Il n’y aurait pas de fumée sans asthme ?

jeudi 9 septembre 2004 par Dr Alain Thillay1677 visites

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Il n’y aurait pas de fumée sans asthme ?

Il n’y aurait pas de fumée sans asthme ?

jeudi 9 septembre 2004, par Dr Alain Thillay

Des études antérieures ont mis l’accent sur les effets de la pollution intérieure due aux appareils de chauffage sur l’arbre respiratoire. Par contre, on connaît assez peu de choses oncernant l’exposition précoce à ce type de pollution sur la survenue ultérieure d’un asthme. C’est tout le sujet de cette étude.

Effets des gaz et fumées émis par les systèmes de chauffage sur le développement de l’asthme durant l’enfance. : L L Phoa, B G Toelle, K Ng and G B Marks

Woolcock Institute of Medical Research, University of Sydney, Australia

dans Thorax 2004 ;59:741-745

CONTEXTE

  • Plusieurs études ont montré les effets néfastes des dispositifs de chauffage et de cuisson sur l’arbre respiratoire.
  • Les effets à long terme d’une exposition précoce à ces appareils ne sont pas connus.

OBJECTIF

  • Cette étude a eu pour but d’explorer les effets de l’exposition aux émissions des dispositifs de chauffage de façon régulière durant la première année de vie sur le risque de survenue de l’asthme ultérieure.

- METHODES

  • Une étude en section croisée a été conduite sur des enfants d’âge scolaire (n=627) âgés de 8 à 11 ans à Belmont Australie.
  • Les informations concernant les symptômes et le type de chauffage ont été collectées à partir d’un questionnaire complété par les parents.
  • L’atopie a été évaluée par prick tests cutanés et l’hyperréactivité bronchique (HRB) par test de provocation à l’histamine.

- RESULTATS

  • Il n’y avait pas d’association entre l’usage régulier d’un appareil de chauffage émettant de la fumée et la survenue de l’asthme.
  • Cependant, le fait d’avoir été exposé à ces fumées durant la première année de vie était associé à une augmentation de risque
    • d’avoir une HRB (Risque relatif 1,47 ; IC 95% ; 1,06-2,03),
    • d’avoir eu des wheezing récemment (RR 1,44 ; IC 95% ; 1,11-1,86) et
    • d’avoir eu des wheezing récemment + HRB (RR 2,08 ; IC 95% ; 1,31-3,31).

- CONCLUSION

  • Si ces constatations étaient confirmées par d’autres études, il faudrait pratiquer une revue de l’ensemble des différents types de chauffage utilisés dans les habitats dans lesquels de jeunes enfants vivent.

Même si cette étude est en partie rétrospective, on peut considérer que les critères pour démontrer l’allergie et l’HRB sont adaptés, respectivement, prick tests et tests de provocation bronchique à l’histamine.

Il n’y aurait pas de lien entre l’exposition précoce à un appareil de chauffage et la survenue ultérieure d’un asthme.

Par contre, il y aurait un lien entre le fait d’avoir des wheezing et d’avoir été exposé aux dispositifs de chauffage, le lien semble encore plus évident s’il s’ajoute au wheezing, une HRB. Ce distinguo entre asthme et wheezing pose le problème de la définition retenue pour l’asthme. Il y a eu un consensus sur la définition établie par le GINA. Cette définition insiste sur le caractère inflammatoire chronique de la maladie asthmatique. Toutefois, avoir la capacité de siffler est sans doute à considérer comme la partie émergée de l’iceberg ce qui sous-tend l’existence d’une inflammation chronique capable de créer des accès de bronchospasme.

Dommage, que les auteurs ne nous donnent pas, tout au moins dans le résumé de leur étude, de notion entre cette exposition et l’allergie.

Dommage aussi que l’on n’ait pas de renseignement concernant le tabagisme parental, facteur qui peut bien sûr interférer fortement.

Je crois que la conclusion de cet article est très pertinente. En effet, il doit y avoir des facteurs de risque différents en fonction du type d’appareil de chauffage. Les émanations d’un radiateur électrique et d’un poêle « Godin » ne sont sans doute pas les mêmes.

Affaire à suivre...