Quand on y voit plus clair dans le TPO en double aveugle …

lundi 2 janvier 2012 par Dr Hervé Couteaux328 visites

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Quand on y voit plus clair dans le TPO en double aveugle …

Quand on y voit plus clair dans le TPO en double aveugle …

lundi 2 janvier 2012, par Dr Hervé Couteaux

La dose seuil de l’arachide en test de provocation alimentaire en double aveugle, contrôlé par placebo, diminue avec l’âge et le niveau spécifique d’IgE chez les enfants et les jeunes adultes. : Tjitske van der Zee, Anthony Dubois, Marjan Kerkhof, Sicco van der Heide, Berber Vlieg-Boerstra

dans The Journal of Allergy and Clinical Immunology - November 2011 (Vol. 128, Issue 5, Pages 1031-1036, DOI : 10.1016/j.jaci.2011.07.050)

- Contexte :

  • On connaît plusieurs facteurs de risque de réactions anaphylactiques sévères à l’alimentation dans la vie quotidienne.
  • Toutefois, à ce jour, il n’est pas possible de prédire avec précision la sévérité des réactions allergiques alimentaires.
  • Certaines études montrent que des antécédents de réactions sévères sont associés à une dose déclenchante plus faible en test de provocation en double aveugle, contrôlé par placebo (DBPCFCs).
  • Par conséquent, dans cette étude, la dose déclenchante a été utilisée comme une mesure de sensibilité clinique.

- Objectifs :

  • Etudier si les facteurs de risque de réactions allergiques sévères aux aliments dans la vie quotidienne tels que l’âge, le degré de sensibilisation, et affection atopique coexistante influencent la dose déclenchante en DBPCFCs chez les enfants allergiques à l’arachide.

- Méthodes :

  • Les données sur les enfants qui ont eu des réactions cliniques à l’arachide au cours de DBPCFCs à l’University Medical Center Groningen (2001-2009) ont été analysées.
  • Un modèle de régression de Cox a été utilisé pour analyser l’association entre les déterminants de la dose déclenchante.

- Résultats :

  • 126 DBPCFCs positifs à l’arachide ont été analysés.
  • Un âge supérieur à 10 ans, un niveau d’IgE spécifiques au-dessus du tertile inférieur (≥ 5,6 kU / L), et l’absence de dermatite atopique ont été associés à des réactions à des doses inférieures : les ratios respectifs présente versus absente étaient de 1,89 (IC 95%, de 1,28 à 2,81 ; P = 0,001), 2,03 (IC 95%, de 1,37 à 3,00, p <0,0001), et de 0,45 (IC 95%, 0.29 au 0.71, p = 0,001).
  • Aucune association significative avec la dose déclenchante ont été trouvés pour le sexe, la présence d’asthme et de rhinite, et une histoire de réactions alimentaires sévères.

- Conclusion :

  • Utilisant la dose déclenchante comme mesure de sensibilité clinique, une plus grande sensibilité clinique à l’arachide en DBPCFCs a été trouvée associée avec l’âge, un niveau supérieur des IgE spécifiques, et l’absence de dermatite atopique.
  • Cette découverte pourrait expliquer pourquoi les adolescents présentent des réactions allergiques graves à l’arachide au quotidien plus souvent que les jeunes enfants.

Les auteurs de cette étude hollandaise ont mis en évidence qu’une faible dose seuil en DBPCFC était corrélée à un âge supérieur à 10 ans, des sIgE-arachide supérieures à 5,6kU/l et à une absence d’eczéma atopique, résultat qui a été mis en parallèle avec l’observation de réactions sévères plus fréquentes chez les ados que chez les plus jeunes enfants.

Connaître les facteurs de risque de réaction allergique alimentaire sévère préoccupe les allergologues depuis longtemps.

En effet l’éviction, seul traitement préventif efficace, est souvent difficile à mettre en œuvre et n’est pas sans avoir de nombreuses conséquences, tant pour l’enfant ou l’ado que pour sa famille ; pouvoir limiter son indication aux seuls cas qui le méritent vraiment serait évidemment un gros progrès.

Cette étude n’a pas retrouvé de corrélation avec la sévérité des réactions antérieures, ce qui avait déjà été mis en exergue dans ces colonnes.

Age supérieur à 10 ans, IgE sup à 5,6kU/l et absence d’eczéma atopique doivent donc nous alerter sur le risque de réactions sévères à l’arachide.

L’apport des tests d’IgE réactivité pour Ara h 1, 2 et 3 ?

L’étude d’Astier en 2006 avait trouvé que les enfants monoréactifs à Ara h 2 présentaient des réactions moins sévères que les polyréactifs à Ara h 1, 2 et 3.

Il semble tout de même que ce soit plus le niveau d’IgE réactivité qui intervienne que la nature des allergènes en cause…