Pesticides biologiques, pas si cool que ça !

jeudi 1er mai 2003 par Dr Alain Thillay3465 visites

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Pesticides biologiques, pas si cool que ça !

Pesticides biologiques, pas si cool que ça !

jeudi 1er mai 2003, par Dr Alain Thillay

Nous avons tendance à limiter la famille des acariens aux seuls acariens domestiques ou de stockage qui sont responsables de la majorité des manifestations respiratoires allergiques. Mais, les acariens prédateurs utilisés dans les serres comme pesticides biologiques peuvent-ils eux aussi provoquer une réaction à IgE ?

Sensibilisation IgE médiée aux acariens prédateurs chez des travailleurs de serre suédois. : E. Johansson1, B. Kolmodin-Hedman2, E. Källström1, L. Kaiser1, M. van Hage-Hamsten1 1Department of Medicine, Unit of Clinical Immunology and Allergy and 2Department of Public Health Sciences, Division of Occupational Health, Karolinska Institutet, Stockholm, Sweden
dans Allergy 58 (4), 337-341

- INTRODUCTION. Les acariens prédateurs sont utilisés en tant que pesticide biologique dans le monde entier pour contrôler les araignées et autres parasites dans les serres.

- Le but de cette étude était de déterminer si les acariens prédateurs et les araignées pouvaient entraîner une sensibilisation dans la population du personnel travaillant dans les serres et qui manipulent ces pesticides biologiques.

- METHODES.
* Les échantillons sanguins étaient collectés chez 31 employés de serres de Stockholm utilisant régulièrement les acariens prédateurs Phytoseiulus persimilis et Hypoaspis miles pour le contrôle des pesticides.
* Les IgE réagissant avec les extraits de P. persimilis et H. miles ainsi que l’araignée Tetranychus urticae ont été analysés en SDS-PAGE et immunoblotting.

- RESULTATS.
* Un total de 16 professionnels montrait des IgE à un ou plus des 3 espèces d’acariens, 32% (n=10) pour P. persimilis, 52% (n=16) pour H. miles et 26% (n=8) pour T. urticae.
* Au moins 17 réactifs IgE réagissaient avec des composants dont les poids moléculaires s’échelonnaient de 28 à 94 kDa et identifiés pour les extraits de P. persimilis.
* Pour H. miles, au moins 11 composants ont été détectés, parmi eux au moins une protéine majeure d’environ 70 kDa.
* Vingt-quatre bandes ont été trouvées pour T. urticae.

- CONCLUSIONS. Dans cette étude, nous avons montré pour la première fois que les acariens prédateurs P. persimilis et H. miles peuvent entraîner des sensibilisations IgE médiées chez des travailleurs de serre. La relation clinique de la sensibilisation aux acariens prédateurs nécessite d’être explorée plus avant dans d’autres études.


Cette étude montre que 50% des personnes travaillant en serres et au contact d’acariens prédateurs ont des IgE spécifiques de certaines de leurs protéines d’extraites. Il se pose la question de savoir s’il s’agit d’une simple sensibilisation ou d’une véritable allergie.

Il aurait été intéressant de connaître aussi le terrain atopique ou non de ces employés.

Et de savoir tout particulièrement si certains étaient sensibilisés aux acariens domestiques.

Et de comparer les IgE qui réagissent avec les différents allergènes de ces sous-familles d’acariens afin de mettre en évidence d’éventuelles sensibilisations croisées.