Nouveau ! La mousse de chêne hypoallergénique.

jeudi 11 décembre 2014 par Dr Alain Thillay1675 visites

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Nouveau ! La mousse de chêne hypoallergénique.

Nouveau ! La mousse de chêne hypoallergénique.

jeudi 11 décembre 2014, par Dr Alain Thillay

La réduction de la teneur en chloroatranol et en atranol de l’absolue de mousse de chêne diminue considérablement le potentiel d’induction allergique de ce parfum. : Andersen, F., Andersen, K. H., Bernois, A., Brault, C., Bruze, M., Eudes, H., Gadras, C., Signoret, A.-C. J., Mose, K. F., Müller, B. P., Toulemonde, B. and Andersen, K. E. (2014),

Reduced content of chloroatranol and atranol in oak moss absolute significantly reduces the elicitation potential of this fragrance material.

dans Contact Dermatitis. doi : 10.1111/cod.12312

- Contexte :

  • L’absolue de mousse de chêne, est un extrait du lichen Evernia prunastri, ingrédient de la parfumerie fine, mais qui contient des allergènes puissants.

- Objectifs :

  • Comparer les propriétés extractives de deux préparations d’absolue de mousse de chêne :
    • « mousse de chêne classique », la préparation historiquement utilisé, et,
    • « nouvelle mousse de chêne », avec un contenu réduit en allergènes majeurs, atranol et chloroatranol.

- Méthode :

  • Les deux préparations ont été comparées par des tests randomisés, en double aveugle, application ouverte et répétée, et, tests épicutanés à différentes dilutions en série chez 30 patients allergiques connus à la mousse de chêne ainsi que chez 30 sujets témoins non allergiques.

- Résultats :

  • Dans les deux modèles d’essai, la nouvelle mousse de chêne a suscité significativement moins de dermatite de contact chez les patients allergiques que la mousse de chêne classique.
  • Les sujets témoins ne réagissent pas à l’une quelconque des préparations.

- Conclusions :

  • La nouvelle mousse de chêne reste un allergène des parfums mais provoque moins de dermatite de contact allergique chez des individus allergiques à la mousse de chêne classique, ce qui suggère que la nouvelle mousse de chêne est moins allergisante chez les personnes non sensibilisées.

La parfumerie a recours à un composant improprement appelé « mousse de chêne » qui est en fait un extrait de divers lichens (Parméliacées) se développant sur les arbres fruitiers, les sapins, voire les chênes. Il est décrit deux espèces Evernia prunastri et Evernia furfuracea. Cette mousse du chêne est à la fois un parfum et un fixateur.

Elle fait partie du groupe Frullania (Lactones sesquiterpéniques).

Les allergènes connus sont l’acide usnique, l’atranol, l’acide évernique, le chloroatranol.

Cette étude a été pratiquée en Allemagne en collaboration avec les laboratoires de grands parfumeurs connus dans le monde entier.

Le but était de trouver une formule de la mousse de chêne qui soit moins allergisante tout en conservant les caractéristiques olfactives de cette fragrance bien connue.

La nouvelle formule contenait une quantité réduite d’atranol et de chloroatranol.

Trente sujets allergiques connus à la mousse de chêne ont subi des tests épicutanés avec cette nouvelle formule de la mousse de chêne et avec la formule classique, tout cela comparativement à un groupe de 30 témoins non allergiques.

Le résultat est significatif, dans le groupe des allergiques, la nouvelle formule provoque moins de positivité des tests épicutanés que la formule classique.

Les auteurs concluent que cette nouvelle formule de mousse de chêne a moins de pouvoir allergisant.

Gageons qu’elle sera intégrée dans les nouveaux « jus » de nos grands parfumeurs.

Il restera à voir si ce constat résiste à l’épreuve du temps car la formule reste toutefois allergisante.