Finalement le nez n’est pas une grosse bronche. Vive la Science ! !

mercredi 28 mai 2003 par Dr Stéphane Guez4187 visites

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Finalement le nez n’est pas une grosse bronche. Vive la Science ! !

Finalement le nez n’est pas une grosse bronche. Vive la Science ! !

mercredi 28 mai 2003, par Dr Stéphane Guez

Le nez et les bronches sont liées en allergologie. L’inflammation allergique est le lien sachant que sa gravité à long terme est l’apparition de modifications au niveau des muqueuses. Le remodelage bronchique existe t’il également au niveau nasal ?

Modifications inflammatoires muqueuses et générales chez des patients ayant une rhinite et un asthme allergique : comparaison entre les voies aériennes respiratoires hautes et basses. : G.-J. Braunstahl*, W. J. Fokkens, S. E. Overbeek*, A. KleinJan, H. C. Hoogsteden* and J.-B. Prins* *Departments of Pulmonary Medicine and Otorhinolaryngology, Erasmus University Medical Center Rotterdam, the Netherlands dans Clinical & Experimental Allergy 33 (5), 579-587

L’inflammation locale des voies respiratoires et le remodelage bronchique sont importants pour expliquer les manifestations cliniques de l’asthme allergique.

- Objectif de l’étude : Le but de ce travail a été de comparer l’inflammation et le remodelage au niveau de la muqueuse nasale et bronchique de patients ayant une rhinite allergique avec ou sans asthme.

- Méthode :
* 4 groupes ont été constitués :
** asthme et rhinite allergiques (n=19),
** rhinite allergique sans asthme (n=18),
** patients atopiques sans asthme et sans rhinite (n=8)
** et patients en bonne santé servant de témoins (n=16).
* Des échantillons de sang, des biopsies des muqueuses nasales et bronchiques ont été prélevés lors des phases stables des affections.
* L’immunochimie a été réalisée pour l’étude de l’éosinophilie, de l’infiltration par les cellules mastocytaires, et l’étude de l’endothélium vasculaire (CD31).
* La perte épithéliale, l’épaississement de la membrane basale et la vascularite sous épithéliale ont été évaluées par un système d’analyse informatisé.

- Résultats :
* Au niveau des muqueuses nasales et bronchiques, le nombre des éosinophiles sont significativement plus élevés chez les patients ayant une rhinite avec ou sans asthme par rapport aux patients atopiques asymptomatiques (p<0.005) et par rapport aux témoins (p<0.01).
* Dans la muqueuse bronchique, l’épaississement de la membrane basale est significativement plus important chez les patients ayant une rhinite avec ou sans asthme par rapport aux sujets asymptomatiques atopiques (p<0.05) et par rapport aux contrôles (p=O.05), alors qu’aucune différence n’est observée dans la muqueuse nasale.
* Les patients ayant un asthme et une rhinite ont un taux plus élevé d’éosinophiles sanguins (p=0.05) et une réactivité cutanée augmentée (p=0.01)par rapport aux patients ayant seulement une rhinite.
* Aucune différence n’a pu être trouvée entre les groupes étudiés en fonction du taux d’IL5 ni du taux des éotaxines, le nombre des cellules mastocytaires des muqueuses, ni avec le degré de lésion de l’épithélium ou une vascularite sous épithéliale.
* La desquamation épithéliale est significativement plus importante dans la muqueuse bronchique par rapport à la muqueuse nasale, pas seulement chez les asthmatiques (p<0.001) mais aussi chez les atopiques sans asthme et chez les patients ayant une rhinite (p=0.02).

- Conclusions : Cette étude montre que l’inflammation allergique, l’épaississement de la membrane basale, et la desquamation épithéliale sont présents au niveau des voies aériennes basses chez les sujets atopiques, même avant l’apparition de symptômes cliniques. Malgré la présence de cellules inflammatoires, aucune modification structurale ne peut être retrouvée dans la muqueuse nasale des patients allergiques.


Cette étude montre que l’épaississement de la membrane basale au niveau bronchique existe chez le sujet asthmatique et souffrant de rhinite, mais également chez l’atopique encore sans symptômes. Par contre il n’y a pas de modification de structure au niveau de la muqueuse nasale.

Ce travail est important car il permet de mettre en évidence les liens qui existent entre nez et bronche chez l’atopique et en particulier chez l’atopique symptomatique.

Le remodelage bronchique existe non seulement chez les asthmatiques mais également chez les sujets allergiques ayant une rhinite.

Il s’agit donc d’un argument supplémentaire pour surveiller de façon systématique l’état des bronchiques des patients suivis pour une rhinite et de réaliser périodiquement des EFR pour dépister assez tôt ces modifications de la muqueuse bronchique d’autant qu’il y a des solutions thérapeutiques efficaces.

L’autre point important de ce travail est de montrer que l’atopique est à risque et que même s’il n’y a pas encore de symptômes cliniques il y a déjà des manifestations de remodelage bronchique en rapport avec l’inflammation allergique sous jacente.

Ce qui est curieux, c’est l’absence de modification notée au niveau de la muqueuse nasale.

Il faut donc en conclure que ces 2 muqueuses, bien que liées sur le plan fonctionnel, sont différentes sur le plan anatomique et dans le mode de réponse à l’inflammation.

Ce n’est pas à priori un problème lié aux éosinophiles qui ne sont pas des facteurs discriminants dans ce travail.

Il faudrait poursuivre cette investigation avec un nombre plus importants de patients, et en incluant des groupes traités pour apprécier l’intérêt d’un traitement précoce des voies aériennes basses même en l’absence de symptômes.

Vos commentaires

  • Le 21 mars à 00:06, par treillet En réponse à : Finalement le nez n’est pas une grosse bronche. Vive la Science ! !

    Bonjour,

    Ou puis-je trouver l’ouvrage ou l’étude dont il est fait état en début d’article.

    Modifications inflammatoires muqueuses et générales chez des patients ayant une rhinite et un asthme allergique : comparaison entre les voies aériennes respiratoires hautes et basses. : G.-J. Braunstahl*, W. J. Fokkens, S. E. Overbeek*, A. KleinJan, H. C. Hoogsteden* and J.-B. Prins* *Departments of Pulmonary Medicine and Otorhinolaryngology, Erasmus University Medical Center Rotterdam, the Netherlands dans Clinical & Experimental Allergy 33 (5), 579-587

    En vous remerciant par avance