Cyprès en Iran, pollen bien changeants.

mercredi 2 décembre 2009 par Dr Hervé Couteaux733 visites

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Cyprès en Iran, pollen bien changeants.

Cyprès en Iran, pollen bien changeants.

mercredi 2 décembre 2009, par Dr Hervé Couteaux

La pollinose aux Cupressacées est un sujet important en zone méditerranéenne. Les allergènes en cause sont loin d’être connus et répertoriés. Cette méconnaissance, à laquelle il faut ajouter une grande variabilité protéique, retentit sur la qualité des extraits courants, c’est ce dont nous parle cette étude Iranienne.

Instabilité de la structure et de la teneur en allergènes du pollen de cyprès de l’Arizona. : Y. Shahali 1 , Z. Pourpak 1 , M. Moin 1 A. Mari 2 , A. Majd 3

1 Immunology, Asthma and Allergy Research Institute, Medical Sciences/University of Tehran, Tehran, Iran ; 2 Center for Clinical and Experimental Allergology, IDI-IRCCS, Rome, Italy ; 3 Department of Biology, Faculty of Sciences, Islamic Azad University, Tehran, Iran

dans Allergy
Volume 64 Issue 12, Pages 1773 - 1779

- Contexte :

  • Les caractéristiques allergéniques des pollens et leurs niveaux d’expression peuvent varier selon l’espèce végétale, le degré de maturation et l’influence de facteurs environnementaux comme le climat et la pollution atmosphérique.

- Objectif :

  • L’objectif de cette étude était la comparaison de la structure et de la teneur en allergènes du pollen de cyprès de l’Arizona (Cupressus arizonica, CA) prélevé juste après la déhiscence des microsporanges et 2 semaines plus tard dans les zones urbaines.

- Méthode :

  • La morphologie et la structure des pollens ont été examinées en microscopie électronique à balayage.
  • Le contenu en protéines du pollen a été investigué quantitativement et qualitativement respectivement par test protéique de Bradford, SDS-PAGE et analyse densitométrique.
  • Quinze sujets allergiques ont été sélectionnés, en fonction de leur histoire clinique de rhino-conjonctivite saisonnière et d’asthme bronchique, pour des tests cutanés et des ImmunoCap en utilisant l’extrait de CA et pour l’immunoblot, en utilisant des extraits de pollen mature de CA recueillies auprès de Téhéran.

- Résultats :

  • Après 2 semaines, de nombreuses fissures et des zones déprimées sont apparues à la surface du pollen.
  • Un Western blot effectué en utilisant des extraits de pollen récolté à Téhéran, a révélé que les IgE spécifiques sériques de tous les sujets allergiques réagissaient à une protéine de 35 kDa.
  • La présence de ce nouvel allergène majeur et la diminution de Cup a 1 fournit une explication probable de la faible efficacité des extraits commerciaux standards utilisés pour le diagnostic de l’allergie au pollen de CA à Téhéran.

- Conclusion :

  • L’instabilité de la structure de pollen et de la teneur en protéines affecte les propriétés allergéniques du pollen de CA.
  • Cette étude suggère également que, pour optimiser les extraits allergéniques standards de pollen de CA, la variabilité éventuelle des composants allergéniques des pollens doit être prise en considération pour chaque région.

Les propriétés allergéniques des pollens en général et du cyprès en particulier sont variables, dépendant (entre autres) de la maturation et de facteurs environnementaux.

La faible présence d’un allergène majeur de 35kDa dans les extraits commerciaux de cyprès en Iran incite à tenir compte du contenu protéique des pollens et de leur variabilité.

La pollinose aux Cupressacées est un sujet important et complexe, du moins pour ce qui est des allergènes en question : nous sommes en effet très loin de connaître l’ensemble des allergènes des Cupressacées.

Plus de 130 spots sont ainsi visibles en immunoblot pour Cryptomeria japonica.

Comme pour les Graminées, on classe ces allergènes en groupes (groupe1, groupe 2,…).

Chaque allergène contient de nombreux isoformes, avec de fortes variations de réponses immunologiques selon ces isoformes.

La mise au point d’un ou de plusieurs tests d’IgE réactivité basés sur les allergènes recombinés, dits « recombinants » risque d’être délicate, au moins pour cette raison.

Enfin, il est utile de noter encore une fois combien les variations géographiques influent directement sur les pollens et leur contenu protéique et, donc, influent directement sur les réactions allergiques liées à ces pollens.

Entre ce qui est, sinon simple, du moins faisable, et ce qui est pertinent, et souvent difficile à réaliser, le chemin est difficile !