Allergiques : prenez votre traitement de fond sous peine d’aggravation.

jeudi 2 septembre 2004 par Dr Stéphane Guez79591 visites

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Allergiques : prenez votre traitement de fond sous peine d’aggravation.

Allergiques : prenez votre traitement de fond sous peine d’aggravation.

jeudi 2 septembre 2004, par Dr Stéphane Guez

L’allergie est une inflammation chronique. Lorsque l’on devient allergique, il faut accepter qu’il s’agit d’un désordre immunitaire définitif mais qui se soigne très bien : à condition d’observer scrupuleusement les conseils de votre médecin.

Grâce à ce dossier, vous allez comprendre pourquoi il faut traiter l’allergie bien et longtemps.

Quand vous l’aurez lu, vous pourrez approfondir vos connaissances en lisant le dossier écrit pour les professionnels de santé.

L’allergie est un mode de réaction à l’environnement qui entraîne
des manifestations cliniques parfois bruyantes : éternuements, écoulement
nasal, rhinite, conjonctivite, eczéma, urticaire et asthme.

Ces manifestations représentent le coté visible de l’allergie
qui correspond à la crise aiguë. À chaque crise il y a libération
par des cellules effectrices, sous l’action des anticorps de l’allergie, d’une
grande quantité de produits biologiques appelés médiateurs.

Ces médiateurs entraînent des manifestations aiguës mais
aussi des réactions inflammatoires. Ces réactions inflammatoires
sont insidieuses et sous-estimées
.

Qu’est-ce qu’être allergique ?

Être allergique c’est avoir un système immunitaire qui fabrique
des anticorps allergiques (ou IgE) contre des allergènes communs de l’environnement.

Plus la personne allergique est exposée, plus elle fabrique d’anticorps
et plus elle réagit vite et violemment à des quantités
de plus en plus faibles d’allergènes qui sont les protéines responsables
de la réaction allergique : pollens, acariens, chat, par exemple.

C’est ce qui explique, par exemple, qu’un patient ayant une rhinite pollinique
non traitée voit, au fil des années, ses crises d’éternuements
débuter de plus en plus tôt dans la saison, avec progressivement
l’apparition d’un essoufflement, parfois d’une toux ou de sifflements bronchiques
témoins de l’apparition d’un asthme lié à l’aggravation
de sa maladie allergique
.

L’allergique sera gêné pendant toute la durée de son exposition
aux allergènes.

Si il est allergique aux pollens de certaines plantes, les manifestations cliniques
dureront pendant toute la saison de pollinisation de ces plantes ; si il est
allergique à des allergènes présents toute l’année
dans l’environnement, alors la gêne durera toute l’année.

On voit donc que les crises allergiques aiguës témoignent d’une affection chronique de durée différente selon la catégorie d’allergène.

Dans tous les cas, l’allergie est la combinaison de manifestations visibles
que sont les crises aiguës (l’aspect apparent) et d’une inflammation sous-jacente
à ces crises (l’aspect masqué).

 

L’inflammation allergique va entraîner
d’une part une hyperréactivité des muqueuses et, d’autre part,
un processus de remodelage.

En effet, qu’elle soit nasale, bronchique ou cutanée, l’inflammation
va induire de la part de la muqueuse une réponse allergique de plus en
plus rapide, non seulement à des allergènes de plus en plus nombreux
mais également à tous les irritants de l’environnement.

Le patient devient hypersensible, "hyper-réactif".
Cela explique pourquoi souvent les allergiques aux pollens ne supportent plus
ces allergènes mais aussi les facteurs irritants que sont la fumée
de cigarette, les différences de température (climatisation, changement
de pièce dans une habitation etc..) et sont particulièrement sensibles
à la pollution atmosphérique.

Cette hyperréactivité est liée à un mécanisme
inflammatoire complexe avec afflux de cellules anormalement présentes
dans les muqueuses nasales ou bronchiques qui vont les épaissir. On aura
alors une obstruction prolongée nasale ou bronchique qui ne guérira
qu’avec un traitement anti-inflammatoire.

Par ailleurs, l’inflammation allergique entraîne aussi un remodelage
bronchique
.

Il est la conséquence d’une inflammation prolongée et correspond
à des lésions des muqueuses qui deviennent définitives,
la muqueuse cicatrisant de façon anormale avec persistance définitive
d’une obstruction.

À la lumière de ceci, on comprend alors pourquoi il devient de plus en plus difficile de traiter les affections allergiques anciennes négligées et pourquoi l’allergie s’aggrave avec le temps.

Il est indispensable de traiter tôt les allergies et de proposer un traitement
prolongé qui préviendra l’inflammation secondaire.

Comment faut-il prendre en charge l’allergie ?

La prise en charge de la maladie allergique est complexe. Le traitement uniquement
lors des crises allergiques est insuffisant, un traitement de fond est indispensable.

Pour prévenir l’inflammation allergique, responsable de l’aggravation
de la maladie, il faut éviter au maximum toutes les crises allergiques
aiguës qui enclenchent le processus inflammatoire.

Un traitement préventif anti-allergique évitera les crises successives
et limitera l’inflammation, donc le développement de l’hyperréactivité
et du remodelage des muqueuses.

De nombreuses études scientifiques ont confirmé une amélioration
de la qualité de vie du patient allergique par la prise d’un traitement
continu pendant toute la durée de l’exposition aux allergènes
comparativement à un traitement à la demande.

Les avantages pour l’allergique sont multiples :

  1. Cela évite l’aggravation de l’allergie,
  2. Cela évite le développement d’un asthme chez le malade souffrant
    de rhinite,
  3. Cela évite les manifestations aiguës souvent invalidantes,
  4. Cela évite les séquelles éventuelles liées
    à l’inflammation allergique chronique,
  5. Cela améliore la qualité de vie de l’allergique.

Le traitement de fond : pourquoi et comment ?

La prise d’un traitement de fond pendant toute la durée d’exposition
aux allergènes n’a pas d’effet indésirable, bien au contraire.

Cette attitude thérapeutique est logique puisqu’elle permet d’agir sur
les deux versants de l’allergie : l’aspect apparent (la crise aigue) et l’aspect
masqué (l’inflammation).

Les nouvelles générations de médicaments anti-allergiques,
les antihistaminiques, sont efficaces et sans effet secondaire notable.

Il en est de même pour les corticoïdes locaux, soit en spray nasal
soit pour le traitement de l’asthme, qui sont dosés en microgrammes et
qui ne passent que très peu dans la circulation sanguine lorsqu’ils sont
utilisés correctement. Ils n’ont donc aucun effet néfaste sur
la croissance, les os, les muscles et n’entraînent pas de prise de poids.
Ils sont très efficaces pour guérir l’inflammation déclenchée
par la crise allergique.

Il n’existe pas d’accoutumance à ces médicaments mais dès
l’arrêt du traitement, les symptômes se manifesteront à nouveau
car il s’agit d’un traitement symptomatique. Durant toute la prise de ce traitement
de fond, son efficacité sera constante sans diminution de son action
dans le temps.

Pour une allergie déclenchée par une exposition ponctuelle à
certains allergènes (rhume des foins, par exemple), il faut prendre le
traitement de fond seulement pendant la durée de la saison pollinique.

Le traitement sera d’autant plus efficace qu’il sera pris dès le début
de la saison et pendant toute la durée de celle-ci. En dehors de cette
période, la patient n’ayant pas de manifestation clinique particulière,
il n’a pas besoin de prendre de traitement.

Pour des allergènes toujours présents dans l’environnement et
dont l’élimination est difficile, le problème est différent
(cas d’un asthme par allergie aux acariens, par exemple).

On sait que la réponse allergique varie au cours de la vie avec des
périodes d’amélioration dues à une modification de la réponse
du système immunitaire pour des raisons encore mal connues.

On sait aussi que si l’inflammation est bien traitée, il faudra des
quantités très faibles de traitement de fond pour contrôler
la maladie allergique.

C’est ainsi qu’un asthmatique qui se traite correctement tous les jours va pouvoir obtenir de son médecin la diminution progressive de son traitement de fond.

 

Le traitement de fond : difficile ?

Le traitement de fond n’est pas difficile à prendre. On peut dire que
tous les allergiques qui ont eu la réelle volonté de l’essayer
ne l’ont plus jamais abandonné.

En effet, il apporte un confort permanent au patient en évitant ou en
diminuant considérablement la fréquence des crises aigues qui
fatiguent et gênent parfois de façon importante la qualité
de la vie.

La guérison de l’allergie ne peut être obtenue actuellement que
par l’élimination totale de l’allergène, ce qui est difficile
le plus souvent ou par la désensibilisation
dont l’objectif est la modification durable de la réponse immunitaire
de l’allergique.

Lorsque la guérison n’est pas possible, il faut empêcher l’inflammation
allergique de s’aggraver en prenant son traitement de fond.

Conclusion

Les maladies allergiques sont des affections complexes.

Les crises aigues ne doivent pas faire ignorer l’inflammation allergique
chronique
qui se développe insidieusement et va aggraver progressivement
la situation.

L’allergie persiste pendant toute la durée de l’exposition
aux allergènes.

Un traitement de fond, pris pendant toute la durée de l’exposition
aux allergènes, va permettre à la fois de bien contrôler
les manifestations aigues de l’allergie et également de prévenir
le développement d’une inflammation chronique.

Ce traitement de fond évitera les complications des maladies
allergiques ainsi que les lésions définitives.

Le rapport bénéfices/risques est très en faveur
d’un traitement de fond qui a fait l’objet de nombreux consensus au niveau international,
validé par de très nombreuses études.


Pour en savoir plus, lisez aussi le dossier écrit pour les professionnels de santé.

Vos commentaires

  • Le 15 mai 2016 à 14:38, par cynthia En réponse à : Allergiques : prenez votre traitement de fond sous peine d’aggravation.

    Mon conjoint souffre de rhinites allergiques chronique, depuis des anées. Son état le rend dépressif, anxieux et l’invalide complètement. Il ne travaille plus, n’a plus d’activités. Le simple fait de prendre un rendez-vous le rend anxieux. Il appréhendre la crise allergique (à raison). Tout peut potentiellement lui déclencher la réaction en chaine de symptômes ; allant des yeux gonflés qui coulent et piquent, aux éternuement répétitif, le nez qui coulent comme un robinet d’eau ouvert. et surtout le desespoir psychologique et la confirmation quil ne peut plus aller nulle part sans qu’une de ces crises ne se déclenche.
    Des traitements lui ont été prescrits comme des antihistaminiques sur une base continue (médicament non couvert, qui finit pas coûter très cher d’ailleurs) avec des pompes nasale de cortisones. Ca fait près d’un an qu’il suit ces traitements, en variant occasionnellement la sorte d’antihistaminiques, sans changements significatifs. Le benadryl, lui apporte alors 1 à 2 heures de répit avant que les symptomes reviennent à la charge.
    Ses allergies le tuent à petits feux, elles empoisonnent notre vie familliale, ma vie de couple.
    Y a t’il d’autre traitements possibles ?
    (nous sommes de Montréal)

  • Le 28 octobre 2017 à 21:03, par Clauss En réponse à : Allergiques : prenez votre traitement de fond sous peine d’aggravation.

    Bonjour très bonne article ceci dit pour ma part je suis allergique à presque tout sauf nourriture,j’ai une rinite allergie qui me déclenche des crises d asme , nez qui coule toute l’année et naturellement bouché toute l’année , les yeux qui coule et brûle , des éternuements à n’en plus finir j’ai l’impression de n’être pas comme les autres ma vie devient un enfer avec tout ses symptômes ... je prend des antistaminiques mais c’est pas mieux avec je ne sai plus quoi faire surtout avec l’asme Sa me fai peur !!! Quelqu’un a des solutions !?!?!!