Utile mais pas pratique : la cueillette des champignons est plus facile avec un scanner !!

mardi 1er mars 2011 par Dr Stéphane Guez6617 visites

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Utile mais pas pratique : la cueillette des champignons est plus facile avec un scanner !!

Utile mais pas pratique : la cueillette des champignons est plus facile avec un scanner !!

mardi 1er mars 2011, par Dr Stéphane Guez

La sensibilisation à l’aspergillus est associée à une diminution du débit respiratoire et à des bronchectasies dans l’asthme sévère. : Menzies, D., Holmes, L., McCumesky, G., Prys-Picard, C. and Niven, R. ,

Aspergillus sensitization is associated with airflow limitation and bronchiectasis in severe asthma.

dans Allergy, no. doi : 10.1111/j.1398-9995.2010.02542.x

- Introduction :

  • Des anomalies, dont des bronchectasies, sont détectables sur le scanner haute résolution (SHR) et ont été décrites dans l’asthme sévère ;
  • Les bronchectasies sont associées au diagnostic d’allergie aspergillaire broncho-pulmonaire qui est également retrouvée chez les patients ayant un asthme sévère.

- Objectif de l’étude :

  • Les auteurs ont étudié la fréquence des anomalies retrouvées au SHR et leurs relations avec une sensibilisation à l’aspergillus fumigatus (FG) dans une population d’asthmatiques sévères.

- Matériel et Méthodes :

  • Les auteurs ont consulté la base de données des patients présentant un asthme sévère dans la région de Manchester.
  • Leurs caractéristiques physiologiques et immunologiques ont été comparées entre :
    • ceux ayant des anomalies au SCH à type de bronchectasies
    • et ceux n’ayant pas d’anomalie radiologique.

- Résultats :

  • Sur 133 patients analysés,
    • 111 (83.4%) ont une anomalie au SHR avec le plus souvent un épaississement de la paroi bronchique (41.3%),
    • des bronchectasies (35.3%),
    • un piégeage aérien (20.3%)
    • et des dilatations de bronches (16.5%).
  • La mise en évidence d’une anomalie radiologique est associée à une plus grande obstruction bronchique à la spiromètrie (rapport post-bronchodilatateur FEV1/FVC : 73.2% versus 64.8% (différence -8.5%, IC95% : -16.9 à -0.1, p = 0.048).
  • La sensibilisation à AF est associée à :
    • une augmentation de 2.01 du risque d’avoir des bronchectasies (IC95% : 1.26 à 3.22, p = 0.005)
    • et une plus grande obstruction à la spiromètrie (rapport post-bronchodilatateur FEV1/FVC : 57.6 versus 70.3 (différence -12.8, IC95% : -19.8 à -5.7, p = 0.001).
  • Les patients avec une sensibilisation à AF ont des variations des caractéristiques cliniques et radiologiques qui ne sont pas celles habituellement observées dans les critères diagnostiques de l’allergie broncho-pulmonaire à aspergillus.

- Conclusion :

  • Les patients ayant un asthme sévère ont souvent des anomalies radiologiques sur le SHR.
  • Une sensibilisation à AF est associée avec des bronchectasies et une plus grande obstruction bronchique, même lorsque les critères habituels de l’allergie broncho-pulmonaire à l’aspergillus ne sont pas réunis.

Dans ce travail, les auteurs mettent en évidence chez des patients présentant un asthme sévère, des anomalies bronchiques au scanner haute résolution avec une corrélation à la fois à une sensibilisation à Aspergillus Fumigatus et à une obstruction bronchique plus importante à l’EFR.

L’aspergillose allergique broncho-pulmonaire est une maladie encore mal connue associant d’une part une colonisation des voies bronchiques par l’aspergillus et d’autre part une réaction immuno-allergique en particulier à IgE.

Les critères pour retenir le diagnostic sont : soit la présence de 7 critères majeurs soit 6 critères majeurs et 1 mineur.

Les critères majeurs sont :

  • asthme,
  • infiltrats pulmonaires,
  • bronchectasies proximales,
  • éosinophilie >500/mm3,
  • IgE totales > 1000,
  • tests cutanés positifs immédiats à aspergillus,
  • IgG de type précipitines à aspergillus.

Les critères mineurs sont :

  • expectoration de bouchons muqueux,
  • Aspergillus dans l’expectoration,
  • test cutané retardé à AF.

L’asthme sévère est une pathologie difficile à traiter avec des patients souvent sous fortes doses de corticoïdes. Cette thérapeutique au long cours modifie la symptomatologie, et il est possible que certains patients aient une aspergillose qui passe inaperçue.

Le travail de cette équipe permet de montrer une fréquence anormalement élevée de bronchectasies dans cette population d’asthmatiques sévères.

Il y a une corrélation avec le retentissement respiratoire et surtout avec une sensibilisation à Aspergillus.

Les auteurs sous-entendent donc qu’il y a probablement des formes inhabituelles d’aspergillose broncho-pulmonaire allergique chez des patients asthmatiques sévères et qu’il est donc intéressant de réaliser à la fois un scanner à haute résolution et une recherche systématique de l’aspergillose chez ces patients.