Le chat dans le nez !

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Le chat dans le nez !

Le chat dans le nez !

mardi 4 novembre 2014, par Dr Alain Thillay

Effets locaux et systémiques de la provocation nasale avec l’allergène du chat. : Guy W. Scadding1, Aarif Eifan1, Martin Penagos1, Alina Dumitru1, A. Switzer1, Orla McMahon1, Deborah Phippard2, Alkis Togias3, Stephen R. Durham1 andMohamed H. Shamji1,4,

dans Clinical & Experimental Allergy

- Contexte :

  • L’allergènes du chat est largement distribué dans les foyers et les écoles ; la sensibilisation allergique est fréquente.

- Objectif :

  • Développer un modèle de test de provocation nasale au chat pour établir les caractéristiques dose-réponse et délai, et, étudier les biomarqueurs locaux et systémiques de l’inflammation allergique.

- Méthodes :

  • Dix-neuf personnes allergiques au chat ont subi un test de provocation nasale quantitatif au chat, de 0,243 à 14,6 µg/ml de Fel d1, assorti d’un test de provocation avec le diluant seul.
  • La réponse clinique à 8 heures a été évaluée par les scores de symptômes et par le débit de pointe nasal inspiratoire (DPNI).
  • Les sécrétions nasales ont été recueillies à l’aide d’éponges en polyuréthane et analysées par ImmunoCAP et test multiplex.
  • Les marqueurs de surface des basophiles, CD63, CD107a et CD203c ont été mis en évidence par cytométrie en flux réalisée à l’inclusion et 6 heures après la provocation.

- Résultats :

  • Une dose-réponse à l’allergène a été observée pour les scores de symptômes et le DPNI, maximale à 10 000 BU/ml (4,87μg/ml de Fel d 1), p <0,0001 vs diluant.
  • La tryptase mesurée dans les sécrétions nasales était élevée 5 minutes après la provocation (p <0,05 par rapport au diluant) ; éotaxine, IL-4, -5, -9, -13 augmentaient à 8 heures (p <0,05 et p <0,0001 vs diluant) ; TSLP était indétectable, IL-10, IL-17A et IL-33 sont restées inchangées comparativement au test de provocation avec le diluant.
  • Les taux d’IL-5 et IL-13 étaient en corrélation inverse avec les valeurs du DPNI après provocation (IL-5, r = -0,79, p <0,0001 ; IL-13, r = -0,60, p = 0,006).
  • L’expression de surface de CD63 et CD107a était supérieure à 6 heures comparativement à l’état basal, pour les deux en présence (les deux p <0,05) et en l’absence (CD63, p <0,01 ; CD107a, p <0,05) de stimulation in vitro par les allergènes ; aucun changement n’a été observé le jour du test de provocation avec le diluant.

- Conclusions :

  • Le test de provocation nasale par l’allergène du chat produit des réponses inflammatoires de type Th2, locales et systémiques et dispose d’un potentiel en tant que mesure de substitution dans les essais cliniques.

Dans le cadre des études cliniques concernant l’allergie IgE dépendante, la pertinence des résultats passe par l’utilisation d’un test diagnostique fiable et facile à mettre en œuvre. Il en est ainsi du test de provocation nasale. Toutefois, celui-ci peut être à l’origine de biais du fait d’une méthodologie non consensuelle, chaque équipe inventant son propre procédé.

Pour ce travail, ces auteurs anglais ont cherché à valider une méthodologie d’un test de provocation nasale avec l’allergène majeur du chat, Fel d 1.

Il faut dire que l’étude se présente comme une vraie et belle démonstration.

D’abord, l’allergène utilisé est tout simplement du Fel d 1 dans une gamme de dilution cohérente, bien sûr, les patients sélectionnés avaient bien une IgE réactivité à ce composant allergénique.

Ensuite, à distance, a été pratiqué un TPN avec le diluant, histoire d’éliminer de faux positifs.

Enfin, tout le côté formel est représenté par le DPNI, les scores de symptômes et tous les marqueurs biologiques de l’inflammation de Th2 tant locaux que systémiques.

Pour les dix-neuf patients, tous les critères sont remplis, le TPN au Fel d 1 selon ce protocole apparaît tout à fait fiable.

Tous les chercheurs qui s’intéressent à l’allergie IgE dépendante ont donc à présent à disposition un modèle validé de TPN pour le chat.

Il faut espérer que cette équipe poursuivra son chemin pour valider des TPN pour d’autres allergènes.