La clé du diagnostic d’allergie aux insectes piqueurs et dans le bocal (du biologiste) !!

vendredi 25 juin 2010 par Dr Stéphane Guez739 visites

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La clé du diagnostic d’allergie aux insectes piqueurs et dans le bocal (du biologiste) !!

La clé du diagnostic d’allergie aux insectes piqueurs et dans le bocal (du biologiste) !!

vendredi 25 juin 2010, par Dr Stéphane Guez

Les allergologues qui s’occupent de l’allergie aux venins d’hyménoptères connaissent la difficulté souvent rencontrée pour choisir le venin en vue d’une immunothérapie chez des patients qui réagissent lors de tests à la fois à l’abeille et à la guêpe : double allergie ou réactivité croisée ? Cet article donne LA solution !!

Place des allergènes recombinants pour distinguer l’allergie IgE entre abeille et guêpe. : Irene Mittermann, PhDa, Mihaela Zidarn, MDc, Mira Silar, PhDc, Zora Markovic-Housley, PhDd, Werner Aberer, MDe, Peter Korosec, PhDc, Mitja Kosnik, PhD, MDc, Rudolf Valenta, MD

a Christian Doppler Laboratory for the Development of Allergen Chips, Medical University of Vienna, Vienna, Austria

b Division of Immunopathology, Department of Pathophysiology, Center for Physiology and Pathophysiology, Medical University of Vienna, Vienna, Austria

c Clinic of Respiratory and Allergic Diseases, Golnik, Slovenia

d Department of Structural Biology, Biozentrum, University of Basel, Basel, Switzerland

e Department of Dermatology and Venereology, University of Graz, Graz, Austria

dans JACI Volume 125, Issue 6, Pages 1300-1307.e3 (June 2010)

- Introduction :

  • L’identification de l’insecte responsable est souvent difficile dans l’allergie aux venins d’hyménoptères.

- Objectif de l’étude :

  • Il a été de définir les tests biologiques en allergologie moléculaire permettant de faire le diagnostic d’allergie à l’abeille et à la guêpe.

- Matériel et Méthode :

  • Les auteurs ont testé les sérums de patients :
    • ayant une allergie à l’abeille et/ou à la guêpe (n = 43)
    • et les patients allergiques aux pollens avec des sérologies IgE faussement positives aux extraits de venins
  • avec les allergènes moléculaires recombinants ou naturels suivants :
    • non glycosylés : r Api m 1, r Api m 2, r Ves v 5
    • glycosylés : r Api m 2
    • et 2 extraits glycosylés : Phl p 4 et broméline.

- Résultats :

  • Les patients ayant une allergie aux venins peuvent être identifiés par une combinaison r Api m 1, r Api m 2 et r Ves v 5 alors que les patients ayant une allergie aux pollens restent négatifs.
  • Pour un groupe de 29 patients dont le venin responsable de l’allergie n’a pas pu être identifié avec les extraits allergéniques naturels, les tests moléculaires avec les produits non glycosylés permettent l’identification des insectes en cause.
  • Les allergènes recombinants non glycosylés conduisent également à définir l’allergie réelle de 14 patients qui ont réagi aussi bien aux extraits de guêpe que d’abeille.
  • Les études d’inhibition de RAST montrent :
    • que l’allergène glycosylé Api m 2 contient des épitopes carbohydrates qui peuvent entraîner une réactivité croisée avec les allergènes naturels : Api m 1, Ves v 2, n Phl p 4 et bromeline,
    • ce qui permet d’identifier les structures allergéniques responsables :
      • de réactivité croisée avec fausse positivité des tests
      • ou double positivité aux extraits de guêpe et d’abeille.

- Conclusion :

  • Les recombinants non glycosylés d’abeille et de guêpe permettent d’identifier les patients ayant une allergie à la guêpe et à l’abeille, et permettront de faciliter les choix du venin lors de la prescription d’une désensibilisation au venin d’hyménoptère.

Dans ce travail les auteurs ont testé l’utilisation des allergènes moléculaires recombinants ou naturels nouvellement commercialisés dans le diagnostic d’allergie aux venins d’hyménoptères : r Api m 1, r Api m 2, r Ves v 2.

Il est alors possible de distinguer vraie double allergie abeille/guêpe ou simple réactivité croisée.

Ce travail confirme l’opinion d’allergique.org sur l’apport révolutionnaire du diagnostic allergologique moléculaire dans notre pratique quotidienne.

Cette étude confirme l’intérêt des dosages complémentaires d’IgE spécifiques vis-à-vis de déterminants antigéniques qui permettent enfin de faire la différence entre allergie à l’abeille et allergie à la guêpe.

A l’aide de ces nouveaux dosages, en complément de l’histoire clinique et des tests cutanés, l’allergologue peut prescrire sans risque d’erreur une immunothérapie spécifique à un ou deux venins.

Certes il existe encore d’autres déterminants allergéniques potentiels mais les résultats proposés sont déjà suffisamment impressionnants pour nous conduire à prescrire dorénavant systématiquement à noS patients explorés les dosages r API m 1 et 2 et r Ves v 2.