Si Cha o 1 croise avec Cry j 1, est-ce le cas pour Cha o 2 et Cry j 2 ?

lundi 4 mai 2009 par Dr Alain Thillay676 visites

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Si  Cha o 1 croise avec Cry j 1, est-ce le cas pour Cha o 2 et Cry j 2 ?

Si Cha o 1 croise avec Cry j 1, est-ce le cas pour Cha o 2 et Cry j 2 ?

lundi 4 mai 2009, par Dr Alain Thillay

Au Japon, beaucoup de patients polliniques présentent une réactivité croisée entre pollen de cyprès et pollen de cèdre. Les auteurs de ce travail après avoir démontré en 2005, que des cellules T de ce type de patients réagissaient à la fois à un épitope commun à Cha o 1 et à Cry j 1, allergènes majeurs du cyprès du Japon et du cèdre du Japon, tentent de préciser cette réactivité pour Cha o 2.

Reconnaissance d’un épitope unique de cellule T pour Cha o 2, allergène majeur du pollen de cyprès du Japon, chez des patients allergiques présentant une réactivité croisée entre pollen du cèdre du Japon et pollen du cyprès du Japon. : Sone T, Dairiki K, Morikubo K, Shimizu K, Tsunoo H, Mori T, Kino K.

Department of Allergy and Immunology, Faculty of Medicine, Saitama Medical University, Saitama.

dans Allergol Int. 2009 Mar 25 ;58(2).

- Contexte :

  • Les pollens des espèces de la famille des Cupressacées sont une des causes les plus importantes d’allergie respiratoire dans le monde.
  • Beaucoup de patients atteints de pollinose ont à la fois des IgE spécifiques vis à vis des allergènes du pollen du cèdre du Japon et de ceux du pollen de cyprès du Japon.
  • Nous avons entrepris d’identifier les épitopes T de Cha o 2, le second allergène majeur du pollen de cyprès du Japon.

- Méthodes :

  • Des lignées de cellules T (LCT) et des clones de cellules T (CCT) spécifiques de Cha o 2 ont été générées à partir de patients allergiques présentant une réaction croisée entre le pollen du cèdre du Japon et le pollen du cyprès du Japon.
  • Les épitopes T de Cha o 2 ont été identifiés par les réponses des LCT stimulées par des peptides chevauchants.
  • Les capacités de production d’IL-4 et d’IFN-gamma par les CCT ont été évaluées à l’aide d’ELISA.

- Résultats :

  • Les LCT ont permis d’identifier 11 épitopes T dominants et sous-dominants sur Cha o 2.
  • Les sous-populations de CCT étaient principalement de type Th2.
  • Un épitope T en 141-160 sur Cha o 2 montrait une forte homologie avec le peptide correspondant sur Cry j 2.
  • Bien que les CCT PC.205.159 répondaient à la stimulation par le peptide 141-160 de Cha o 2, elles ne répondaient pas au peptide correspondant sur Cry j 2, donc cet épitope T était spécifique à Cha o 2.

- Conclusions :

  • Onze épitopes T ont été identifiés sur Cha o 2 et sont propres à Cha o 2.
  • Cha o 2 est un aéroallergène potentiellement susceptible de sensibiliser les lymphocytes T humains.
  • Nous en concluons que la génération de cellules T spécifiques de Cha o 2 chez les patients allergiques est une des causes de la continuation des symptômes allergiques en avril.

Un peu de révision ne nous fera pas de mal pour bien comprendre ce travail japonais.

L’épitope est un déterminant antigénique qui s’appariera spécifiquement avec un paratope, partie variable d’un anticorps ou d’un récepteur membranaire des lymphocytes T.

L’épitope, polypeptide antigénique, sera présenter par une CPA (cellule présentatrice de l’antigène) dans le cadre des molécules du CMH de classe II (spécifiques des exo-antigènes) au TCR (T cell receptor) des T4. Ce processus aboutira à une réponse humorale et cellulaire.

La méthode de « l’overlapping peptides », ce que l’on peut traduire par peptides chevauchants, permet de détecter les épitopes linéaires, c’est-à-dire certains épitopes B et tous les épitopes T.

La pollinose au cèdre du Japon (Cryptomeria japonica) est très répandue au Japon. Une autre Cupressacée, le cyprès du Japon (Chamaecyparis obtusa), est également la cause de pollinoses.

Les auteurs ont cherché à savoir si des patients présentant une réactivité à ces deux espèces avaient une double sensibilisation ou seulement une réactivité croisée entre le cèdre et le cyprès.

Leurs résultats sont en faveur d’épitopes T sur un allergène du cyprès, Cha o 2, qui ne sont pas identiques aux épitopes de la protéine correspondante du pollen de cèdre, Cry j 2.

En conséquence, ils estiment que la pollinisation par le pollen de cyprès du Japon est susceptible de prolonger la période pendant laquelle les patients sont symptomatiques au cèdre du Japon.

La même équipe japonaise en 2005 avait réalisé un travail similaire sur les allergènes du groupe 1 des mêmes arbres, Cha o 1 et Cry j 1. Ils avaient abouti aux mêmes conclusions.