujets sensibilisés à la blatte obtenaient un VEMS normal post-BD comparés à 58% des sujets non sensibles à la blatte.
* Les mesures des volumes respiratoires diffèrent entre les patients sensibilisés et ceux non sensibilisés à la blatte, avec une plus grande élévation du volume résiduel chez les sujets sensibilisés à la blatte.


Cette étude est intéressante à plus d’un titre.

D’abord la notion que l’asthme du sujet âgé n’ayant jamais fumé est souvent allergique, ainsi dans cette étude 60% de ces sujets présentent au moins une sensibilisation à un aéroallergène.

Et que cette sensibilisation correspond au mode de vie, ici, les sujets sélectionnés sont déshérités vivant probablement dans de mauvaises conditions de salubrité et donc exposés avant tout à la blatte. Cette étude présente donc un réel intérêt clinique.