C’est parfois utile d’avoir des puces quand on est allergique aux pollens !

jeudi 19 novembre 2015 par Dr Philippe Carré978 visites

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C’est parfois utile d’avoir des puces quand on est allergique aux pollens !

C’est parfois utile d’avoir des puces quand on est allergique aux pollens !

jeudi 19 novembre 2015, par Dr Philippe Carré

Le syndrome pollen-aliments chez des enfants consultant dans un service d’allergologie pour une rhinite allergique saisonnière. : Sian Ludman1, Mehrdad Jafari-Mamaghani2, Rosemary Ebling3, Adam T Fox4, Gideon Lack5 andGeorge du Toit6,*
DOI : 10.1111/pai.12504

dans Vol. 26 Issue 7
Pediatric Allergy and Immunology

- Contexte :

  • On a peu d’informations concernant le début et les types de sensibilisation du syndrome pollen-aliments (SPA) chez les enfants
  • Le but de ce travail était de l’explorer chez des enfants adressés dans une unité clinique spécialisée en allergologie d’un hôpital tertiaire londonien.

- Méthodes :

  • 54 sujets ayant une rhinite allergique saisonnière (RAS) ont été inclus en nombre égal dans trois groupes d’âge : 0-5 ans, 6-10 ans et 11-15 ans
  • Les familles complétaient un questionnaire sur la rhinite, les symptômes alimentaires et la qualité de vie
  • Les enfants avaient des prick-tests (PT) cutanés aux fruits frais et aux noix, ainsi qu’un bilan sanguin pour une analyse par puce ADN.

- Résultats :

  • Le diagnostic clinique du SPA était fait chez 26 sujets sur 54 (48%), augmentant avec l’âge (groupe1=3 (17%), groupe 2=9 (50%), groupe 3=14 (78%))
  • La puce ADN montrait que les enfants d’âge moyen 2.8 ans étaient sensibilisés à des pan-allergènes, et ceux de 4.5 ans symptomatiques aux pan-allergènes
  • Les PT à la pêche, à la cerise, à la carotte et à la fraise avaient la sensibilité la plus élevée et une VPN de 100%
  • La sensibilité des molécules PR10 sur l’analyse par puce ADN était de 92%, avec une VPP de 62% et une VPN de 87%
  • La puce ADN confirmait 69% des allergènes sur l’histoire clinique par rapport à 61% par les PT
  • La puce ADN et les PT avaient un taux de faux négatifs de 19%
  • La données de qualité de vie montraient un impact modéré dans tous les domaines, les patients avec un SPA ayant significativement plus de chance d’avoir une anxiété majorée pendant la durée passée à préparer la nourriture (p=0.029).

- Conclusions :

  • Les auteurs démontrent que la RAS survient chez les enfants à partir de 1.4 ans et le SPA à partir de 4.5 ans, avec une modification du type de sensibilisation aux panallergènes
  • L’analyse par puce ADN et les PT ont une concordance modérée pour confirmer les allergènes
  • Le SPA impacte négativement sur la qualité de vie et devrait être recherché chez tous les sujets allergiques en pédiatrie.

Dans cette étude, les auteurs montrent que les enfants âgés de 1.4 à 15.8 ans (n=54), et ayant une RAS, ont une prévalence élevée de SPA (48%), plus élevée que dans les études antérieurement publiées (taux entre 0.4% et 31%).

Les sujets les plus âgés, et ceux de sexe féminin, avaient le plus de chances d’avoir un SPA.

La sévérité de la RAS et son impact sur les activités quotidiennes ne prédisaient pas le SPA, pas plus que les symptômes d’asthme.

Par les PT, 65% de l’ensemble des sujets étaient positifs à la noix, et 92% de ceux ayant un SPA ; 18% des sujets sans SPA avaient une sensibilisation asymptomatique à la noix, contre 15% chez ceux avec un SPA ; les tests à la pêche, à la fraise, à la cerise et à la carotte étaient plus prédictifs du SPA que ceux à la noix.

Les sujets avec un SPA étaient sensibilisés à un plus grand nombre de protéines PR10 et à plus de molécules de la famille des panallergènes, et ce à un âge plus jeune.

L’étude suggère un changement de type de sensibilisation aux panallergènes avec l’augmentation de l’âge, de PR10 aux LTP.

Les PT et la puce ADN à la pomme étaient utilisés pour étudier la PR10 comme marqueur potentiel d’entrée ; la puce avait une sensibilité de 83% et les PT de 75%, avec une spécificité et une VPP faibles ; ceci est dû certainement au nombre d’allergènes majeurs et mineurs présents dans la pomme par rapport à la pureté des allergènes de la pêche.

La qualité de vie des sujets était modérément altérée dans cette étude, mais les sujets avec un SPA avaient plus de signes au moment de la préparation des repas, ce qui n’a pas été décrit antérieurement, et qui est lié certainement à la crainte de réactions secondaires.

Même si cette étude a des limites (faible population, pas de confirmation du diagnostic par un TPO), elle permet de montrer l’apport du diagnostic moléculaire chez les sujets avec un SPA ; en particulier les PR10 peuvent aider à évaluer quels patients sont positifs. Mais les PT, en lien avec l’histoire clinique, ont aussi une bonne sensibilité diagnostique et une bonne VPN.

Des travaux ultérieurs pourront préciser l’incidence et les dynamiques de sensibilisation du SPA dans une population pédiatrique non sélectionnée, ainsi que le rôle éventuel de l’immunothérapie dans ce domaine.